FFM: des habitués inquiets, des Américains comblés

Robert Fortier, cinéphile qui fréquente le FFM.... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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Robert Fortier, cinéphile qui fréquente le FFM.

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Une quarantaine de personnes étaient présentes à la projection de Frozen Ignat, le premier de deux films en compétition présentés hier au Cinéma Impérial dans le cadre du Festival des films du monde (FFM). Le nombre a doublé pour l'oeuvre suivante, Unaware Control, drame érotique chinois. La Presse y était et s'est entretenue avec quelques festivaliers, certains venus de loin.

Dur constat

«Malheureusement, je pense que le festival se meurt, estime Robert Fortier, qui a déjà été bénévole au FFM. Ils se sont pris trop à la dernière minute. Ils n'ont pas eu le temps de préparer de programme, et les gens ne savaient pas qu'il y avait un festival.»

Une femme, qui a préféré ne pas donner son nom, est aussi déçue que l'information soit si difficile à obtenir. «On voudrait bien continuer à les encourager, mais il faudrait qu'ils nous aident à pouvoir les aider. Si on n'a pas accès à la programmation et aux synopsis des films, c'est impossible de faire des choix.»

M. Fortier déplore aussi qu'il ne soit plus possible d'acheter une «passe» qui permet de voir tous les films. «Beaucoup de gens venaient à cause de la passe, et cette année, il n'y en a pas. Je trouve que c'est une erreur. Ceux qui en avaient une venaient à presque toutes les représentations et faisaient une file dans la rue. Ça attirait du monde.»

Des États-Unis à l'Impérial

Même si la tenue du FFM s'est officialisée il y a à peine une semaine, nous avons rencontré hier matin deux couples d'Américains qui ont l'intention de passer les prochains jours au Cinéma Impérial. «Ma femme et moi habitons au Vermont et c'est la huitième ou la neuvième fois que nous venons au festival», a indiqué Peter Schumer, qui compte voir plusieurs films durant son séjour d'une semaine à Montréal. «Nous aimons beaucoup les films internationaux qui ne viennent pas d'Hollywood. On a beaucoup de plaisir ici.»

«C'est ma deuxième fois ici», nous a dit Fred Flores. «Et moi, ma cinquième fois consécutive et j'adore ça!», a ajouté Madeline Ewing. «Ils proposent des films uniques que nous ne verrons jamais aux États-Unis et je trouve ça très intéressant», a expliqué M. Flores. Le couple était triste de savoir que l'avenir du FFM était incertain. «C'est un festival merveilleux et j'espère qu'ils vont continuer, mais je ne sais pas comment ils vont y parvenir», a conclu Mme Ewing.

Frozen Ignat... (PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION) - image 2.0

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Frozen Ignat

PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION

Mystère en Roumanie rurale

Frozen Ignat (Cine a ucis Craciunul ?) est l'oeuvre de Dinu Tãnase, qui compte une dizaine de titres à son actif. On y raconte l'histoire d'Ana, qui retourne dans le village de Grindu, situé au bord du Danube, en Roumanie, pour les funérailles de son grand-père. Peu de temps après, on découvre que ce dernier a été assassiné et que le principal suspect a disparu. La police mène l'enquête pendant qu'Ana tente de résoudre le mystère par elle-même.

Alexandra Fasola incarne Ana de façon convaincante, surtout considérant qu'il s'agit de son premier long métrage. Le reste de la distribution est honnête, mais la grande force de Frozen Ignat est la beauté de ses images, tournées en grande partie en noir et blanc, à l'exception des retours dans le temps. La caméra, souvent fixe et contemplative, prend le temps - parfois trop - de montrer la vie dans un endroit où le rythme n'est pas celui auquel nous sommes habitués en 2017.

Érotisme chinois

À l'instar du film qui l'a précédé, Unaware Control (Hua Se) est visuellement magnifique et se déroule loin des centres urbains. Les lieux sont toutefois bien plus accueillants, puisque le premier film de Xiaoyan Xu a été tourné dans les paisibles montagnes chinoises.

Le récit se penche sur la vie d'une jeune femme mariée à un peintre plus âgé qu'elle, qui a perdu l'usage de ses jambes. Leur triste routine est chamboulée lorsqu'un autre artiste, plus jeune, devient leur nouveau voisin. Le désir et la passion de Su (Huan Huang), noyés dans la solitude et les responsabilité à l'endroit de son mari infirme, refont surface. 

Chaque plan d'Unaware Control est d'une grande beauté esthétique et poétique. On peut trouver la succession de scènes de peinture, de cuisine, de repas et d'actes sexuels redondante, mais en y portant un peu plus attention, on constate que l'histoire progresse dans les subtils changements à ce cycle qui ne cesse de se répéter.




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