Souvenirs de Cannes: Jodie Foster assise à côté de Depardieu

Jodie Foster à Cannes en 2016.... (PHOTO ARCHIVES AFP)

Agrandir

Jodie Foster à Cannes en 2016.

PHOTO ARCHIVES AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
Paris

Pour la 70e édition du Festival de Cannes, l'AFP a recueilli, à travers le monde, les témoignages exclusifs de 70 personnalités du cinéma qui racontent leur premier festival et/ou leur meilleur souvenir. Voici notre troisième série de témoignages.

L'acteur français Jérémie Elkaïm

«Notre passage avec La guerre est déclarée (de Valérie Donzelli, 2011) était assez exceptionnel. C'était beau, c'était drôle, on était très légers. On avait fait le film que pour nous, on avait l'impression qu'on ferait 30 spectateurs. On ne s'attendait absolument pas à ce qui allait se passer. Le fait de sentir de l'engouement, c'était très insouciant et très joyeux».

L'actrice américaine Jodie Foster

«J'avais 13 ans, c'était pour Taxi Driver. Ce qui m'a le plus marquée, c'est la première conférence de presse (...) Sinon tout était impressionnant. Les marches, les photographes, la ville avec des affiches du film partout. Avec l'équipe, est tous allés à une fête organisée par mon agent. Il y avait aussi Gérard Depardieu, Bertolucci. Pour moi c'était vraiment des vedettes. S'assoir à côté de Depardieu c'était quelque chose».

«Mon plus beau souvenir, c'est quand je suis venue pour Le complexe du castor (son troisième film, en 2011). On devait gérer le scandale de Mel Gibson (qui avait tenu des propos antisémites et racistes, ndlr).(...) On a gravi les marches, j'avais sa main dans la mienne, il tremblait. Il a dit "j'ai peur qu'ils disent «bouh»''». On avait le trac, mais il n'y a eu que des applaudissements qui ont duré très longtemps».

La réalisatrice française Nicole Garcia

«Mon premier festival était très gai, très drôle. J'y étais allée en tant qu'actrice pour le film La question de Laurent Heynemann et on dormait à dix dans un petit studio. C'était encore l'innocence...»

«Mon meilleur souvenir c'est, pour les trois fois où j'y suis allée en compétition, quand on m'a annoncé que j'y étais. Quelle que soit la manière dont ça se passe, je trouve que Cannes est d'une grande violence pour un metteur en scène. On vit une surexposition et on sent bien qu'on risque quelque chose».

Le réalisateur italien Matteo Garrone

«Mon premier souvenir de Cannes coïncide avec le meilleur, lorsque je suis allé en compétition avec Gomorra, en 2008. J'étais alors avec ma compagne qui était enceinte de notre premier enfant et nous avons fait ensemble la montée des marches. Lorsque nous sommes entrés dans la grande salle, nous n'avions pas été prévenus que nous serions filmés en direct jusqu'à nos fauteuils et, à l'improviste, nous avons vu apparaître nos deux visages immenses sur l'écran géant, sous les applaudissements de 2000 personnes. Nous étions pétrifiés par l'émotion».

Le réalisateur français Robert Guédiguian

«La première fois que je suis allé à Cannes, c'était en 1977, avec La communion solennelle de René Féret. J'avais 22 ans, j'étais en train d'écrire le scénario du film suivant de René Féret, et il m'a dit: "Viens avec nous"». J'ai débarqué dans ce monde-là. Je sortais de mon quartier ouvrier et j'arrivais sur une terrasse à Cannes où il y avait des centaines de litres de champagne qui coulaient à flots».

«Mon meilleur souvenir, c'est l'ouverture de la section Un certain regard avec Marius et Jeannette. J'ai eu l'impression que les applaudissements à la fin duraient 20 minutes. On était sur scène et on ne savait plus quoi faire. Ce qui est arrivé ce jour-là a conditionné toute ma vie future».

L'ex-président du Festival Gilles Jacob:

«Mon premier festival, c'était celui de 1964. (...) J'étais toléré comme journaliste, mais je n'étais pas connu. Donc pour nous, mini-bizutage et certaines séances interdites. (...) Heureusement, Jean-Louis Bory, critique et romancier, m'a pris sous son aile. Bientôt on a pu s'asseoir près de lui dans la grande salle: il m'avait adoubé, c'était gagné».

«Mes meilleurs souvenirs, c'est d'abord le jour de 1975 où, nu comme un ver, sous la douche d'un club de sport, le ministre de la culture Michel d'Ornano me dit: "Je vous nomme à la tête du festival". Ensuite, le jour de 2014 où, après 38 ans de loyaux services, le maire de Cannes David Lisnard me convie. À travers lui, c'est la ville toute entière qui me fête».

Le réalisateur chilien Alejandro Jodorowsky

«Quand Édouard Waintrop (le délégué général de la Quinzaine des réalisateurs, NDLR) m'a téléphoné pour me dire que j'étais sélectionné pour La danse de la réalité en 2013, j'ai dit: "C'est là que je dois être", j'étais ravi: sur le tapis rouge il y aurait tous ces gens en pingouin (smoking, ndlr), riches, venus voir et applaudir un film sur la misère.»

Le chef opérateur franco-iranien Darius Khondji

Mon premier Cannes, «c'était en 1977 j'étais tout jeune, à peine étudiant en cinéma. D'un coup, je me retrouvais à faire des photos pour Cinématographe, une revue de cinéma très bien, de cinéastes que j'adorais: il y avait Stévenin, Skolimowski....»

«Le plus beau moment c'est la Palme d'or pour Amour et les applaudissements qui n'en finissaient pas pour Michael Haneke. C'était magnifique. On a eu quinze minutes d'applaudissements, c'était complètement insensé, c'était très émouvant».

Le réalisateur sud-coréen Kim Seong-hun

«Quand je suis venu à Cannes en 2014 avec Hard Day, ça a été un grand choc pour moi de voir un festival de cette envergure».

«J'ai deux très bons souvenirs. Le premier, c'est d'avoir pu participer à une séance de cinéma en plein air au bord de la mer, avec une bière à la main. C'était quelque chose d'assez exquis pour moi, que je n'avais jamais fait. Le deuxième, c'est la qualité du matériel. C'était vraiment assez hallucinant, parce que j'ai même pu reconnaître des sons que je n'avais jamais entendu dans mon film quand je l'avais vu en Corée».

Le cinéaste français Cédric Klapisch

«Une fois, avec le scénariste Santiago Amigorena, on était sur un scooter et une fille nous a donné l'adresse d'une fête. On n'avait pas entendu, du coup je me suis précipité pour la rattraper, et je n'avais pas remarqué que j'avais démarré tellement vite que Santiago était par terre. Je l'ai récupéré en miettes».

«Avec L'auberge espagnole, il y a eu une espèce de nuit dingue où, à la suite d'une projection, une centaine d'acheteurs étrangers sont venus et se sont arrachés le film. Il y a des deals qui se sont faits jusqu'à 4-5 heures du matin».




publicité

publicité

Les plus populaires : Cinéma

Tous les plus populaires de la section Cinéma
sur Lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer