Xavier Dolan juré à Cannes

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Xavier Dolan

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La direction du Festival de Cannes a annoncé hier la composition du jury appelé à établir le palmarès officiel du 68e Festival de Cannes, lequel sera dévoilé lors de la soirée de clôture le 24 mai.

Sous la présidence des frères Ethan et Joel Coen, maintes fois primés sur la Croisette, sept artistes auront la lourde tâche de visionner les longs métrages sélectionnés dans la compétition et d'arriver ensuite à un consensus. Xavier Dolan, lauréat du prix du jury l'an dernier grâce à Mommy, a été choisi cette année pour s'acquitter de cette tâche prestigieuse. Il sera accompagné de l'actrice espagnole Rossy de Palma, de l'actrice française Sophie Marceau, de l'actrice britannique Sienna Miller, de la musicienne malienne Rokia Traoré, du cinéaste mexicain Guillermo del Toro, ainsi que de l'acteur américain Jake Gyllenhaal.

À cet égard, il n'aura pas fallu attendre bien longtemps avant que ne ressorte dans les réseaux sociaux - et les médias français - une célèbre déclaration qu'avait faite Xavier Dolan l'an dernier à propos de Jake Gyllenhaal dans l'hebdomadaire Les Inrocks, en octobre 2014:

«Je fais des films quand ça me brûle, quand ça me consume trop de rester chez moi à me branler devant une photo de Jake Gyllenhaal.»

«Sans commentaire! répondait hier Xavier Dolan, sourire en coin, lors d'un entretien avec La Presse. J'espère qu'on m'en parlera lors de la conférence de presse du jury. J'aime mieux dire les choses en toute honnêteté. Alors si on me pose la question, je répondrai: Je n'ai aucun problème avec ça!»

Une première

L'invitation qu'a reçue Xavier Dolan pour faire partie du jury du plus prestigieux festival de cinéma du monde marque les esprits d'au moins deux façons. Dans toute l'histoire du festival, jamais une personnalité québécoise n'avait eu droit à cet honneur auparavant. Jamais un cinéaste ayant proposé un film en compétition n'a non plus été invité à faire partie du jury dès l'année suivante. Du moins, pas au cours des récentes décennies. Jamais un juré cannois n'avait été recruté aussi jeune. Le cinéaste en est bien sûr honoré. D'autant que le délégué général, Thierry Frémaux, a évoqué l'idée il y a déjà un bon moment.

«La présentation de Mommy l'an dernier a constitué un moment très spécial pour nous, mais je crois que ce le fut aussi pour le festival, fait remarquer Xavier Dolan. Et puis, j'en avais très, très envie. Comme je ne serai pas forcément disponible au cours des prochaines années, j'y vais maintenant. Les astres sont bien alignés!»

La seule expérience de juré qu'il compte à son actif est celle des Prix Prends ça court. Qu'à cela ne tienne, le cinéaste suit religieusement l'activité cannoise depuis près d'une dizaine d'années.

«Pour moi, découvrir le contenu de la programmation constitue toujours un moment fort, dit-il. C'est une tradition. Est-ce parce que je sais que je ferai partie du jury que je m'enthousiasme davantage cette fois? Je ne crois pas. Je pense pouvoir être objectif. Sur papier, la sélection est riche et surprenante. Je pourrais te nommer tous les cinéastes qui présentent leur film en compétition. J'ai hâte de les voir. Tous!»

Des alliés naturels?

L'un d'eux, bien sûr, est Denis Villeneuve. Dont le deuxième film américain, Sicario, sera en lice pour la Palme d'or. Avec, sur le jury, la vedette de ses deux films anglophones (Jake Gyllenhaal), ainsi que des présidents qui ont maintes fois travaillé avec Roger Deakins (le directeur photo de son film), en plus d'un cinéaste compatriote, Denis Villeneuve aura-t-il droit à un oeil plus attentif?

«Ce sera peut-être une lame à double tranchant, indique le juré. Il faut quand même savoir faire la part des choses et faire preuve d'intégrité intellectuelle. J'ai évidemment très hâte de voir Sicario, mais je ne sais rien de ce film. Comme de tous les autres d'ailleurs. Forcément, il y a des gens sur un jury qui ont déjà eu des liens professionnels avec des cinéastes dont les films se retrouvent en compétition. Ce n'est certainement pas la première fois.

«Personnellement, poursuit-il, je n'ai aucun parti pris. Vraiment. L'intérêt de faire partie d'un jury, c'est d'essayer d'enlever les films de leur contexte. À la limite, qui les a faits ou comment ils ont été faits ne me regarde pas. Ce qui m'intéresse, c'est l'espace entre la première et la dernière seconde du film. Qui devrait gagner, qui ne devrait pas; qui a encore du temps devant lui, qui n'en a plus; qui aurait dû gagner il y a deux ans, etc. Toutes ces questions ne m'importent pas du tout. Si jamais je sens que des considérations de cette nature sont soulevées, je me battrai. Je ne peux pas supporter les arguments qui manquent d'intégrité intellectuelle.»

Quand on lui demande avec quel collègue il croit partager le plus d'affinités, une seule réponse se fait d'abord entendre: Jake. Dont il répétera le prénom sept fois.

«Mais je connais aussi Rossy de Palma, lance-t-il. Elle est d'une grande extravagance, mais je pense qu'elle va regarder les films avec son coeur. Un peu comme moi!»

Des Québécois à la Quinzaine

Mis à part la sélection de Denis Villeneuve dans la compétition officielle, la présence québécoise se fera bien discrète sur la Croisette cette année. Il reviendra aux cinéastes saguenéens Jean-Marc E. Roy et Philippe David Gagné de représenter là-bas notre cinéma national. Leur court métrage Bleu tonnerre a en effet été sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs, l'une des deux sections parallèles du festival.

Présenté le mois dernier au festival Regard sur le court métrage à Saguenay, Bleu tonnerre est un drame musical d'une durée de 21 minutes. Il met en scène Bruno, un trentenaire en mal de rêve, qui se retrouve à la rue à la suite d'une rupture. Dany Placard, qui signe également la musique du film, y tient le rôle principal, accompagné de Sandrine Bisson, d'Isabelle Blais et de Louis Champagne.

Signalons par ailleurs que Fatima (Philippe Faucon), un long métrage aussi sélectionné à la Quinzaine, est une coproduction franco-québécoise grâce à la société Possibles Media. Cela dit, on parle davantage ici d'un film français, étant donné que la participation québécoise se situe essentiellement du côté technique.

Le 68e Festival de Cannes aura lieu du 13 au 24 mai.

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