Avec Taxi, la politique et l'Iran d'aujourd'hui surgissent à la Berlinale

Après Ceci n'est pas un film et Pardé, Taxi est le... (PHOTO ATTA KENARE, AFP)

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Après Ceci n'est pas un film et Pardé, Taxi est le troisième long métrage réalisé par Jafar Panahi en défiant les autorités depuis qu'il a été arrêté en 2010, alors qu'il préparait un film sur les manifestations contre la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad en 2009.

PHOTO ATTA KENARE, AFP

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Sophie LAUBIE
Agence France-Presse
BERLIN

Après le glamour de Juliette Binoche en ouverture, la Berlinale a plongé vendredi dans le réel avec Taxi, nouveau film du cinéaste dissident iranien Jafar Panahi, à qui le voyage de Berlin fut interdit.

Dans ce long métrage tourné clandestinement et accueilli avec enthousiasme à Berlin, le réalisateur donne à voir la société iranienne à travers les déambulations d'un taxi jaune dans les rues de Téhéran.

Au volant, le chauffeur n'est autre que Jafar Panahi lui-même, se filmant ou montrant ses passagers, avec lesquels des conversations s'installent.

Parmi ses passagers, une enseignante, un loueur de vidéos, un étudiant en cinéma, un homme blessé dans un accident et sa femme, deux femmes transportant des poissons rouges, la nièce du cinéaste...

À travers leurs histoires, leurs points de vue, ces Iraniens hauts en couleur et pris sur le vif en disent beaucoup sur leur pays, dont Jafar Panahi s'efforce de saisir l'âme.

Souvent drôle, le film l'est par ses intervenants, mais aussi par les situations, certains passagers reconnaissant le réalisateur, d'autres le soupçonnant de ne pas être un vrai chauffeur, ou étant pris en flagrant délit de mensonge, de ridicule ou de vanité...

Après Ceci n'est pas un film et Pardé, c'est le troisième long métrage réalisé par Jafar Panahi en défiant les autorités depuis qu'il a été arrêté en 2010, alors qu'il préparait un film sur les manifestations contre la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad en 2009.

Condamné à six ans de prison et 20 ans d'interdiction de réaliser des films ou de voyager, il a retrouvé une liberté précaire qui lui permet de tourner clandestinement, mais sans pouvoir quitter l'Iran.

Le directeur de la Berlinale, Dieter Kosslick, avait dit espérer qu'il puisse venir, mais sans succès. «Nous avons le sentiment que des changements sont en cours en Iran», avait-il dit.

«Réalité sociale»

Jafar Panahi est un habitué de Berlin: Hors jeu avait obtenu l'Ours d'argent en 2006 et Pardé, long métrage intimiste, un prix pour son scénario en 2013.

Observateur engagé de la société, Panahi dit faire «des films qui parlent de la réalité sociale». Il a aussi été membre du jury de la Berlinale à titre honorifique en 2011.

«Je suis un cinéaste. Le cinéma est mon moyen d'expression et la raison d'être de ma vie», dit-il dans une courte déclaration, publiée à l'occasion de la projection de Taxi Berlinale.

«Rien ne peut m'empêcher de faire des films. Parce que quand je suis poussé dans mes retranchements, je me connecte avec mon moi intérieur. Et dans cet espace si privé, malgré tous les empêchements, la nécessité de créer devient encore plus urgente», ajoute le réalisateur de 54 ans.

«C'est la raison pour laquelle je continue à faire des films, quelles que soient les circonstances», poursuit celui à qui le Parlement européen a remis en 2012 le prix Sakharov pour la liberté de l'esprit .

Représentant de la Nouvelle vague du cinéma iranien, aux côtés notamment d'Abbas Kiarostami dont il fut l'assistant, Jafar Panahi a déjà reçu de nombreux prix dans des festivals internationaux..

Taxi est l'un des 19 films en compétition cette année pour l'Ours d'or, qui sera décerné le 14 février.

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