Mélissa Désormeaux-Poulin: la première de classe

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Mélissa Désormeaux-Poulin incarne le personnage principal du film Le trip à trois, qui sortira en salle mercredi. Rencontre avec une actrice qui cumule les grands rôles à la télévision et au cinéma.

L'équipe du Trip à trois le proclame en choeur: Mélissa Désormeaux-Poulin est une actrice talentueuse, studieuse et sage.

«Une première de classe. Ce sont les premiers mots qui me viennent en tête pour parler de son travail», dit Martin Matte à propos de sa partenaire dans le film Le trip à trois, qui sortira le 20 décembre.

La principale intéressée l'avance également: «J'avoue que je suis un peu première de classe... Je sais mes textes et, sur les plateaux, je ne jase pas trop, je ne niaise pas et j'écoute les consignes. En fait, je travaille vraiment fort. Je ne tiens rien pour acquis: autant pour une petite scène que pour une grosse scène, je vais travailler autant. Même que des fois, mon chum me dit de me calmer, d'arrêter de répéter, parce que je me prépare trop. Mais pour moi, c'est important. C'est sacré, ce métier-là», confie celle qui a été sélectionnée quatre fois au gala des prix Gémeaux dans une catégorie d'interprétation.

Depuis Incendies de Denis Villeneuve, la brune actrice cumule les rôles importants tant au cinéma qu'à la télévision. Elle a notamment conquis le public dans la peau d'une soeur protectrice (Gabrielle), d'une avocate dévouée (Ruptures), d'une actrice porno sans inhibition (Mensonges) et d'une professeure de géographie (30 vies).

«Je n'ai jamais fait "la blonde de". En fait, c'est plutôt le contraire, ce sont des acteurs qui jouent mes chums. Je le sais, je suis extrêmement chanceuse. On m'offre de beaux personnages qui sont différents les uns des autres.»

Le trip à trois ne fait pas exception, elle y interprète le personnage central. Martin Matte joue son conjoint: «Même si ça se voit beaucoup à l'international, au Québec, il n'y a pas tant de comédies romantiques qui tournent autour d'un personnage féminin. Je trouvais ça ben tripant comme idée de ne pas avoir le film sur les épaules et d'avoir juste à m'amuser à jouer ma partition», dit l'humoriste.

Dès la première audition pour ce film, le réalisateur Nicolas Monette (Aurélie Laflamme - Les pieds sur terreC.A.) a été charmé par la comédienne: «J'aime vraiment la justesse de son jeu. C'est une grande comédienne qui joue vrai, elle ne joue pas la comédie. La comédie vient à elle et elle la subit.»

Une reconnaissance tardive

L'actrice, surtout connue pour ses rôles dramatiques, était bien heureuse de développer son jeu comique dans Ces gars-là et a travaillé fort pour décrocher le rôle d'Estelle dans le film québécois du temps des Fêtes.

«Je commence à dire non à certains projets, ce que je n'avais pas le privilège de faire avant. Lorsqu'on m'offre un projet similaire à ce que j'ai déjà fait, je me demande si je veux vraiment le refaire. La comédie, c'était nouveau. J'avais vraiment, vraiment envie de faire ce film», dit la femme de 36 ans.

Même si Mélissa Désormeaux-Poulin a une carrière enviable, la gloire n'est pas arrivée d'un coup de baguette magique. Elle pratiquait ce métier depuis 20 ans, sans jamais avoir été la saveur du mois, lorsqu'elle a décroché le rôle principal du film À vos marques... Party!. À ce propos, elle compare un peu son parcours à celui de Claire Danes, qui pratique elle aussi le métier depuis l'enfance.

«Comme elle, la reconnaissance n'est pas venue tout de suite. C'est une actrice qui ne lâchait pas, même si elle ne décrochait pas toujours des rôles. Et le jour où elle a décidé de finalement lâcher pour faire du design intérieur, le métier est venu la rechercher. Adolescente et au début de la vingtaine, il m'arrivait de ne pas avoir de contrat et je n'ai pas eu de grands succès. Par exemple, même si je crois que j'aurais aimé ça, je n'ai jamais eu de rôle dans des émissions jeunesse», dit-elle.

La lionne

La «première de classe» est calme et réfléchie. En entrevue, elle pèse ses mots avant de répondre aux questions et reformule ses phrases lorsqu'elle n'est pas satisfaite de sa réponse. Sauf que sous ces airs de jeune fille rangée se cache une lionne toujours prête à rugir.

«Contrairement à l'image que les gens ont de moi, j'avoue que dans la vie, je suis une femme intense et passionnée. Je suis une lionne.»

Elle en fait la preuve lorsqu'il est question d'un des sujets chauds de l'actualité: les agressions sexuelles.

«Avec des mouvements comme #MeToo, il y aura un avant et un après. Nous envoyons comme message en ce moment que c'est là que ça arrête. Nous expliquons clairement pourquoi ce n'est pas acceptable. Donc, si ma fille vit ça un jour, elle va tout de suite savoir que ce n'est pas normal et sera plus outillée pour réagir ou répondre. Il n'y a pas une femme et pas un homme qui doit accepter ça», dit la mère de deux filles de 4 et 11 ans.

Elle est également porte-parole de la Fondation Marie-Vincent, qui vient en aide aux enfants et adolescents victimes de violence sexuelle. «Je voulais m'impliquer auprès des enfants et, puisque je ne suis pas victime, ce n'est pas difficile pour moi d'en parler. Et en tant que maman, ça m'interpelle tellement. Même si c'est un sujet tabou dans la société, je n'ai pas peur d'en parler sur les tribunes», dit-elle.

Difficile de ne pas faire de rapprochement entre son personnage d'Ariane Beaumont dans Ruptures, qui défend la veuve et l'orphelin avec passion, et elle. «Je comprends le lien, mais je ne ressemble à aucun de mes personnages. Pourquoi je me jouerais? Ce serait ben trop plate», conclut la comédienne.

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Le trip à trois prendra l'affiche le 20 décembre.




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