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Un poids lourd discret d'Hollywood et du cinéma d'auteur

Le sommet de sa reconnaissance survient en 2005... (Photo: AP)

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Le sommet de sa reconnaissance survient en 2005 avec la sortie de Capote, qui lui vaudra une avalanche de récompenses, parmi lesquelles le Golden Globe et l'Oscar du meilleur acteur.

Photo: AP

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Romain RAYNALDY
Agence France-Presse
Los Angeles

Silhouette massive et visage rond, l'acteur américain Philip Seymour Hoffman, décédé dimanche d'une possible surdose, était l'un des acteurs les plus discrets et les plus appréciés de sa génération, une valeur sûre d'Hollywood et l'un des enfants chéris du cinéma indépendant.

En un peu plus de vingt ans de carrière, il a bâti une impressionnante carrière avec plus de 50 films, s'illustrant également au théâtre et à la télévision. Il était aussi passé pour la première fois derrière la caméra en 2010, avec Jack Goes Boating.

S'il a participé à plusieurs grosses productions hollywoodiennes, comme le troisième volet de Mission Impossible ou plus récemment la saga Hunger Games, c'est surtout pour sa collaboration féconde avec Paul Thomas Anderson -- il a participé à tous ses films, sauf There Will Be Blood -- et son incarnation stupéfiante de Truman Capote dans le film éponyme qu'il reste dans les mémoires.

Avec Anderson, il a notamment tourné Boogie Nights, Magnolia - «l'un des meilleurs films que j'ai vus, et je me battrai à mort avec quiconque dira le contraire», affirmait-il - et The Master (2012).

«C'est difficile de faire un film quand vous n'avez aucune relation avec le réalisateur et que vous venez juste pour faire le boulot. Dans ce cas, vous n'êtes vraiment qu'un tueur à gages. Mais ça ne m'arrive pas souvent, j'ai de la chance», déclarait-il en 2012 au magazine Esquire.

Né à Fairport, dans l'État de New York, Philip Seymour Hoffman s'est intéressé à la comédie dès ses années lycée, en montant des pièces de théâtre. A l'époque, il est aussi un athlète accompli, adepte de nombreux sports. Mais une blessure l'empêche d'envisager une carrière sportive.

Il choisit alors la voie de la comédie et entre à la Tish School of Arts de l'Université de New York. Il fait ses débuts au cinéma en 1991, dans le film Triple Bogey on a Par Five Hole et enchaîne dès lors les tournages, sans pour autant renier le théâtre -- qui lui vaudra deux nominations aux Tony Awards.

«Il y a des projets moins lourds que d'autres. Le théâtre est toujours le plus éprouvant», déclarait-il à Esquire. «Mais bien jouer est toujours difficile, quel que soit le projet».

En 50 films, il a travaillé avec les meilleurs réalisateurs, des frères Coen (The Big Lebowski) à Anthony Minghella (The Talented Mr. Ripley) en passant par Sydney Lumet (Before the Devil Knows You're Dead) et donné la réplique à Tom Cruise, Anthony Hopkins, Robert De Niro ou Tom Hanks.

Mais le sommet de sa reconnaissance -- et de sa popularité -- survient en 2005 avec la sortie de Capote, dont il est également producteur, et qui lui vaudra une avalanche de récompenses, parmi lesquelles le Golden Globe et l'Oscar du meilleur acteur. Il sera encore nommé trois fois à l'Oscar pour des seconds rôles, dans Charlie Wilson's War, Doubt et The Master.

Son engagement en faveur du cinéma indépendant et des jeunes auteurs -- il pouvait encore jouer dans des courts métrages au faîte de sa carière -- ne s'est jamais démenti, et il était un habitué du festival du cinéma indépendant de Sundance. Il y était encore en janvier dernier, avec pas moins de deux films: God's Pocket de John Slattery et A Most Wanted Man de Anton Corbijn.

Malgré son omniprésence à l'écran et sa célébrité dans le milieu du cinéma, Philip Seymour Hoffman n'était pas un habitué des unes de la presse people, et regrettait l'attention permanente dont font l'objet les acteurs et autres célébrités.

«Je pense que je suis moins anonyme qu'il fut un temps», disait-il à Esquire. «En cinq ans, notre image -- la vôtre, celle de tout le monde -- est partout. Personne ne regarde plus de films. Mais on regarde plus d'images. Cela va être plus difficile pour les jeunes acteurs de rester discrets».




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