The Handmaid's Tale, la série qui passionne l'Amérique

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Elisabeth Moss dans une scène de The Handmaid's Tale.

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Thomas Urbain
Agence France-Presse
NEW YORK

Les États-Unis qui basculent dans la dictature ultra-conservatrice, menée par une caste qui use de l'esclavage sexuel pour se perpétuer: la nouvelle série américaine La servante écarlate a séduit une Amérique profondément marquée par l'ère Trump et arrive en France.

Inspirée du livre du même nom (The Handmaid's Tale en anglais), sorti en 1985, cette série télévisée produite par la plateforme américaine de vidéo en ligne Hulu est diffusée en France pour la première fois mardi sur la chaîne OCS Max.

Elle raconte comment un coup d'État permet à un groupe fondamentaliste puritain de renverser les institutions américaines et d'instaurer la république de Gilead, une dictature militaire qui place au pouvoir une caste.

Toutes les femmes qui n'appartiennent pas à ce groupe sont déchues de la plupart de leurs droits, de leur emploi et de leurs biens.

Certaines, dont l'héroïne Offred (interprétée par Elisabeth Moss), sont réquisitionnées pour remédier au problème de fertilité de beaucoup de femmes de la caste.

Elles sont affectées chacune à un membre du groupe qui, lors d'une cérémonie quotidienne en présence de son épouse, a des relations sexuelles avec elles pour les féconder et perpétuer ainsi la race élue.

Ambiance malsaine, lumière crue, très travaillée, rythme très lent, la série apporte un ton nouveau au sein d'un paysage télévisuel américain déjà surchargé de plus de 400 séries en cours.

Un avertissement

Elle a aussi eu une résonance particulière avec l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, qui inquiète beaucoup de défenseurs des droits des femmes. D'autant que la série est censée se passer à une époque qui pourrait être la nôtre.

«Vous ne pouvez pas anticiper la manière avec laquelle le public va réagir ou même comment un pays va réagir», a expliqué Elisabeth Moss lors d'une table ronde organisée, en mai, par le centre culturel new-yorkais 92Y.

«Nous ne pouvions pas prévoir que cela allait devenir un sujet de discussion», a expliqué celle qui s'est révélée sous les traits de Peggy Olson dans la série Mad Men.

Interrogée régulièrement sur le fait de savoir si son roman était une prédiction, l'auteure de «La servante écarlate», Margaret Atwood, a écrit, dans un éditorial publié par le New York Times début mars, qu'elle le voyait plutôt comme une «anti-prédiction: si ce futur peut être décrit en détail, peut-être qu'il n'arrivera pas».

C'est un avertissement, qui emprunte beaucoup de ses composantes à l'histoire, la vraie.

«Tout ce qui est dans le livre s'est produit ou se produit quelque part dans le monde», a expliqué, lors de la table ronde, la réalisatrice, Reed Morano, qui a mis en scène trois épisodes de cette première saison qui en compte dix.

Margaret Atwood a elle-même cité l'histoire de l'esclavage, celle de la polygamie aux États-Unis, le troisième Reich, la dictature argentine, tandis que d'autres ont élargi au groupe État Islamique.

«Cela semble plus actuel en ce moment parce qu'il se passe chaque jour chez nous des choses qui nous préoccupent», souligne Reed Morano.

«L'une des choses qui m'ont plu en faisant cette série», dit-elle, «c'était que ça élargissait un peu la perspective des gens sur le monde».

À l'arrivée, une série créée pour déranger.

«Vous ne vous sentirez pas bien», prévient-elle. «Mais c'est le but.»




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