Les séries télé, nouvelle littérature populaire?

Dans True Detective, Woody Harrelson (à gauche) campe... (Photo: fournie par HBO)

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Dans True Detective, Woody Harrelson (à gauche) campe Martin Hart, le bon policier droit. Matthew McConaughey, lui, incarne Rust Cohle, un détective célibataire, alcoolique et insomniaque, qui achète ses somnifères à des putes.

Photo: fournie par HBO

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Sophie Laubie
Agence France-Presse
Paris

Les séries télévisées sont devenues la «nouvelle littérature populaire» aux États-Unis, comme le cinéma avant elles, explique à l'AFP l'écrivain Nic Pizzolatto, créateur de la série américaine True Detective, révélation de ce début d'année avec l'acteur oscarisé Matthew McConaughey.

«Je pense qu'à leur meilleur niveau, aux États-Unis en tout cas, les séries sont la nouvelle littérature populaire», affirme Nic Pizzolatto, de passage à Paris pour le festival Séries Mania, dont la soirée d'ouverture a été consacrée mardi à True Detective.

«Le cinéma était jusque là notre littérature populaire. Mais au cours des douze ou treize dernières années, notre télévision a été bien plus importante que les films. Les gens parlent maintenant de télévision de la façon dont ils parlaient de cinéma au milieu des années 90», ajoute l'écrivain américain de 38 ans. Son premier roman, Galveston, récit de l'errance de trois personnages dans une Amérique paumée, a été couronné en France par le prix du Premier roman en 2011.

Né à la Nouvelle-Orléans, Nic Pizzolatto a enseigné la littérature à l'université avant de se tourner vers l'écriture puis la télévision.

«À un moment donné vers 2002-2003, quand HBO s'est mis à diffuser The Sopranos, The Wire et Deadwood, j'ai vraiment réalisé que les séries créées par ces gens assouvissaient ma faim de fiction de manière plus substantielle que les romans», raconte-t-il.

«À ce moment-là, j'ai aussi appris ce qu'était un showrunner (auteur-producteur responsable d'une série dans le modèle américain, NDLR) et comment l'auteur peut garder le contrôle complet des choses. Et je me suis dit que je trouvais ça très attirant», poursuit le scénariste, qui dit après Galveston affirme avoir «écrit six scripts en un mois».

«Horreur cosmique»

Auréolée d'un succès critique et d'audience, la première saison de True Detective a été diffusée en janvier aux États-Unis sur HBO et ensuite dans plusieurs pays, dont la Grande-Bretagne, l'Allemagne et la France. Selon HBO, quelque 11 millions de personnes l'ont suivie en moyenne chaque semaine, en incluant les rediffusions. La série est par ailleurs téléchargée illégalement.

Elle met en scène deux détectives de la police de Louisiane, interprétés par Matthew McConaughey (Oscar du meilleur acteur cette année pour Dallas Buyers Club) et Woody Harrelson (Larry Flint, Hunger Games), qui se remémorent une enquête menée 17 ans plus tôt, devenue obsessionnelle, pour retrouver le meurtrier d'une prostituée.

Baignée dans une atmosphère moite, crépusculaire et mystique, cette minisérie en huit épisodes - dite «anthologie», car chaque saison doit comporter une histoire et une distribution différentes -, a fortement impressionné les critiques par son style, ses dialogues, son utilisation des paysages ou l'interprétation de ses acteurs principaux.

«True Detective était très personnel pour moi à plusieurs niveaux, à la fois pour ses personnages» avec «les démons qu'ils doivent affronter» et «pour ses lieux», explique Nic Pizzolatto. «Une partie de ma passion pour le projet venait de ma volonté de montrer aux gens les endroits que je connaissais».

«Il y a assurément une atmosphère d'horreur cosmique» dans la série, souligne-t-il. Mais «nous n'avons pas créé un cadre artificiel d'horreur cosmique et de terreur. J'ai toujours pensé que ces choses étaient inscrites de manière inéluctable dans le paysage» du sud de la Louisiane, un «lieu hallucinatoire», dit-il. «Le paysage lui-même est irréel, plein de contradictions entre sa pollution et la prolifération mystique de la végétation».




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