L'Espagnole ayant fait exhumer Dali n'est pas sa fille

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Pilar Abel Martínez, une Espagnole de 61 ans, voulait être reconnue comme la fille du célèbre peintre surréaliste Salvador Dali.

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Adrien Vicente
Agence France-Presse
MADRID

La tombe de Dali a été ouverte pour rien: la voyante espagnole de 61 ans qui voulait être reconnue comme la fille du peintre surréaliste n'est pas son enfant, a annoncé mercredi la Fondation Dali, se fondant sur les résultats de tests ADN.

«La Fondation Gala-Salvador Dali informe qu'elle a reçu les résultats des tests ADN de Salvador Dali qui démontrent que Pilar Abel n'est pas sa fille biologique», a précisé dans un communiqué la fondation qui gère l'oeuvre de l'artiste.

Pilar Abel, née dans la ville catalane de Figueras comme le maître surréaliste, prétendait depuis des années être sa fille unique, le fruit d'une brève liaison entre lui et sa mère, à l'époque employée de maison. Selon sa version des faits - pleine de contradictions et des lacunes selon ses détracteurs -, sa mère et sa grand-mère lui avaient révélé pendant son enfance qu'elle était la fille de Dali...

Elle avait présenté devant un tribunal de Madrid une demande de reconnaissance en paternité. La juge chargée du dossier avait ordonné l'exhumation malgré les protestations de la Fondation Dali, qui avait déposé en vain un recours.

Le 20 juillet, des experts avaient finalement été contraints de prélever deux os longs, des poils et des ongles sur le cadavre de l'artiste, extraits de sa tombe au Théâtre-Musée Dali de Figueras, pour les faire analyser à l'institut de toxicologie de Madrid et les comparer avec l'ADN de la plaignante.

Une décision qualifiée mercredi de «totalement inadéquate et disproportionnée» par la Fondation Dali.

Coûts faramineux

C'est «la fin d'une absurde et artificielle polémique», a conclu dans un communiqué offensif la fondation.

Cependant, la procédure judiciaire devrait continuer: la justice doit annoncer le 18 septembre les résultats des tests ADN, avant de prendre une décision.

Si Pilar Abel avait été reconnue comme la fille naturelle du fantasque peintre, elle aurait pu revendiquer un quart de son inestimable héritage, entièrement cédé à l'État espagnol.

À présent, si la justice tranche en sa défaveur, elle devra payer les coûts de la procédure, selon ce qu'avait précisé son avocat, Enrique Blanquez, avant même l'exhumation.

Mercredi, Pilar Abel et Me Blánquez ont cependant assuré à l'AFP n'avoir reçu aucune information de la justice. «J'attends que la notification me parvienne», a dit l'avocat, commis d'office dans cette affaire.

La Fondation, elle, «se réserve le droit d'intenter des actions» afin de compenser les coûts et préjudices liés à l'exhumation qui pourraient être faramineux.

Les experts avaient dû soulever une dalle de plus d'une tonne protégeant le cercueil en bois massif de Dali. Et il faudra maintenant remettre à leur place - à une date qui n'a pas encore été fixée - les restes du peintre, mort en 1989.

L'affaire avait passionné les Espagnols et le pays s'était repenché, pendant des jours, sur la vie intime et sexuelle de l'artiste.

Avec sa compagne Gala, morte en 1982, Dali n'avait jamais eu d'enfant. Et à Figueras, les badauds régalaient les médias de leurs commentaires: «Dali aimait sa femme, mais il l'aimait sans avoir de rapports, c'était un voyeur, je dirais. C'est pour cela que nous, les gens de Figueras, nous pensons que c'est très difficile qu'il ait pu avoir un enfant», avait expliqué à l'AFPTV Lidia, qui assurait avoir connu elle-même Dali à l'âge de 13 ans.

«Ce résultat est un soulagement pour moi car j'ai été très proche de Dali et je connais son authenticité. S'il y avait eu un épisode non résolu, il nous l'aurait dit», a déclaré mercredi à l'AFP Miguel Doménech, ancien avocat et ami de l'artiste.

L'exhumation aura en tout cas permis de constater que sa célèbre moustache était intacte.

«Ce qui nous importe le plus, c'est que les restes extraits du cadavre, du cercueil, à Figueras, reviennent au cadavre, au cercueil, à Figueras», dit M. Domenech, se réjouissant: «La mémoire de Dali est libérée de ce soupçon».




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