Orchestre Métropolitain au mont Royal: envoûtement sous la lune

Même dans les conditions loin d'être parfaites d'un...

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Même dans les conditions loin d'être parfaites d'un concert extérieur amplifié devant une foule nombreuse, Yannick Nézet-Séguin a envoûté par la force qu'il dégage et par l'intelligence de sa direction.

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Caroline Rodgers

Collaboration spéciale

La Presse

Toute la journée, on avait regardé le ciel avec inquiétude. Pluie, nuages. Mais soit l'Orchestre Métropolitain a eu de la chance, soit les dieux de la musique étaient de son côté. Son concert au sommet du mont Royal a été un succès, avec une foule encore plus importante que l'an dernier et des moments de musique à donner des frissons.

Tout aurait dû commencer à 19 h 30. Mais comme on craignait la pluie, la décision a été prise de laisser filer une demi-heure, le temps que les nuages passent leur chemin. Bon calcul qui a fait le bonheur d'environ 200 retardataires, lesquels auraient sinon raté le début du concert, puisque les navettes bondées de la STM ne suffisaient pas à la tâche. Au métro Mont-Royal, trente minutes avant l'heure prévue du concert, la queue s'étirait encore sur plus de 200 mètres. Que la STM se le tienne pour dit et prenne des notes pour l'an prochain: à Montréal, la musique classique fait courir les foules. Surtout quand le concert est gratuit.

À 20 h, Yannick Nézet-Séguin a enfin fait son apparition. Comme à son habitude, il a pris le temps de donner quelques explications sur chaque pièce, accordant aux spectateurs une permission spéciale: celle d'applaudir entre les mouvements. Après tout, on est dehors, c'est l'été, l'ambiance est bordélique et le chef a le don de transmettre son message, tant lorsqu'il parle que lorsqu'il dirige, de façon à ce que tout le monde l'aime.

Mais l'agitation ne devait pas durer longtemps. Dès les premières notes de l'ouverture fantaisie Roméo et Juliette, de Tchaïkovski, la foule est devenue d'une sagesse et d'une écoute exemplaires. Au sein de cette foule, on pouvait voir énormément de jeunes et de familles. Dire qu'il se trouve encore des gens pour dire que la musique classique est affaire du passé. Rien n'est plus faux quand on a des chefs capables de la transmettre avec autant de passion, et des orchestres qui savent organiser des événements. À ce chapitre, les Montréalais sont choyés. Non seulement on leur offre des concerts accessibles, mais la qualité musicale est au rendez-vous. Ce fut le cas de cette ouverture fantaisie au thème de l'amour langoureusement déployé, offrant un contraste saisissant avec la précision mordante des passages plus rythmés.

L'ambassadeur idéal

La symphonie no. 9 de Dvorak, dite Symphonie du Nouveau Monde, est l'oeuvre par excellence pour un concert extérieur en ce qu'elle réunit tous les plaisirs imaginables. Ce concentré de génie, avec ses dizaines de thèmes délicieux, ses épanchements d'amour pastoral et ses torrents d'énergie bouillonnante, trouve l'ambassadeur idéal en Yannick Nézet-Séguin. Même dans les conditions loin d'être parfaites d'un concert extérieur amplifié devant une foule nombreuse, il réussit à nous envoûter par la force qu'il dégage et à nous éblouir par l'intelligence de sa direction.

Le second mouvement fut un moment de grâce suspendue pendant qu'au-dessus de nous, la lune brillait de tous ses feux. Parions qu'elle écoutait.

Toute bonne chose a une fin, mais on eut la chance d'avoir un rappel: un extrait des Variations Enigma, d'Elgar, pour se dire «à l'an prochain» avant de partir le coeur content.

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