Tetzlaff: un immense violoniste

Le violoniste allemand Christian Tetzlaff.... (Photo: fournie par l'artiste)

Agrandir

Le violoniste allemand Christian Tetzlaff.

Photo: fournie par l'artiste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Claude Gingras

Ce concert marque le retour de tournée de l'Orchestre Symphonique de Montréal et les débuts ici d'un chef complètement inconnu, le Slovaque Juraj Valcuha, mais l'impression la plus forte qu'on en rapporte est l'interprétation de Christian Tetzlaff du premier Concerto pour violon de Szymanowski.

L'oeuvre est peu souvent jouée et on comprend pourquoi: elle est très difficile non seulement à jouer mais encore à écouter... et à comprendre. Ici, rien des irrésistibles mélodies qui font le succès des concertos de Mendelssohn, de Bruch ou de Tchaïkovsky, mais plutôt un unique et très long mouvement sans forme précise, constitué de nombreuses sections contrastantes et sans lien entre elles, le tout se ramenant à une vague rêverie impressionniste qu'enveloppe un orchestre chatoyant - un orchestre où l'on entend d'ailleurs un piano plusieurs mesures avant même le violon!

Participant à la première Virée classique de l'OSM, en 2012, le violoniste allemand Christian Tetzlaff avait été, il faut bien le dire, plutôt médiocre. Mystère il y a deux ans, miracle cette fois. Son Szymanowski révèle un musicien total, faisant parfaitement corps avec son instrument et avec la musique qu'il a entre les mains, un technicien du plus haut niveau, un interprète pleinement engagé, un artiste humble aussi, s'oubliant complèment devant le message à transmettre. Bref, sur la foi de cette inoubliable prestation, voici très certainement l'un des immenses violonistes actuels.

Le chef invité et l'orchestre lui ont apporté l'encadrement idéal, riche en couleurs, qui restituait dans toute sa dimension cette oeuvre qui demeure pourtant bien mystérieuse. Un détail: ce Szymanowski fait 23 minutes et non 26, comme c'est habituellement le cas.

Le reste du programme est plus accessible. De Moussorgsky, le poème symphonique Une Nuit sur le mont Chauve ouvre le concert dans un magnifique tapage. Quand même, on regrette le recours à la traditionnelle version émondée de Rimsky-Korsakov. L'original décrit avec autrement plus d'effet le sabbat nocturne de sorcières déchaînées. L'OM lui-même a déjà joué cela et il en existe quelques enregistrements - à entendre!

On termine avec les interminables Danses symphoniques de Rachmaninov, jouées ici à satiété ces dernières années. La virtuosité de l'OSM y brille à chaque page. L'épisode calme du début où seuls interviennent les bois est ravissant. La séquence confiée ensuite aux cordes découvre chez les violons un certain manque de tonus. Un élément de l'«image sonore» de l'OSM qu'il faudrait revoir. L'ensemble se tient néanmoins. Quant au chef invité, on le connaîtra vraiment à travers une grande symphonie du répertoire. S'il revient, bien sûr!

_____________________________________________________________________________

ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL. Chef invité: Juraj Valcuha. Soliste: Christian Tetzlaff, violoniste. Mardi soir, Maison symphonique, Place des Arts; reprise jeudi soir, 20 h. Séries Grands Concerts.

Programme:

Une Nuit sur le mont Chauve, poème symphonique (1867) - Moussorgsky, arr. Rimsky-Korsakov (1886)

Concerto pour violon et orchestre no 1, op. 35 (1916) - Szymanowski

Danses symphoniques, op. 45 (1941) - Rachmaninov

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer