Les Trois Accords/Misteur Valaire: invasion pop symphonique

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Caroline Rodgers
La Presse

Cette semaine, Montréal sera pop symphonique. Tandis que l'Orchestre symphonique de Montréal s'encanaillera deux soirs de suite avec Les Trois Accords avant de partir en tournée, l'Orchestre Métropolitain a mijoté une soirée tout aussi éclatée avec Misteur Valaire. La Presse a rencontré les deux groupes avant leur grand plongeon orchestral.

Les Trois Accords: tout nus sur une autre planète

Pour leur concert avec l'OSM, les musiciens des Trois Accords porteront sans aucun doute des vêtements, mais ils seront «tout nus». Pas sur la plage, comme dans leur chanson, mais d'une autre façon: sans leurs instruments de musique. C'était pour eux la seule façon logique d'interpréter leurs chansons avec un orchestre symphonique.

«Quand on a rencontré les gens de l'OSM, on leur a dit qu'on aimerait mieux donner le concert sans nos instruments, et le chef, Simon Leclerc, nous a dit que c'était exactement ce qu'il avait en tête. Ce sera vraiment nous, Les Trois Accords, plongés dans un monde symphonique dénué de tout rock'n'roll», explique Charles Dubreuil, batteur du groupe.

Simon Leclerc, qui a orchestré les chansons et dirigera le concert, en a vu d'autres en matière de pop symphonique. Il souligne l'audace du groupe d'avoir choisi cette voie.

«Il y a certainement une forme de courage de leur part à laisser leurs instruments de côté et à assumer totalement ce qu'ils vont faire, dit-il. Pour moi, c'est une excellente idée, car on va pouvoir aller plus loin dans l'expérience. Je comprends leur univers qui est complètement éclaté sur le plan des thèmes et je pense que ça va donner un mariage vraiment intéressant.»

Question de plonger plus profondément dans l'univers classique, Les Trois Accords ont invité deux chanteurs lyriques à interpréter quelques pièces. Il s'agit de la soprano Roseline Lambert et du baryton Patrick Mallette.

«Étant donné que nous ne venons pas de ce monde-là, c'était impossible pour nous de se travestir complètement, dit Charles Dubreuil. Sur le plan vocal, on n'a pas cette technique. Le fait d'avoir des chanteurs invités nous a permis de nous concentrer davantage sur la conception artistique de ces chansons. Il faut s'attendre à un concert qui sera dans les codes d'un orchestre symphonique. On n'est pas allés vers des concepts et des mises en scène, mais vers la sobriété.»

Certaines pièces seront donc non seulement habillées par l'orchestre, mais transformées jusque dans leurs textes.

«On a décidé d'en traduire quelques-unes dans des langues qui sont souvent utilisées en musique classique, comme l'italien, l'allemand ou le russe», dit Simon Proulx, chanteur des Trois Accords.

Les admirateurs du groupe peuvent donc s'attendre à être doublement déstabilisés.

Les Trois Accords écoutent-ils parfois du classique? Les quatre musiciens ne se bousculent pas pour répondre à cette question. Alexandre Parr, qui fait guitare et voix au sein du groupe, vient à la rescousse:

«J'ai eu une brève formation en guitare classique et j'écoutais des oeuvres reliées à cet instrument. Du Villa-Lobos, par exemple.»

Charles Dubreuil avoue modestement:

«Ce milieu ne nous est pas vraiment familier. Mais c'est aussi ça qui fait que c'est une belle rencontre.»

Avant-goût symphonique

Pour faire mousser le retour de son talk-show En mode Salvail (qui commence lundi prochain, 22 h, à V), l'animateur Éric Salvail a invité Les Trois Accords et une vingtaine de musiciens de l'Orchestre symphonique de Montréal à se produire gratuitement sur la place des Festivals, le 18 septembre dernier. Cette performance éclair du groupe (juché sur un bus à impériale) sera diffusée lors de l'émission du 30 septembre.

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À la Maison symphonique le 30 septembre et le 1er octobre, 20 h.

Luis Clavis, Drouin, Robert Hébert, France Book et... (Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse) - image 2.0

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Luis Clavis, Drouin, Robert Hébert, France Book et Jules Isnyder

Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse

Misteur Valaire: zones d'inconfort

Depuis quelque temps, les membres de Misteur Valaire s'exercent à manoeuvrer autre chose que leur musique. C'est bien beau de jouer avec l'Orchestre Métropolitain - ce qu'ils feront jeudi prochain à l'église Saint-Jean-Baptiste -, mais tant qu'à sortir de sa zone de confort, pourquoi ne pas le faire... en Segway?

«Nous sommes fans des Segway depuis quelques années, alors on a décidé de les maîtriser et d'en faire une extension de nous-mêmes pour ce spectacle-là», indique Jules Isnyder (de son nom d'artiste).

De ce projet fou mélangeant l'Orchestre Métropolitain et son chef Yannick Nézet-Séguin avec un groupe aux influences «électro-jazz-hip-hop-rock-extraits-sonores-insolites», le tout avec des Segway entre les murs d'une église, ils ne révéleront pas beaucoup d'autres détails, histoire de garder des surprises pour le grand soir. On sait cependant que la mise en scène est assurée par Brigitte Poupart, qui a travaillé, entre autres, avec Alex Nevsky, Natalie Choquette et Florence K.

Électro acoustique

Olivier Hébert signe les orchestrations de ce spectacle qui marque aussi les 10 ans du groupe fondé en 2004.

«Il y aura des incontournables: nos pièces les plus connues. Olivier s'est servi dans tous nos albums. Certaines pièces moins connues se prêtaient mieux que d'autres à une adaptation symphonique», complète Luis Clavis.

De plus, le concert sera entièrement acoustique, sans le moindre équipement électronique.

«Pour nous, c'est exceptionnel. Nos spectacles habituels ne pourraient même pas exister sans électricité ni machines. Là, on sera carrément intégrés à l'orchestre avec nos instruments.»

C'est la première fois que Misteur Valaire sort à ce point de sa zone de confort pour un spectacle.

«On va apprendre beaucoup avec les répétitions, se réjouit Luis Clavis. Ça risque d'être complètement fou d'être au coeur de cet orchestre et de voir ces musiciens travailler. On va avoir un trac que l'on n'a pas dans nos propres spectacles. On n'aura pas le contrôle.»

Au moment de rencontrer La Presse, les musiciens n'avaient pas encore eu leur première répétition avec l'orchestre. Ils avaient toutefois rencontré Yannick Nézet-Séguin.

«C'est un gars créatif et ouvert. Il a apporté ses commentaires pour que ça corresponde à sa vision artistique.»

Créer pour le théâtre

Misteur Valaire multiplie les projets. Le groupe a signé la trame sonore de la pièce de théâtre Pour réussir un poulet, de Fabien Cloutier, présentée jusqu'au 1er novembre au Théâtre La Licorne.

Ce projet de trame sonore a été chapeauté par Loïc Thériault, sixième membre, officieux, du groupe, qui coréalise les albums en studio et gère les concepts visuels des spectacles.

«Fabien Cloutier a vraiment une vision globale et il nous a donné des balises claires sur ce qu'il voulait, affirme Luis Clavis. À partir de là, il nous a fait confiance. Nous sommes allés à la dernière répétition officielle de la pièce et, même si on l'avait déjà vue, ça nous a encore bouleversés.»

Sollicité de toutes parts, le groupe n'a toutefois pas eu le temps d'écrire de nouvelles pièces depuis la sortie de Bellevue.

«Ce sera bientôt le temps de penser à nous! Nous avons beaucoup de commandes d'un peu partout; on a travaillé avec d'autres artistes comme Karim Ouellet, Fanny Bloom et La Bronze, et on a fait des tournées. On a hâte de retourner à la composition, de s'asseoir et de faire du Misteur Valaire.»

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À l'église Saint-Jean-Baptiste le 2 octobre, 19h30.




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