Cecilia Bartoli de retour à l'opéra à Paris dans Otello

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La cantatrice italienne Cecilia Bartoli

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Agence France-Presse
Paris

Cecilia Bartoli dans le rôle déchirant de Desdémone dans Otello a ouvert lundi soir au Théâtre des Champs-Élysées un festival de 3 opéras de Rossini et 2 opéras en version de concert, jusqu'en juin.

La divine mezzo-soprano italienne était très attendue puisqu'elle n'a pas chanté dans un opéra à Paris depuis 25 ans. Elle interprétait alors, toute jeune, Cherubin dans Les Noces de Figaro à l'Opéra Bastille en 1990.

Si elle a été très applaudie, ainsi que les trois ténors qui l'accompagnaient (John Osborn en Otello, Edgardo Rocha en Rodrigo et Barry Banks en Iago), ce ne fut pas le cas pour l'orchestre, un Ensemble Matheus approximatif et sans grand élan, sous la direction de Jean-Christophe Spinosi.

Les deux metteurs en scène (Moshe Leiser et Patrice Caurier) ont également essuyé quelques huées. Leur mise en scène statique, surtout au premier acte, n'est pas parvenue à créer la tension inhérente à la tragédie de Shakespeare.

Quelques effets appuyés venaient rappeler l'enjeu du racisme dans la pièce - Otello le Maure méprisé par le père de Desdémone -, tel ce serviteur noir refoulé à la porte du banquet à deux reprises.

Cecilia Bartoli a offert un moment de grâce avec la fameuse Chanson du saule, qu'elle reprend après l'avoir entendue fredonner par un gondolier, et où son chagrin trouve un triste écho.

Cet Otello, qui sera aussi donné en juin au festival de Pentecôte de Salzbourg que dirige Cecilia Bartoli, a été créée en février 2012 à Zurich.

La diva, qui avait débuté avec Rossini dans le Barbier de Séville à seulement 19 ans, a choisi d'illustrer le versant tragique du compositeur, aujourd'hui plus connu pour ses oeuvres légères.

«L'Otello de Rossini était plus connu à l'époque que celui de Verdi», avait-elle rappelé lors de la présentation du festival de Pentecôte à Paris.

Le TCE donnera dans la foulée la production du Barbier de Séville créée à Lille en 2005 et une création de Trancredi avec la chanteuse québécoise Marie-Nicole Lemieux. La pétulante contralto chantera également la version de concert de L'Italienne à Alger le 10 juin. La scala di seta, une «farce comique en un acte» clôt le cycle Rossini le 13 juin.




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