Hauser et McGill gagnent encore!

L'Orchestre symphonique de McGill faisait son entrée à... (Photo: Olivier Pontbriand, La Presse)

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L'Orchestre symphonique de McGill faisait son entrée à la Maison symphonique dimanche après-midi.

Photo: Olivier Pontbriand, La Presse

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Claude Gingras
La Presse

L'Orchestre symphonique des étudiants de McGill entrait à son tour à la Maison symphonique dimanche après-midi. Il s'agit de l'expérience d'un jour car l'orchestre poursuivra sa saison dans son lieu habituel, Pollack Hall. L'événement était quand même de taille: l'orchestre d'étudiants passait d'une salle de 600 places à une de 2000 et, par le fait même, était exceptionnellement augmenté de 90 musiciens à 134, soit plus que ce que l'OSM ou même l'OM réunissent habituellement.

McGill nous avait bien fait part d'«un concert tout à fait spécial». Elle avait simplement omis de préciser qu'elle y décernerait un doctorat honorifique à la compositrice finnoise Kaija Saariaho. Le programme comportait une de ses oeuvres, Laterna magica, mais rien n'indiquait que l'auteure serait là.

Elle y était, et c'est Kent Nagano, en toge rouge, qui a passé l'épitoge autour du cou de son amie de 61 ans. Ce n'est pas un hasard. Nagano a créé le premier opéra de Mme Saariaho, L'Amour de loin, en 2000, au Festival de Salzbourg, et il lui a commandé une oeuvre pour l'inauguration de l'orgue de la Maison symphonique, en mai prochain.

Concernant le nouvel orgue et l'oeuvre en question, pas un mot dans le programme, pas un mot non plus chez ceux qui sont venus parler au micro. Notre monde musical est décidément constitué de petites cellules entre lesquelles il n'y a pas de communication.

Tous ont parlé: la nouvelle «docteure», son parrain, le chancelier, le doyen et qui encore, et tous l'ont fait, en anglais surtout mais aussi en français, avec un humour qui apportait un peu d'air frais à ces cérémonies habituellement empesées.

En grande tenue de gala, queue de pie comprise, Alexis Hauser, le chef autrichien nommé titulaire à McGill en 2001, a dirigé le programme entier de mémoire, comme il le fait toujours. Seule faisait exception, bien sûr, l'oeuvre de la compositrice finnoise. L'orchestre au grand complet y est mis à contribution pendant 23 minutes, ce qui est beaucoup trop long pour une partition sans originalité qui pourrait faire une bonne musique de film.

Hauser ouvrit le concert par un double rappel du bicentenaire de Verdi et de Wagner: trompettes d'Aida dans le premier cas, Prélude du 3e acte de Lohengrin dans le second. Les trompettes surplombaient l'orchestre par groupes de trois, celles de gauche étant un peu plus faibles que celles de droite. Mais l'ensemble se tenait et l'orchestre tout entier fut exceptionnel, comme il l'est habituellement. La deuxième suite de Daphnis et Chloé, de Ravel, fut prodigieuse à la fois de clarté, de raffinement et de puissance. Mention très spéciale au solo de flûte. À l'ovation de la salle presque comble, Hauser a ajouté deux rappels, dont la fameuse Pizzicato Polka de Johann Strauss fils.

Année après année, Hauser anime avec la même passion cet orchestre constamment renouvelé. Les effectifs changent, forcément, mais le résultat demeure toujours du plus haut niveau. On ne voit vraiment pas qui pourrait remplacer Alexis Hauser à McGill!

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ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE McGILL/McGILL SYMPHONY ORCHESTRA. Chef d'orchestre: Alexis Hauser. Dimanche après-midi, Maison symphonique, Place des Arts.




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