Les Musici et la nouveauté

Benedetto Lupo... (Photo : Patrick Sanfaçon, archives La Presse)

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Benedetto Lupo

Photo : Patrick Sanfaçon, archives La Presse

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Claude Gingras

Le présent programme des Musici était donné deux fois : vendredi soir et samedi soir. Le concert annuel de l'Institut du cancer ayant lieu vendredi, c'est samedi que nous avons entendu les Musici. La salle Bourgie de 444 places était presque remplie vendredi; samedi, c'était demi-salle. L'affiche était pourtant attrayante : Chopin, par ce pianiste racé qu'est Benedetto Lupo. Par contre, quelques jours plus tôt, toujours à Bourgie, c'était salle comble deux fois pour l'insignifiance musicale incarnée par Alexandre Tharaud et ses cahiers à musique. Une seule explication à cet inquiétant constat : la machine marketing.

Debout ou assis, les Musici augmentés de 15 à 25 cordistes ont présenté un concert soigné. Le Concerto no 1 de Chopin était joué dans une réorchestration pour cordes seules de Richard Hofmann, obscur compositeur allemand né en 1844 et mort en 1918. En plus de jouer leurs parties originales, les cordes s'approprient ici les parties de bois, cuivres et timbales. Il existe divers arrangements où l'orchestre des concertos de Chopin est ramené à un petit ensemble à cordes (quatuor ou quintette), mais, cette fois, l'orchestre entier est exclusivement composé de 25 instruments à cordes. La masse sonore ainsi produite confère à l'orchestre un poids qu'il n'a pas dans la version originale.

Face à cette orchestration nouvelle d'un concerto très familier, Benedetto Lupo a joué avec une belle technique (sinon avec la plus grande virtuosité qui soit), un phrasé chaleureux, une réelle intériorité et quelques discrets rubatos que le chef Jean-Marie Zeitouni a suivis à la seconde.

Seule autre oeuvre connue au programme, la Sérénade italienne de Hugo Wolf existe dans deux versions. Wolf l'a d'abord écrite pour quatuor à cordes et ensuite transcrite pour petit orchestre de cordes et de vents. Les Musici et leur chef-fondateur Yuli Turovsky jouèrent cette deuxième version en 1988. Cette fois, Zeitouni dirigeait sa propre adaptation pour cordes seules, laquelle, sur la foi de cette unique audition, semble puiser aux deux versions du compositeur.

Le reste du programme était composé de nouveautés. Le diptyque Deux Valses de Dvorak, qui a pour origine des pièces pour piano, est simplement aimable et la seule impression que laisse la très brève Romance de Sibelius est la coda, où s'éteignent les cordes graves.

Intéressant détail historique : Robert Fuchs, qui venait en fin de programme, enseigna à Wolf et à Sibelius. Son nom est peu connu. Pourtant, il écrivit beaucoup, notamment cinq Sérénades pour cordes. Zeitouni avait choisi la première, en cinq contrastants mouvements totalisant 21 minutes. Cette musique est souvent originale, parfois complexe. Deux qualités que les Musici ont généralement bien traduites.

I MUSICI DE MONTRÉAL. Chef d'orchestre : Jean-Marie Zeitouni. Soliste : Benedetto Lupo, pianiste. Samedi soir, Salle Bourgie du Musée des beaux-arts.

Programme:

Deux Valses, op. 54, B. 105 (1880) - Dvorak

Concerto pour piano et orchestre no 1, en mi mineur, op. 11 (1830) - Chopin (arr. : Hofmann)

Italienische Serenade (1892) - Wolf

Romance en do majeur, op. 42 (1904) - Sibelius

Sérénade no 1, en ré majeur, op. 9 (1874) - Fuchs

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