Marie-Mai: l'univers devant soi

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Toute petite, Marie-Mai savait qu'elle allait écrire des chansons et les chanter. «Ça peut avoir l'air ésotérique, mais j'ai composé ma première chanson à 6 ans et, à 7 ans, j'ai dit à ma mère que c'est ça que j'allais faire de ma vie», dit-elle dans un grand sourire entre deux répétitions avec ses musiciens en prévision du nouveau spectacle qu'elle créera le 17 décembre au Théâtre St-Denis.

Marie-Mai a compris très jeune qu'écrire une chanson serait «une thérapie» pour elle. La première fois qu'elle a entendu Seule à Montréal, la chanson écrite par son père qu'elle allait enregistrer sur son premier album, elle s'est mise à pleurer sans trop savoir pourquoi. «Écrire des chansons, c'est faire vivre des émotions aux gens», lui a expliqué sa mère. «J'ai dit: «Wow! C'est ça que je veux faire.» Et je n'ai jamais eu de doute.»

Pour y arriver, la petite Marie-Mai Bouchard a pris les grands moyens.

«Pendant 10 ans, je chantais dans ma chambre la fenêtre ouverte en me disant que si un agent d'artiste passait dans la rue, il allait m'entendre et venir me chercher, dit-elle en beuglant un air improvisé. Eh bien, où est-ce que j'étais quand Julie Snyder est venue me chercher pour me dire que j'étais acceptée à Star Académie? Dans ma chambre!»

La force dans l'adversité

Marie-Mai reconnaît qu'elle est sans doute née sous une bonne étoile, mais elle ajoute qu'elle a «vraiment bûché» avant de devenir celle qui vend des disques et des billets de spectacles à la tonne, qui collectionne les Félix et qui, après avoir conquis le Centre Bell à répétition, s'apprête à donner 20 spectacles en 24 jours au St-Denis.

Elle n'a pas été la grande gagnante de la première Star Académie, en 2003, mais elle considère avec le recul que ce fut une bénédiction parce que ça lui a permis de prendre son temps avant de sortir son premier album. Et même si elle affirme que chaque étape de sa carrière a été «un petit combat», il suffit de passer une heure en tête à tête avec elle pour se convaincre qu'elle trouvera du positif dans tout obstacle qui se dressera sur son chemin.

Elle souffre toujours de ce trouble du déficit de l'attention (TDA) qui faisait qu'à l'école, on montrait du doigt la petite fille dans la lune qu'elle était et que les professeurs faisaient pression sur ses parents pour qu'elle prenne du Ritalin. Mais elle se souvient surtout qu'elle était bien dans sa bulle à rêver d'être chanteuse.

«Je suis convaincue que je ne pourrais pas écrire des chansons si je n'avais pas le TDA, affirme la chanteuse. J'ai de la difficulté à garder mon attention à un endroit, mais quand je suis concentrée sur quelque chose, personne ne peut me déranger, ni Fred [St-Gelais, son complice musical et mari] ni le téléphone. Je suis dans ma zone et je peux écrire une chanson en 15 minutes. Je suis une meilleure artiste grâce à ça.»

Rêver grand

Marie-Mai a toujours «rêvé grand», mais, parfois, c'est son entourage qui a vu plus grand qu'elle. Comme quand son ex-agente, Marianik Giffard, a eu l'idée de la faire chanter au Centre Bell alors qu'elle ne faisait pas salle comble au Club Soda.

«Marianik m'a dit: «Je l'ai trouvé, le problème: tu n'es pas une artiste de petite salle à Montréal. Il faut que tu chantes au Centre Bell, il faut que ce soit un événement.» Je l'ai traitée de folle, mais, dès le premier Centre Bell que j'ai fait, c'était sold-out. Et depuis ce temps-là, j'en ai fait 12.»

La chanteuse a réussi là où plusieurs jeunes artistes pop échouent, en renouvelant son public. Elle compte parmi ses fans des gens qui l'ont connue à Star Académie, mais aussi de plus jeunes qui ne savent rien de son parcours. Certains d'entre eux, explique-t-elle, ont été initiés à sa musique par leurs parents qui voyaient en elle une chanteuse cool avec de belles valeurs.

Fred St-Gelais, lui, a d'abord été soufflé par son énergie: «Mais je ne suis pas très unique parce que tout le monde qui aime ce genre d'énergie là est séduit par Marie-Mai.»

Si énergique soit-elle, la chanteuse, qui n'avait jamais arrêté depuis qu'elle a 18 ans, a senti le besoin cette année de prendre une pause qui s'est traduite par un road trip de six mois avec son chum aux États-Unis.

«Les gens me demandaient: «C'est quoi, tes passe-temps?», et je répondais: «J'aimerais te dire que c'est la randonnée, mais quand je suis en congé, je suis brûlée et je reste chez nous» », lance-t-elle dans un éclat de rire.

Les États-Unis et la France

Elle en a tout de même profité pour donner trois spectacles acoustiques devant un public de l'industrie musicale à la House of Blues de Los Angeles, histoire de prouver aux Américains que son chum et elle écrivent de bonnes chansons.

Ils devraient y retourner au printemps pour se produire dans d'autres boîtes de la chaîne House of Blues et peut-être même participer à des séances d'écriture de chansons avec d'autres chanteurs et réalisateurs.

Marie-Mai ne fait pas non plus une croix sur la France où, malgré quelques belles occasions - tournée avec Garou, succès avec Simple Plan, duo avec Johnny Hallyday au Stade de France, contrat avec Warner -, elle a eu la nette impression que le milieu ne l'acceptait pas comme elle était.

Plus récemment, on lui a même offert de jouer pendant deux ans le rôle de Marianne dans la comédie musicale Robin des Bois et d'être de l'émission de télé Dancing With the Stars, mais il n'en était pas question: c'est à titre d'auteure-compositrice-interprète qu'elle veut être reconnue en France. Anne Vivien, qui est redevenue récemment sa directrice artistique, a de petits projets en ce sens, glisse-t-elle.

Mais hormis son retour aux États-Unis, Marie-Mai n'a pas de projets précis après ses spectacles au St-Denis.

«Et je trouve ça fabuleux, lance-t-elle spontanément. On dirait que j'ai l'univers devant moi et que c'est à moi de choisir ce que j'ai envie de faire et comment j'ai envie de le faire. J'ai hâte de voir où ça va me mener. Je suis prête à n'importe quelle éventualité, y compris fonder une famille, mais je n'ai pas envie de refaire un album tout de suite. Ces dernières années, j'en ai sorti un tous les deux ans, et là, je veux attendre.»

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Au Théâtre St-Denis du 17 décembre au 9 janvier.

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