Angèle Dubeau, dans la lumière d'Einaudi

Angèle Dubeau se sent «interpellée» par l'approche d'Einaudi... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRECHETTE, LA PRESSE)

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Angèle Dubeau se sent «interpellée» par l'approche d'Einaudi «parce qu'il est un grand maître de la mélodie».

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Après avoir adapté des oeuvres de Philip Glass, John Adams et Arvo Pärt pour son ensemble de cordes La Pietà, Angèle Dubeau poursuit sa série Portrait, qui consacre un album complet à un compositeur contemporain. Au tour de l'Italien Ludovico Einaudi d'en faire l'objet.

«Ce sont tous des icônes de la musique contemporaine, chacun a une signature unique», rappelle la musicienne d'entrée de jeu.

«Complètement remise» d'un cancer du sein qui a perturbé son existence au cours de l'année 2013, la violoniste montréalaise signe déjà son deuxième projet discographique depuis sa guérison; l'album Blanc évoquait son épreuve et la couleur de la guérison, comme la tournée du même nom, qui est en cours.

«J'ai découvert la musique d'Einaudi en 2013 pendant ma convalescence. Je suis tombée dedans pour ensuite me rendre compte que j'étais en retard dans les nouvelles!»

La musicienne est alors entrée en communication avec l'équipe d'Einaudi. «On a lancé l'idée une première fois et on a été sans nouvelles pendant un moment. Puis, on a relancé et ça a complètement débloqué. J'ai fait connaissance avec lui en novembre dernier, à la veille de son concert montréalais. Et il était tout à fait content de mes choix de répertoire. C'est super parce que cette série Portrait me permet d'échanger avec les compositeurs actuels. Ce qui n'est pas toujours le cas pour une musicienne classique! J'en sors grandie, c'est très nourrissant.»

Le lendemain de cette rencontre, l'ensemble de Ludovico Einaudi faisait salle comble à la Maison symphonique.

«J'étais curieuse de savoir qui était son public. C'est un public très vaste et beaucoup de jeunes étaient là. Dans son film Mommy, Xavier Dolan a utilisé Experience; des fans du film sont donc venus. Je me pinçais, car c'est pour moi une préoccupation constante de renouveler le public classique, et Einaudi me permettrait d'y parvenir. Dans son ensemble, il y avait un violoniste-guitariste, deux violoncellistes vraiment magnifiques, de la percussion, lui au piano. Cette formation avait les qualités des cultures pop-rock et classique; ça passait divinement de l'un à l'autre.»

Grand maître de la mélodie

Plus précisément, pourquoi donc Angèle Dubeau se sent-elle «interpellée» par l'approche d'Einaudi?

«D'abord, parce qu'il est un grand maître de la mélodie. J'insiste sur l'expression grand maître, car ses mélodies sont des vers d'oreille. Elles nous habitent, ne nous quittent plus. Sa musique est d'inspiration minimaliste; je pense notamment aux pièces Experience et Time Lapse. Dans la plus grande partie de son oeuvre, par ailleurs, on trouve des variations rythmiques qui le caractérisent.»

Sans artifice, on en convient. Cela étant dit, Einaudi est-il le plus accessible des compositeurs retenus dans la série Portrait d'Angèle Dubeau? Bon ménage entre musique contemporaine, minimalisme et pop instrumentale?

«Peut-être bien... Pop instrumentale? Hum... en tout cas, il écrit pour notre temps, bien qu'il ait un pur bagage classique. Einaudi, il faut dire, est compositeur et aussi pianiste, lui-même interprète de ses oeuvres. On comprendra que le piano est au centre de son interprétation. Inutile d'ajouter que le violon est au centre, dans mon cas! Oui, il y a du piano, de la harpe, mais la facture générale est repensée pour les cordes. Je suggère une formation classique. Cette revisite de l'oeuvre ramène une touche classique.»

Pour ainsi «repenser la facture» d'Einaudi, Angèle Dubeau a fait appel à l'altiste François Vallières avec qui elle avait déjà travaillé pour La Pietà.

«Je voulais réaliser un travail commun, une vraie collaboration. Puisqu'il s'agit d'un portrait de compositeur, je voulais une signature cohérente. Pour cela, rien de tel qu'une corde qui parle à une autre corde. Avec François, dont j'admire le travail, nous avons évité plusieurs détours. Comme dans mes albums précédents, j'ai assuré la direction artistique, mais c'est celui où je me suis le plus impliquée dans les arrangements. J'ai vraiment collaboré avec François qui a réalisé un travail colossal.»

Sauvée des eaux, victorieuse devant l'adversité, Angèle Dubeau rayonne à l'idée de poursuivre l'aventure avec la musique d'Einaudi.

«Ma tournée Blanc raconte mon histoire récente; je voulais conclure avec un autre projet où je regarde l'avenir et j'évoque la guérison. Un programme complet d'Einaudi sur scène? Peut-être l'an prochain. On va d'abord voir comment le public réagit. Et j'ai des concerts de Blanc prévus jusqu'en décembre 2015. En tout cas, Einaudi arrive dans le portrait au bon moment; je n'aurais pas pu choisir meilleur timing. Sa musique est lumineuse, porteuse d'espoir, apaisante, envoûtante, introspective. Cette musique fait du bien et c'est parfait pour moi!»

CLASSIQUE

Angèle Dubeau & La Pietà

Ludovico Einaudi: Portrait

Analekta

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