La Compagnie créole: ça fait rire les carnavals!

La Compagnie créole, formée de Clémence Bringtown, Julien... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE)

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La Compagnie créole, formée de Clémence Bringtown, Julien Tarquin, José Sébéloué, et Guy Bevert (absent), chantera au défilé du Carnaval de Québec samedi soir.

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Marie-Christine Blais
La Presse

C'est aujourd'hui que sort Au bal masqué du monde, nouvel album de l'infatigable Compagnie créole consacré aux grands airs de carnaval, y compris... Carnaval Mardi Gras, chanson du Carnaval de Québec!

D'ailleurs, samedi, les quatre membres (originaux!) du groupe seront sur un char allégorique, en plein défilé du Carnaval de Québec, pour y interpréter leur répertoire ensoleillé. Ça fera rire même les pauvres petits moineaux, ceux qui n'ont pu fuir l'hiver!

Retour dans le temps, en juin 2010, aux FrancoFolies de Montréal: la Compagnie créole se produit ce soir-là en plein air, sur la scène de la place des Festivals, devant une foule de plus de 50 000 personnes! Une foule traversée par des tas de gens qui se suivent à la queue leu leu et font «le petit train» en chantant Au bal masqué, C'est bon pour le moral, La machine à danser et autres succès du groupe depuis quatre décennies. 

Foi de journaliste ayant couvert des centaines de spectacles, c'était du jamais vu!

«J'étais tellement émue de voir une telle foule que je n'arrivais plus à chanter», se remémore d'ailleurs Clémence Bringtown, chanteuse, parolière, traductrice et coréalisatrice du fameux groupe antillo-guyanais, de passage à Montréal.

De Brassens au Mardi gras

On s'attend à bien des choses d'une entrevue avec Clémence (Bringtown), José (Sébéloué) et Julien (Tarquin), membres de la Compagnie créole depuis ses débuts en 1975 (au moment de notre entrevue, le batteur Guy Bevert devait arriver de Paris un peu plus tard).

Mais on ne s'attend pas a priori à discuter de la force des textes de Brassens et de l'impact de Gainsbourg sur la chanson française! Et pourtant, c'est de cela qu'il sera longuement question, parce que le groupe mesure parfaitement l'importance du mot qui claque et sonne, indispensable pour qu'une chanson chaloupe, tangue et danse. 

«On a la réputation de faire swinguer la langue de Verlaine!», explique le guitariste-percussionniste et chanteur José Sébéloué. «Ce n'est pas un hasard si, au Japon, on enseigne souvent le français avec notre répertoire», renchérit le bassiste et chanteur Julien Tarquin.

«Je me suis cassé la tête pour la version française de certaines chansons», poursuit Clémence, qui a adapté pour l'occasion les mégahymnes Hot! Hot! Hot! (oui, la toune d'Arrow) et Doh Stop de Carnival, qui rythment le carnaval de Trinidad. 

«C'est une rythmique de soca qui groove, en anglais et en broken English qui groovent. Alors, pour trouver des paroles en français qui groovent autant, et que ça ait du sens sans se prendre au sérieux, ç'a été un vrai casse-tête.»

Le choix des chansons aussi a posé son lot de défis. Comme le dit très justement José: «Le piment, ça ne va pas avec tous les plats!»

Clémence en a donc écouté des centaines, de ces chansons. Dont celle du Carnaval de Québec: «J'ai écouté Carnaval Mardi Gras une première fois, et je l'ai ensuite réécoutée en tapant notre rythmique antillaise sur ma cuisse [elle en fait la démonstration]: ça marchait complètement!» Pas mal pour une chanson créée en 1956...

Quelques autres airs de carnaval, dont un long pot-pourri («Sinon, il aurait fallu faire deux CD!»), accompagnent certains classiques du groupe, qui figurent déjà sur de précédents albums de la Compagnie, en version plus «carnaval»: Le bal masqué, Zouk Tamouré, Le bal du Mardi gras, La fiesta (en version espagnole pour l'occasion). Sans oublier l'imparable En ti baton lélé.

«Le carnaval, c'est une fête païenne, rappelle Clémence. C'est un exutoire, une occasion de faire ce qu'on appelle le «vidé»: danser, marcher, courir pendant des heures sur la musique, pour se vider la tête. Il n'y a plus de loi ni de classe sociale qui tienne, il n'y a que le «roulé-roulé» qui compte, le défoulement! C'est pour cela que le carnaval traverse les âges et les lieux, on en trouve depuis toujours et partout, aussi bien à Venise qu'à Rio.»

Et à Québec. Samedi, la Compagnie créole d'origine, accompagnée de Joanna, fille de Clémence, sera donc du défilé de la Haute-Ville, 19h, à Québec, pour faire chanter et danser en plein vortex polaire. Allez, tous en choeur: c'est bon pour l'hivernal, c'est bon pour l'hivernal...

***

Reggae

La Compagnie créole

Au bal masqué du monde Epoca/Note A Bene/Productions J

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