Jérôme Charlebois: faire voyager les chansons

Jérôme Charlebois est l'héritier d'une tradition chansonnière associée... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE)

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Jérôme Charlebois est l'héritier d'une tradition chansonnière associée à la France et aux anciennes boîtes à chansons du Vieux-Montréal: des textes simples, humoristiques et qui font des clins d'oeil à l'actualité.

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Jérôme Charlebois lance ces jours-ci son troisième album en six ans. Flambant 9 pourrait être le dernier disque physique pour le fils cadet de Robert Charlebois, qui élabore de nouvelles stratégies pour faire voyager ses chansons.

Flambant 9, Jérôme Charlebois ne l'a pas enregistré d'abord pour vendre des CD. «Je l'ai fait pour avoir une carte de visite et continuer d'augmenter mon répertoire», explique-t-il dans son appartement à l'ombre du nouveau CHUM.

Oui, Flambant 9 sera distribué de façon conventionnelle et on pourra l'acheter dans les petites boîtes où Jérôme se produira avec ses trois musiciens, en commençant par le Vieux Bureau de Poste de Saint-Romuald, le 20 avril. Mais le chanteur de 33 ans échafaude des projets pour que ses chansons rejoignent le public.

«Je suis pas mal sûr que ça sera un de mes derniers disques physiques, lance-t-il. Il faut que j'exploite l'internet pour lancer des chansons et ne plus devoir attendre deux ans avant de les endisquer. Les chansons doivent voyager d'une manière différente aujourd'hui sinon elles vont passer dans le beurre. Le monde me dit: «Jérôme ça va bien, on te voit», mais on me voit justement parce que je travaille mes affaires et que je réfléchis à ce qui pourrait propulser mes chansons plus haut.»

Il donne l'exemple d'une chanson écrite pour sa blonde, Millionnaire en amour, le premier extrait de son nouvel album. «C'est une chanson grand public, un peu plus pop, avec de beaux jeux de guitare, mais je ne l'ai pas faite pour les radios. Je peux la faire voyager avec Loto-Québec même si je ne l'ai pas faite pour ça. C'est ça que je veux dire: pousser un peu plus loin. Mais il faut faire preuve de jugement et ne pas téter non plus.»

Par son titre, Millionnaire en amour rappellera peut-être Heureux en amour du paternel. «C'est drôle, mais avec le recul, ma chanson Moche pour toi c'est un peu J'veux pu qu'tu m'aimes. On ne réinvente pas la roue...», concède Jérôme qui emprunte également l'image des ailes d'un ange dans la toute première chanson du disque, La trentaine.

Dur de faire simple

Même s'il partage certains traits évidents avec son père, qui se manifestent d'ailleurs un peu plus quand ses musiques sont plus rock, blues ou rockabilly comme sur le nouveau disque, Jérôme est surtout le curieux héritier d'une tradition chansonnière fantaisiste qu'on associe surtout à la France et aux anciennes boîtes à chansons du Vieux-Montréal: des textes simples, parfois un peu maladroits, mais qui carburent à l'humour et aux clins d'oeil à l'actualité.

«C'est dur de faire simple, affirme-t-il. Et c'est pas bébé non plus. Ma blonde me dit que mes textes sont bien pensés, bien structurés. C'est ma plus grande fierté parce que je suis de plus en plus sévère là-dessus.»

L'ombre inévitable de Robert Charlebois planera toujours au-dessus de la carrière de son fils cadet, mais Jérôme s'en préoccupe moins qu'avant. La preuve, dit-il, c'est qu'il lui dédie même une chanson sur son nouvel album: Mon père.

«Je l'ai faite dans le spectacle de La boîte à chansons et elle a été tellement bien accueillie, elle est sympathique et, surtout, elle plaît à Robert qui m'a encouragé à l'inclure dans l'album, explique-t-il. Pour moi, c'est un bonbon à la fin du disque. Je profite de ses 50 ans de carrière et je peux faire un beau truc sur le net en la sortant à la fête des Pères avec des photos inédites de Robert. C'est bien beau les albums, mais moi je travaille chanson par chanson en essayant toujours de trouver une idée d'association.»

Association de musiciens

À l'entendre parler de son célèbre père, on comprend tout de suite que Jérôme voit d'abord en lui un conseiller avisé qui l'encourage à prendre des initiatives pour mener à bien sa carrière: «Mon père m'a dit: «Jérôme, il faut que tu t'associes, il faut créer quelque chose qui va donner au public le goût de se déplacer.» C'est comme ça qu'il a lancé sa carrière, lui, à partir d'un événement: l'Osstidcho. Je reprends souvent l'exemple de La boîte à chansons: individuellement, les gars [Gauthier, Calvé et Létourneau] auraient chanté dans des petites boîtes, mais ensemble ils ont créé quelque chose.»

Jérôme fait une pause puis il ajoute: «Je me verrais tellement faire un show avec Damien Robitaille et d'autres chanteurs à textes qui ont de l'humour! C'est un peu ce qu'a fait La Tribu avec ses shows Tous les garcons et Toutes les filles: c'est une formule qui marche, les gens aiment ça aller voir des artistes qu'ils connaissent et faire des découvertes.

«Au départ, Flambant 9, c'était d'ailleurs le titre de travail d'un show que je voulais monter: trois chanteurs qui font trois chansons chacun. De toute manière, je pense qu'un jour on va revenir au concept de La boîte à chansons, mais en le modernisant un peu. Le public en a un peu marre, et je le comprends, du gars qui arrive sur scène avec sa guitare.»

CHANSON

Jérôme Charlebois

Flambant 9

Tandem.mu/Sélect

En magasin mardi

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