Justin Timberlake au Centre Bell: mégaproduction en dents de scie

Justin Timberlake en concert au Centre Bell.... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

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Justin Timberlake en concert au Centre Bell.

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Un opus très quelconque de Justin Timberlake, soit le récent Man of the Woods, mènerait-il à bouder sa tournée mondiale? L'artiste originaire de Memphis retrouverait-il son chemin après s'être perdu en forêt... ou plutôt en studio? Quiconque a déjà vu le performer à l'oeuvre sur scène vous répondrait par la négative.

Donné en 2014, le spectacle précédent de Justin Timberlake n'avait-il pas été éblouissant, voire un des très grands événements de culture pop de la décennie? Voilà pourquoi 18 934 fans précédaient, dimanche soir, la deuxième foule monstre qui sera au rendez-vous du Centre Bell lundi soir.

Excellent danseur, interprète magnétique, Justin T est sans conteste un des meilleurs à voir se démener devant un auditoire de masse, bien au-delà des effets spéciaux inhérents à ce type de mégaproduction.

Face au public venu à la soirée dominicale, cela étant dit, le raffinement des chorégraphies, le niveau de ses musiciens et la qualité de ses arrangements n'éclipsent pas toujours le conformisme relatif de son approche et... la mièvrerie de plusieurs de ses chansons nouvelles. C'est du moins ce qu'on a observé tout au long de la soirée.

Ainsi donc, deux scènes sont disposées aux extrémités de la patinoire, une autre est érigée au milieu, toutes sont reliées par des passerelles, plates-formes au pied desquelles sont postés les fans les plus fervents, «stage bar VIP experience» à l'appui.

Au terme d'une séance d'échauffement, gracieuseté du prolixe DJ Freestyle Steve, le jeune Torontois Francesco Yates dégaine une pop cousine de l'artiste principal au programme, d'autant plus que ses premiers enregistrements sont réalisés en bonne partie par l'éminent Pharrell Williams, proche collaborateur de Justin T comme on le sait.

Chanteur et guitariste certes efficace, entouré d'instrumentistes et de danseurs compétents, le frisé jeune homme se fait aller les boucles d'or entre les arbres artificiels disposés sur scène... et c'est tout pour cette variété survitaminée.

Le service principal du festin Man of the Woods World Tour est finalement offert à compter de 21h03.

Les interprètes émergent d'un couloir enfumé, les lasers ont tôt fait de fuser pendant l'exécution de Filthy, chorégraphiée à souhait, tout au centre de l'amphithéâtre. Des projections dirigées vers d'énormes carrousels de tulle permettent alors l'érection d'une forêt virtuelle, au centre de laquelle la chanson Midnight Summer Jam embrase la foule.

Incendie de forêt à l'horizon?

On enchaîne avec LoveStoned/I Think She Knows Interlude, SexyBack... Funk, R&B et soul dans le tapis ! L'intelligibilité du son n'est pas idéale, force est d'observer, mais le feu roulant sur scène peut l'emporter sur ces considérations.

La verdure forestière ressurgit, Justin nous balance la pièce-titre de son cinquième opus studio. Répétons-le, Man of the Woods s'avère une pop inoffensive, pour ne pas dire insignifiante, surplombée d'airs plus que naïfs, assortis de petits effets vocaux à la Bobby McFerrin. De grâce, passons au prochain titre ! Fort heureusement, on revient au groove de Higher Higher et on en remet avec l'épisode latin jazzy funk de Señorita, tiré de l'album Justified. Très convaincant, cette fois.

Le chanteur et ses danseurs migrent à l'autre bout du parterre, pour une version aérobique de Suit & Tie, très Motown, sans costard ni cravate. Pas de répit pour le public, la star se retrouve au centre de l'amphithéâtre pour un ballet avec lasers et se déplace vers un instrument électronique qui déclenche une mitraille d'échantillons sonores. Le chanteur retrouve la scène principale, prétexte d'une vaste offensive autour de Let Me Talk To You/My Love, tiré de l'opus FutureSex/LoveSounds.

«De loin la foule la plus bruyante»

Des particules de lumière jaillissent de partout, Justin T arpente son territoire sylvestre parcouru de glace sèche, il interprète Cry Me A River dans une version nettement plus tonique que l'originale - album Justified.

Tube on ne peut plus FM, puisé dans The 20/20 Experience, Mirrors est le théâtre d'une démultiplication du chanteur, dont l'exécution est projetée sur tous les écrans. Et voilà l'ovation monstre. Et voilà la constellation de cellulaires qu'apprécie notre hôte... «De loin la foule la plus bruyante de la tournée jusqu'à maintenant», oui madame! Un tantinet racoleur, Justin commémore quelques anniversaires de fans présents et perd un peu le rythme, qui reprend avec la fervente et allongée Drink You Away, Southern pop soul aussi tirée de The 20/20 Experience.

On revient à l'album Man of the Woods, Flannel est une ballade pop celtique propice au bivouac, précédée d'évocations du Tennessee natal de l'ami Justin. Sans intérêt, avions-nous noté à l'écoute de l'album. Le chanteur repasse à la soul, soit avec Until the End of Time, très Michael Jackson de facture, et laisse ses principaux choristes entonner une suite incongrue de thèmes pop : Dreams de Fleetwood Mac, The Ex-Factor de Lauryn Hill, Come Together des Beatles et Thank God I'm A Country Boy de John Denver. Le feu de camp se conclut avec Morning Light, à l'origine enregistrée avec Alicia Keys, et la chanson What Goes Around... Comes Around.

Voilà assurément la plus faible séquence de la soirée...

Les choses ne s'améliorent guère avec un autre tube archi-prévisible, idéal pour un drive home en modulation de fréquence : Say Something. Le chanteur nous sert Montana, très proche de l'esthétique Bee Gees, suivie de l'archi-pop Summer Love et de la très Jackson Five Rock Your Body. Le dernier sprint se résume par les exécutions athlétiques de Supplies (Man of the Woods), Like I Love You (Justified), le tout coiffé par le mégatube Can't Stop the Feeling (bande originale du film Trolls).

En somme? Mégaproduction en dents de scie, certes inférieure à la tournée précédente malgré les paroxysmes régulièrement atteints.

LISTE DES CHANSONS AU PROGRAMME

Filthy (Man of the Woods)

Midnight Summer Jam (Man of the Woods)

LoveStoned/I Think She Knows Interlude (FutureSex/LoveSounds)

SexyBack (FutureSex/LoveSounds)

Man of the Woods (Man of the Woods)

Higher Higher (Man of the Woods)

Senorita (Justified)

Suit & Tie (The 20/20 Experience)

Let Me Talk To You/My Love (FutureSex/ LoveSounds)

Cry Me A River (Justified)

Mirrors (The 20/20 Experience)

Drink You Away (The 20/20 Experience)

Flannel (Man of the Woods)

Until the End of Time (Future Sex/Love Sounds)

Dreams (Fleetwood Mac)

Ex-Factor (Lauryn Hill)

Come Together (The Beatles)

Thank God I'm A Country Boy (John Denver)

Morning Light (Man of the Woods)

What Goes Around... Comes Around (FutureSex/Love Sounds)

Say Something (Man of the Woods)

Montana (Man of the Woods)

Summer Love (FutureSex/LoveSounds)

Rock Your Body (Justified)

Supplies (Man of the Woods)

Like I Love You (Justified)

Can't Stop the Feeling (bande originale du film d'animation Trolls)




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