QU4RTZ: a cappella aux stéroïdes

Le quatuor QU4RTZ mêle habilement musique a capella... (Photo: Bernard Brault, La Presse)

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Le quatuor QU4RTZ mêle habilement musique a capella et humour dans son spectacle mis en scène par Serge Postigo.

Photo: Bernard Brault, La Presse

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Que l'on soit averti: on assiste à un spectacle de QW4RTZ autant pour les rires que pour la musique. Le quatuor vocal a transformé le concert traditionnel de chant a cappella en spectacle d'humour musical et de variétés grand public. La formule est réussie, d'une efficacité redoutable et garante d'une soirée fort divertissante, ce qui leur a valu un succès monstre hier soir pour leur première au Théâtre St-Denis.

Évidemment, ce mélange de virtuosité vocale et de numéro comique, ils ne l'ont pas inventé. Mais ils l'ont adapté au goût du jour. D'autres ensembles musicaux ont fait dans l'humour avant eux. On a vu des spectacles dans cette veine au Québec, comme celui des subtils pince-sans-rire britanniques de Cantabile - The London Quartet, que l'on a pu entendre au Festival Classica l'été dernier, ou le duo cabotin Igudesman and Joo au Festival de musique de chambre de Montréal, il y a quelques années. Chacun possède son style de même que sa personnalité.

Celle de QW4RTZ est jeune, décontractée, polyvalente et bourrée d'énergie. Le quatuor est composé de François Dubé, François Pothier Bouchard, Louis-Alexandre Beauchemin et Philippe C. Leboeuf.

Leur répertoire, très large, penche surtout du côté de la pop américaine avec des pots-pourris «Boys band», «Sexy song kitchen» et «Disney». Ils font du coq à l'âne, allant de Daft Punk à Félix Leclerc en passant par Brel et Mika et mélangeant l'Ave Maria de Bach/Gounod à Barbie Girl. Les quatre musiciens sont cultivés, ils ont fait leurs classes, ils ont de bonnes voix - malgré quelques fausses notes pardonnables - et ils se moquent allègrement de tous les genres musicaux, démonstrations à l'appui. Et c'est drôle.

Contrairement à d'autres quatuors du genre, ils chantent avec des micros, ce qui convient au répertoire choisi, à leur façon d'aborder la musique et à leur public cible: l'être humain normalement constitué amateur de musique et doté du sens de l'humour. Les micros ont bien sûr pour effet d'homogénéiser les voix et de gommer les contrastes et les harmonisations, mais on aura compris que le but premier n'était pas d'égaler en subtilité les King's Singers.

La mise en scène intelligente de Serge Postigo ne donne pas une minute de répit aux interprètes et leurs textes sont bien écrits. On a affaire à un humour très nord-américain et pourtant très québécois. L'interprétation de Crève mon sale du groupe Crampe en masse à des funérailles fictives de Kim Jong-il est désopilante.

Surprise pour le pot-pourri Disney: on voit surgir Élyse Marquis et Joël Legendre qui s'emparent du micro pour chanter avec eux Un nouveau monde, du film d'animation Aladdin. Une surprise encore plus agréable est causée par l'arrivée inopinée de l'Ensemble vocal Ganymède pour Câlon Làn, un chant traditionnel gallois. Un beau moment.

Le tout se termine devant une salle survoltée qui crie, chante et tape des mains debout sur Papaoutai de Stromae. Cet enthousiasme mérité les oblige à remettre ça avec un troisième rappel: Dixie, d'Harmonium, pour finir en beauté.

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