Le débat Cantat à l'Olympia

Bertrand Cantat du groupe Detroit en prestation au... (Photo: archives AFP)

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Bertrand Cantat du groupe Detroit en prestation au Printemps de Bourges en avril dernier.

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Antoine Hasbroucq
La Presse

(Paris) Detroit, le groupe de l'après-Noir Désir pour Bertrand Cantat, donnait hier soir le dernier d'une série de trois concerts dans la mythique salle parisienne de l'Olympia. La Presse y était.

Bien sûr, un concert de Bertrand Cantat n'est pas un concert comme les autres. Après le choc de 2003, la mort de Marie Trintignant, après le procès, la prison, tout ce qui touche de près ou de loin l'ex-leader de Noir Désir vire au débat de société. 

Il y a ceux qui veulent encore et toujours le voir sur scène, il y a ceux qui ne peuvent plus, ceux qui n'ont jamais pu. Au milieu du vacarme, difficile de parler de musique. Et pourtant... Pour qui voulait encore l'entendre, Bertrand Cantat était bel et bien prêt, hier soir. 

Le public, qu'on aurait pu croire nostalgique de l'époque Noir Désir, aujourd'hui révolue, réagissait au quart de tour dès l'ouverture au répertoire de Detroit.

Il faut dire qu'on est ici en terrain connu, entre les mots incantatoires de Cantat et la palette musicale de Pascal Humbert (ancien 16 Horsepower), du plus éthéré au plus rugissant, à l'instar du dernier album de... Noir Désir.

Autre chose qui n'a visiblement pas changé: la présence scénique de Cantat. Incarnation de l'urgence, de l'énergie rock, à 50 ans, il est encore le représentant de cette mouvance dans un pays qui ne lui a jamais trouvé de successeur à sa mesure. Sur scène, Bertrand Cantat hurle, gesticule, sourit parfois et hurle encore.

C'est à ce moment que, chez quelques spectateurs, au milieu d'une salle qui chavire, peut naître un questionnement. Celui de savoir si, finalement, il est légitime de le voir aussi exubérant, aussi heureux, même. Les questions de cet ordre ne sont jamais très loin quand un homme coupable d'avoir tué celle qu'il aimait chante et danse devant vous. Pas un concert ordinaire, non, loin de là. Mais quitte à remonter sur scène, devait-il se cacher derrière les rideaux, chanter depuis les coulisses? Les questions, encore et toujours.

Oui, le questionnement est bien présent, mais voilà que la musique reprend ses droits, d'autant que c'est celle qui fait exploser de bonheur la petite salle parisienne, celle de feu Noir Désir. Les quadragénaires dans la salle redeviennent adolescents le temps des trois minutes de Tostaky. Cantat montre qu'il n'a rien perdu de son engagement en adaptant les paroles d'Un jour en France à l'intention du Front national. 

Et puis le dernier rappel arrive déjà, Comme elle vient, reprise en choeur par toute la salle. Hier soir, ceux qui voulaient entendre une fois de plus Bertrand Cantat sont ressortis comblés, avec l'impression que d'autres rivières pourraient faire croître ce Detroit naissant.

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