Stevie Wonder au Centre Bell: faire vibrer le passé

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Plus de 10 000 personnes ont assisté, hier, au concert de Stevie Wonder, qui reprenait son album classique Songs in the Key of Life.

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Stevie Wonder n'est pas le premier, et sûrement pas le dernier, à reprendre intégralement un de ses albums en concert avec des décennies de recul. Mais tout le monde n'a pas sous la main un disque, double par surcroît, aussi riche, aussi varié et, disons-le, aussi impressionnant que Songs in the Key of Life.

Hier soir au Centre Bell, les 10 290 spectateurs ont vite constaté, s'ils ne le savaient déjà, que le Stevie Wonder de 1976 avait du génie. Rien que sur la face A du premier vinyle de cet album double, l'ex-enfant prodige de Motown est passé sans difficulté aucune de la ballade inspirante servie par une voix pleine de soul (Love's In Need of Love Today) à une incursion dans la spiritualité (Have a Talk With God), puis à la chanson sociale (Village Ghetto Land, sur une réalité encore actuelle, nous a rappelé Wonder), suivie de l'envolée de jazz fusion de Contusion, pour aboutir à l'irrésistible Sir Duke, joyeux hommage à un pionnier du nom d'Ellington.

Le public, survolté, venait à peine de chanter le refrain de Sir Duke que Wonder et ses musiciens se lançaient dans la funky I Wish. Nous n'en étions même pas à la moitié de cette première partie de concert qui allait durer 80 minutes.

Stevie Wonder, l'humaniste, a beau dire que le message d'amour de son chef-d'oeuvre est encore plus d'actualité de nos jours, son spectacle n'est pas un exercice d'autocongratulation.

Plutôt que de traiter cette suite de chansons archiconnues avec révérence, il les joue avec coeur, très bien servi par une tribu considérable de musiciens et de choristes, auxquels se joignent une section de cordes et une chorale à saveur gospel, particulièrement mise en valeur sur l'émouvante Pastime Paradise.

En artiste libre, Wonder s'autorise même un segment sous le signe de l'improvisation pendant lequel tout ce beau monde a droit à sa minute de gloire et qui mêle Milord de Piaf, Tequila des Champs et d'autres emprunts à Ray Charles, aux Jackson Five et même à En Vogue. Généreux, amusant même, mais un peu longuet. Dans le Centre Bell, l'enthousiasme contagieux du début a baissé d'un cran.

Ce n'était que partie remise. Après l'entracte, Wonder s'est lancé dans Isn't She Lovely, écrite pour sa fille Aisha, et si on a craint un instant que la section de cordes ne se substitue à l'harmonica chromatique de Wonder, il nous a vite rassurés, si bien que cette chanson a été livrée dans toute sa splendeur.

Faisant fi de l'heure tardive, Wonder s'est lancé dans une autre excursion improvisée hors du territoire de son album double. Il a un peu triché en modifiant l'ordre des chansons de son deuxième disque, mais qui osera lui reprocher d'avoir voulu boucler ce retour dans un passé toujours vibrant avec les irrésistibles As et Another Star ?

Sûrement pas l'immense majorité de spectateurs qui, au moment d'écrire ces lignes, chantent encore avec lui après tout près de trois heures de musique.

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