Dumas au Métropolis: brouiller les pistes

Dumas en concert au Métropolis.... (Photo: Bernard Brault, La Presse)

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Dumas en concert au Métropolis.

Photo: Bernard Brault, La Presse

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Montréal était musique vendredi soir, et pas qu'au Centre Bell. Les salles du Quartier des spectacles offraient simultanément du world, de la chanson jazzée ou du métal ainsi que la pop-rock de Dumas au Métropolis.

Ceux qui s'attendaient à un concert trempé dans la pop d'inspiration britannique du plus récent album de Dumas, L'heure et l'endroit, ont dû être étonnés. Il n'en a joué que cinq chansons et ce sans le piano qui est au coeur de la sonorité et du rythme de cet album.

Dumas s'est employé pendant un peu plus d'une heure et demie à brouiller les pistes. Dès la première chanson au programme, Un aller simple, l'as-guitariste Jocelyn Tellier était aux percussions et c'est le chanteur qui s'éclatait à la guitare pendant que le batteur Martin Lavallée et le bassiste Alexandre Dumas tenaient le fort.

Puis Dumas s'est mis a jouer avec sa voix, la trafiquant à l'occasion pour ensuite lui donner du volume sur des musiques parfois très discrètes. Dans ces moments-là, il aurait chanté a cappella qu'on n'aurait pas fait la différence. C'est ainsi qu'a commencé Le cours des jours, l'extrait le plus convaincant, vendredi, de l'album du même nom qui a déjà 10 ans.

Dumas a puisé dans tout son répertoire des chansons qu'il a relues sinon carrément transformées. Ainsi J'erre a servi de prétexte à une envolée du chanteur à l'harmonica et Miss Ecstasy est presque devenue roots, avec son rythme à la Bo Diddley et sa touche de rockabilly à la Gene Vincent.

Tellier est retourné jouer des percussions pendant une version de Ferme la radio axée sur la rythmique et il y était toujours quand Dumas a fouillé dans les années 70 pour emprunter aux Talking Heads leur Psycho Killer qu'il a adaptée en français. Heureusement, Alors alors nous a permis de renouer avec le guitariste fou qu'est Tellier, mais tout de suite après, Allez allons nous perdre, la longue suite du récent album, a perdu, justement, de sa saveur et de sa cohésion sans piano.

Le public, plutôt jeune et gagné à Dumas, a applaudi mollement certaines relectures moins convaincantes pour mieux manifester son approbation dès que la musique gagnait en énergie. De l'énergie, Dumas n'en manquait certes pas, lui qui prenait un plaisir évident à tirer un solo de sa guitare ou à se déhancher comme un jeune Elvis avec son instrument en bandoulière.

Au rappel, Dumas a demandé à son public de chanter avec lui Linoleum et Passer à l'ouest mais il a un peu trop étiré la sauce. Juste avant de nous quitter sur Les secrets, il a lancé qu'il ne savait pas quand il aurait de nouveau l'occasion de donner un concert électrique comme celui-là à Montréal. Reviendra-t-il à la formule solo qui l'a déjà bien servi? En tout cas, vendredi, Dumas avait l'air d'un touche-à-tout indécis quant à sa future orientation.

En début de soirée, la jeune Maïa Leia a chanté en 20 petites minutes six chansons de son premier album, Compte à rebours, sorti il y a deux mois. La pop ludique de cette femme-enfant au costume de hippie a un charme certain et elle affiche déjà un naturel étonnant malgré son peu d'expérience.

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