Israël pleure Leonard Cohen

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Leonard Cohen en spectacle à Atlanta en mars 2013.

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Jonah Mandel
Agence France-Presse
Jérusalem

Israël pleurait vendredi la disparition du poète et musicien canadien Leonard Cohen, salué autant pour son oeuvre que pour son dévouement envers l'État israélien.

Les réseaux sociaux et les sites internet israéliens débordaient des images et des paroles de Leonard Cohen postées par ses fans. Les personnalités politiques, à commencer par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, se succédaient pour lui rendre hommage.

Cohen, décédé à l'âge de 82 ans, avait été élevé par un grand-père rabbin. Il n'avait jamais changé son nom si répandu parmi les juifs - Cohen signifie prêtre en hébreu - et certains de ses textes s'inspiraient de la tradition et de la liturgie juives.

Ses racines juives se retrouvaient dans son attachement à l'État d'Israël, qui s'était manifesté éloquemment lors de la guerre du Kippour en 1973.

«J'irai arrêter les balles égyptiennes», avait-il écrit dans un poème.

Cohen avait quitté la petite île grecque sur laquelle il vivait à l'époque le lendemain du déclenchement de la guerre entre Israël et une coalition d'États arabes conduite par l'Égypte et la Syrie.

À Tel-Aviv, il avait rencontré le musicien israélien Oshik Levi. Selon le récit fait par ce dernier, Cohen lui avait dit vouloir aider Israël en travaillant dans un kibboutz, l'une de ces communautés agricoles intimement liées à l'histoire d'Israël et d'où provenait une grande partie des hommes appelés à endosser l'uniforme.

Levi persuada Cohen de se joindre à un groupe de musiciens qu'il avait formé et avec lesquels il divertissait les soldats sur le front.

Cohen participa à l'entreprise pendant trois mois. Une photo publiée sur les réseaux sociaux vendredi le montre chantant dans la péninsule du Sinaï en présence du général Ariel Sharon.

«Je n'ai jamais dissimulé le fait que j'étais juif et que je serais toujours là en cas de crise en Israël», disait-il en 1974. «La survie du peuple juif fait partie de mes engagements».

«Bouclier contre l'ennemi»

Les deux principales radios israéliennes lui ont consacré des heures de programme vendredi. Les utilisateurs de Facebook et Twitter postaient des photos de lui, publiaient des liens avec ses chansons et ses textes, dans leur version originale en anglais ou leur traduction en hébreu.

Le président Reuven Rivlin a rapporté que l'un des succès de Cohen, Dance Me to The End of Love, avait «accompagné de nombreux moments de la vie de (son) couple et de (sa) famille».

«Merci pour tout ce que vous nous avez laissé», a-t-il écrit sur Facebook.

Benjamin Netanyahu a rendu hommage à un «grand créateur, un artiste de talent et un juif ardent qui aimait le peuple d'Israël et l'État d'Israël».

«Je n'oublierai jamais qu'un profond sentiment de communauté l'avait conduit à venir en Israël pendant la guerre du Kippour pour chanter devant les soldats de l'armée israélienne», a écrit M. Netanyahu sur Facebook.

Lors de ses tournées parmi les soldats en 1973, Cohen avait écrit la chanson «Lover Lover Lover» qui dit: «Que l'esprit de cette chanson s'élève, pur et libre. Qu'il soit un bouclier pour vous, un bouclier contre l'ennemi».

Cohen avait dédié cette chanson aussi bien aux soldats israéliens qu'égyptiens.

Cette fidélité se fit jour à nouveau en 2009 quand des supporteurs de la cause palestinienne et avocats d'un boycott d'Israël essayèrent de le convaincre d'annuler un concert prévu à Ramat Gan, près de Tel-Aviv.

Cohen résista mais essaya de doubler son spectacle d'un autre à Ramallah, en territoire palestinien occupé. Le spectacle avait finalement été annulé par les Palestiniens.

Cohen s'était servi des recettes du concert israélien pour soutenir un fonds en faveur de la paix.

Cohen avait clos son concert devant environ 50 000 personnes par la bénédiction juive qui s'achève par ces mots: «Que le seigneur lève son visage vers toi et te donne la paix».

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