Igloofest: en orbite avec Lunice

Le DJ et producteur montréalais Lunice est une... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, archives LA PRESSE)

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Le DJ et producteur montréalais Lunice est une des têtes d'affiche du 10e Igloofest.

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Il y a trois ans, les Igloofestivaliers découvraient le très doué Lunice, DJ et producteur montréalais qui s'est taillé depuis une solide réputation à l'échelle internationale, ayant entre autres collaboré avec Kanye West et Madonna.

Force est de déduire que l'artiste est une tête d'affiche à l'Igloofest, dont la programmation 10e anniversaire s'amorce ce soir même. Entretien avec Lunice... autour de la planète électro.

Depuis quelques années, quelles sont vos plus importantes réalisations sur la scène internationale ?

Plusieurs choses se sont produites depuis trois ans, notamment ma participation à la musique de la chanson Blood on the Leaves de Kanye West - pour son album Yeezus. Assez récemment, j'ai pu être l'artiste principal d'une tournée, ce que je n'avais pas l'habitude de faire ; longtemps, j'ai été parmi ceux qui précédaient l'artiste principal, les choses sont en train de changer. Cela dit, j'ai fait plusieurs premières parties sur la tournée de Madonna, soit en Europe, aux États-Unis et au Mexique. Elle m'avait découvert par l'entremise de son fils qui s'intéressait à ma musique et qui lui a suggéré de m'embaucher. Il me reste un engagement avec Madonna, la semaine prochaine au sud de la frontière. J'ai aussi créé des beats pour nombre d'artistes, par exemple Rockie Fresh et Azealia Banks. J'ai participé à des séances de travail avec des réalisateurs de Rihanna... Il est possible que je travaille bientôt avec Pusha T et d'autres artistes connus. Mais... pour l'instant, je me concentre sur mon projet personnel.

Quel est ce projet personnel ?

Je consacre toutes mes énergies à mon premier album, qui sera lancé à la fin de l'hiver ou au printemps. J'y travaille depuis quelques années, en plus de faire DJ et beatmaker. Pourquoi ai-je pris mon temps ? Je soigne ce projet, car je veux laisser une impression claire de ma propre orientation artistique pour la suite des choses. J'en ai composé toutes les musiques. Ce sont mes propres sons, mes façons de les agencer. Dans ce contexte, j'ai aussi travaillé avec un excellent musicien et ami proche de Los Angeles, Tim Suby, qui m'a enseigné les fondements de la composition et qui m'a conduit à rendre ma musique plus cohérente. Dans cet album à venir, il exécute un superbe solo de piano. Je compte bien le voir sur scène à mes côtés, soit après la sortie de cet enregistrement intitulé CCCLX - 360 en chiffres romains.

Quelle direction votre style a-t-il prise au cours des dernières années ?

J'ai grandi avec le hip-hop et j'ai aussi reçu une forte influence house, incontournable pour tous les Montréalais qui aiment le groove. En tant que DJ et réalisateur, je me suis appliqué à fondre ces deux styles en une seule expression. Dans cette foulée, j'ai découvert ma propre palette de sons. Des petites boîtes de nuit aux plus vastes amphithéâtres, j'ai pu tester les réactions du public face à une variété d'effets sonores et autres éléments scéniques. Ainsi, j'ai appris à théâtraliser mes interventions musicales, au-delà du groove et des musiques propices à la danse. Dans cette optique, on peut danser sur ma musique, mais on peut aussi en visualiser les éléments. J'essaie d'offrir un maximum de stimuli pour l'imagination.

Quelle est votre approche visuelle ?

De manière à donner la prééminence à la musique, je tends à éviter les projections numériques. Je préfère opter pour des éléments visuels physiques : rideaux, ombres chinoises, éclairages classiques, décors de scène... Bref, je préconise une scénographie « old school », typique du théâtre ou de Broadway. Je cherche à proposer des sets théâtralisés et je souhaite étoffer le tout par l'intervention de danseurs qui m'inspirent, tel Andrew Winghart - adolescent, j'ai fait beaucoup de breakdance et je reste très sensible à la danse actuelle. Malheureusement, je ne pourrai présenter un tel spectacle à l'Igloofest, car cela ne s'y prête pas. Cette approche scénique (que je peaufine depuis un moment) suivra plutôt la sortie de mon album. Toutefois, je compte bien offrir à l'Igloofest des extraits inédits de CCCLX.

Lorsqu'on vous a interviewé pour la première fois, il y avait tout un buzz autour de TNGHT, ce tandem que vous formiez alors avec l'Écossais Hudson Mohawke. Pourquoi n'avoir pas poursuivi l'expérience ?

En fait, c'était le fruit d'une rencontre spontanée, sans prétention ; chacun d'entre nous voyait cette collaboration sans l'intention de fonder un groupe permanent. Et vint la surenchère à notre sujet, que nous avons ressentie négativement ; nous avions alors le sentiment que nous ne pouvions conserver la fraîcheur originelle de cette collaboration. Si toutefois l'occasion se représente, notre collaboration aura cette même fraîcheur et cette même honnêteté. Bien sûr, Hudson Mohawke et moi restons en très bons termes.

Êtes-vous toujours établi à Montréal ?

Je le jure devant Dieu ! Partout, vous savez, je n'ai que de bons commentaires à propos de notre ville. Tous les artistes aiment Montréal, le monde entier aime Montréal ! Et c'est pourquoi j'y reviens toujours.

Jeudi soir à l'Igloofest, 20 h 30, scène Sapporo

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