Moodoïd: un monde fou, fou, fou

Moodoïd, c'est surtout Pablo Padovani (à gauche). Ce... (PHOTO FOURNIE PAR LE GROUPE)

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Moodoïd, c'est surtout Pablo Padovani (à gauche). Ce dernier se voit comme un metteur en scène musical.

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On retrouve, dans le fou Monde de Möö, des paysages ensorcelés, des amours éphémères, des pays parallèles et des clips de cinéma. On retrouve surtout Pablo Padovani, chanteur âgé de 24 ans, qui porte sur ses épaules - aux côtés de ses trois drôles de musiciennes - le groupe français Moodoïd. Son premier EP, quatre pièces qui longent la frontière de l'Orient et de l'Occident, du worldbeat et du glam rock, a enthousiasmé les critiques du monde entier, particulièrement ceux du Royaume-Uni.

Revoilà donc le quatuor et une rondelle entière, écrite et composée dans l'urgence, à la demande du label indépendant Entreprise, qui voulait tirer profit de la rumeur favorable. «Je n'avais pas prévu faire de disque et d'avoir à créer rapidement, c'était inédit pour moi, raconte Pablo au bout du fil, à Toulouse. Je suis tout de suite parti en campagne, dans le sud de la France, avec tous mes instruments. C'était à la fois très spontané et très jouissif.»

L'enregistrement a eu lieu à Paris et le mixage à New York, sous la supervision érudite de Nicolas Vernhes (Animal Collective, Brooklyn). «Chaque jour, je recevais un musicien invité en studio, c'était vraiment génial, comme un laboratoire dont les portes étaient toujours ouvertes.»

Sur les 10 pièces, la puissance mélodique prime, tandis que les textes flottent en filigrane. Le fils du réputé jazzman Jean-Marc Padovani a d'abord voulu créer un monde cinématographique et cosmopolite. «Je ne veux surtout pas être confiné à un genre, puisque je souhaite avoir les moyens de réaliser tous mes fantasmes [musicaux], dans un terrain de jeux où il y a tous les jouets du monde, un melting-pot culturel», illustre-t-il.

Mais même si «les textes sont accessoires», les mots sont bien là - et fins comme la pluie - , garants d'un récit où les astres, la nature et les folles amours sont les principaux protagonistes. «J'ai grandi à la campagne, alors j'ai un rapport très important au bucolique, à l'organique», précise Pablo.

Dans la langue de Molière

Les mots sont là, et en français de surcroît, à un moment où plusieurs bands rock de l'Hexagone jettent leur dévolu sur la langue de Pink Floyd et de Radiohead. Un choix naturel pour le jeune musicien, puisqu'il se considère comme «très mauvais en anglais», mais il s'agit aussi d'une prise de position artistique. «Ça donne un résultat plus surprenant et j'aime bien la surprise. En France, les textes sont souvent mis de l'avant, mais il y a encore plein d'exploration à faire avec notre langue sur le plan des mélodies et des sonorités.»

Du français, mais pas de la chanson de variété, donc. Et on peine même à mettre des mots sur le résultat, parfois jazzy, des fois psychédélique, jamais linéaire... «J'aime mélanger, dit Pablo en riant. Que quelqu'un se dise: «Ah, de la musique chinoise», sauf que c'est turc. Et c'est parfait ainsi. J'aime bien fantasmer des cultures que je ne connais pas. Celles de Bollywood, des temples chinois: tout ça m'inspire beaucoup.»

Tout ça inspire aussi le Royaume-Uni, qui attend le chanteur de pied et d'oreille fermes, après un buzz signé The Guardian et plusieurs blogues anglo-saxons. «J'ai vraiment hâte, c'est le moment le plus douloureux, lorsque le disque est fini depuis deux ou trois mois, et que tu ne peux pas le faire écouter», dit-il.

Lui qui a foulé les planches des Katacombes aux FrancoFolies de Montréal, l'été dernier, a tout aussi hâte de faire vivre son Monde de Möö sur scène. «C'est vraiment là que Moodoïd devient un groupe. J'écris et compose en solitaire, mais je me vois comme un metteur en scène de théâtre. Je choisis les acteurs qui vont interpréter mes pièces selon leur personnalité et leur caractère.»

Les trois «acteurs», ce sont trois charmantes musiciennes; Clémence Lasme à la basse et à la contrebasse et les deux Lucie, Antunes à la batterie, Droga au clavier.

Toutes participent à l'esthétique évanescente et charnelle du quatuor, dont les clips sont soignés avec la rigueur du court métrage. «C'est un prétexte pour joindre deux passions», explique Pablo, qui a fait ses études en cinéma. Le 7e art, selon lui, laisse moins de place aux jeunes que la musique, et il compte bien revenir à la caméra plus tard dans sa carrière.

Pour l'instant, son long métrage s'appelle Le Monde de Möö et s'écoute seulement. «Les visées sont mondiales», admet Pablo. Une manière de dire: bientôt dans un haut-parleur près de chez vous.




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