James Murphy à C2MTL: créativité et humilité

James Murphy... (Photo: archives La Presse)

Agrandir

James Murphy

Photo: archives La Presse

L'immense salle de conférence de l'Arsenal était pleine à craquer pour les conférences des «deux James», hier après-midi, à la conférence de C2MTL sur le commerce et la créativité.

Avant le cinéaste James Cameron, James Murphy - DJ, réalisateur du dernier album d'Arcade Fire et ex-membre du groupe légendaire LCD Soundsystem, a répondu aux questions de l'animateur George Stroumboulopoulos et à celles du public. Pour lui, «le temps» est ce qu'il y a de plus précieux dans la créativité.

Le musicien électronique né au New Jersey a d'abord parlé de son dégoût pour tout ce qui est faux dans l'industrie de la musique. En spectacle, lui et les membres de LCD Soundsystem s'étaient donné pour règle de ne pas balancer des clichés rock à la foule du genre: «Are you guys ready

«Tu ne devrais pas avoir le droit de dire ça à une foule, a-t-il dit [traduction libre]. C'est la phrase que tu lances à un groupe de personnes qui vont soulever une charge [...] Je n'aime pas quand les choses ont l'air fake. Just do it

Bien entendu, James Murphy a dû justifier sa décision de mettre fin au groupe LCD Soundsystem. «Le temps», répond-il en substance.

Aujourd'hui, non seulement les groupes doivent lancer des albums et faire des tournées, mais ils doivent constamment fournir «du contenu», a-t-il souligné et pour ainsi dire dénoncé. Des clips, des vidéos en coulisse, des extras, alouette.

Or, Murphy n'aime pas déléguer, ce qui est quasi inévitable quand on manque de temps. Il a souligné le ridicule de voir des assistants alimenter les réseaux sociaux des artistes d'envergure au «je». «C'est vraiment bizarre», a-t-il dit avec raison.

Depuis la fin de LCD Soundsystem, James Murphy peut choisir ses projets, que ce soit remixer des chansons de David Bowie ou participer à la série de courts métrages du réalisateur Ron Howard (Rush, Apollo 13, Willow) pour la compagnie Canon. «Même si on me l'a demandé parce que plein de gens ont dû dire non», a-t-il lancé à la foule avec humour et humilité.

Outre des revenus, le succès de LCD Soundsystem a permis à James Murphy d'avoir des occasions comme celle d'hier, soit d'inspirer 1500 personnes assises devant lui pour l'écouter. Prochainement, il sera invité comme DJ dans des vignobles en France. Il n'est pas trop à plaindre, même si ce n'est pas particulièrement payant, a-t-il dit, pince-sans-rire.

James Murphy a parlé comme le petit gars d'à côté. Enfant, il se souciait beaucoup de ce que les autres pensaient, a-t-il avoué. Il a appris à faire confiance à ses goûts. Et du jour au lendemain, il est devenu «cool», ce qui en soi est un concept bizarre.

Et comme dans un film, sa vie misérable a pris un tournant après la mort de ses parents. Il a rencontré Tim Sweeney, avec qui il allait fonder DFA Records.

Fait intéressant, James Murphy caresse le projet de changer les sonorités trop «agressives» et désagréables des guichets du métro de New York. Il voudrait enregistrer des séquences de notes propres à chaque station pour que les gens associent des musiques à leur quartier. Une station du Bronx ou de Brooklyn pourrait même avoir un échantillonnage d'un rappeur connu. James Murphy a toutefois beaucoup de gens à convaincre avant de mener à terme son beau projet.

Faute de temps, James Murphy a seulement pu répondre à quelques questions du public. Oui, sa décision de mettre fin à LCD Soundsystem, dont il était le coeur, était «unilatérale». Mais ses anciens acolytes ne lui en veulent pas. La preuve: ils sont toujours très proches.

Et que pense-t-il de l'industrie actuelle de la musique? «Il y a plus que jamais des disques qui sortent, mais je crois qu'il y a seulement une quantité X de bonne musique», a-t-il répondu. Avant, un album comme Thriller de Michael Jackson attirait l'attention pendant un an et demi, alors qu'aujourd'hui, les gens passent à un autre appel une semaine après le nouvel album de Beyoncé.

L'horaire des conférences de C2MTL était rodé au quart de tour. Après 30 minutes, celle de James Murphy nous a laissés sur notre faim. Est-ce la faute du temps restreint ou des questions de George Stroumboulopoulos? Quoi qu'il en soit, on aurait aimé en savoir plus sur la liberté créatrice qui a entouré la création de Reflektor, l'album d'Arcade Fire que Murphy a coréalisé.

En fin de soirée, comme point culminant du party de clôture, James Murphy allait néanmoins gâter le public de C2MTL avec un set de DJ. Une belle cerise sur le gâteau au terme d'une conférence qui affichait complet.




la boite:1600147:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer