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Thomas Hellman chante Roland Giguère : rencontre avec un fantôme

Thomas Hellman (à gauche, en compagnie de Sage... (Photo: Ninon Pednault, La Presse)

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Thomas Hellman (à gauche, en compagnie de Sage Reynolds): «Mon but n'était pas de faire connaître Roland Giguère, mais si c'est ce qui arrive, tant mieux.»

Photo: Ninon Pednault, La Presse

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Josée Lapointe

Au tour de Thomas Hellman de mettre en musique un poète québécois. Dans un très beau livre-disque, il interprète avec sobriété et sensibilité 13 textes de Roland Giguère, entre l'ombre et la lumière.

Thomas Hellman en convient, il est un peu dépassé par l'ampleur de ce projet «qui l'a choisi». «C'est un mystère, dit l'auteur-compositeur-interprète. Je n'avais pas prévu passer une partie de mon année à travailler avec un poète que je n'ai pas connu... Il m'a accompagné en studio, je lisais ses textes, j'ai rencontré sa veuve, ses amis. Et tous ces gens réunis autour de moi pour faire ce disque, tout ça découle de ma rencontre avec un fantôme!»

Tout a commencé en janvier dernier lorsqu'il préparait un cabaret littéraire, dans lequel il a inclus des textes de Roland Giguère, qu'il venait de découvrir. Frappé et inspiré par la musicalité de cette poésie - «C'est la poésie que je préfère, celle que je peux lire à haute voix» -, il a ensuite mis en musique 13 titres tirés des recueils L'âge de la parole et Temps et lieux, réunis dans ce livre-disque qui met aussi en évidence l'oeuvre picturale du poète et graveur disparu en 2003.

Dans l'ombre de Miron

«Mon but n'était pas de faire connaître Roland Giguère mais si c'est ce qui arrive, tant mieux. C'est la magie de la musique.» D'autant plus que ce contemporain de Miron est resté dans l'ombre du poète national, alors que «sa proposition est importante parce qu'il est universel et intemporel», estime Thomas Hellman. «Son écriture est surréaliste et imagée. On pourrait croire que c'est désincarné, mais non. Il aborde des thèmes qui étaient d'actualité à son époque, et qui le seront d'une certaine manière toujours, comme l'exil, la quête existentielle, le mélange d'ombre et de lumière. On sent que son écriture est vraie, qu'il y a quelque chose de sincère.»

Roland Giguère est né à Montréal en 1929 et Thomas Hellman, qui est né 46 ans plus tard, le voit comme un contemporain absolu. Notre obsession du progrès, croit-il, nous fait penser que «tout ce qui est fait maintenant est meilleur qu'hier, et ce qui sera fait demain sera meilleur qu'aujourd'hui». Mais la pertinence n'est pas que l'apanage des artistes de notre époque, juge-t-il. «Et il n'y a rien de plus cool qu'une oeuvre d'art issue d'une collaboration entre les générations.»

Sans reprise ni retouche

Si l'écriture du poète risque de l'influencer, cette rencontre avec Roland Giguère lui aura aussi permis de se «libérer» musicalement en allant vers davantage de simplicité. Le chanteur franco-américain y est allé à fond dans la musique fondatrice nord-américaine, du blues et du folk dépouillés inspirés des chanteurs des années 30, Woody Guthrie, Jimmie Rodgers, Leadbelly... «J'écoute les pionniers du folk et je me dis que ça aussi, c'est intemporel. J'ai grandi avec cette musique et c'est elle qui me vient naturellement.»

Dans cet esprit, l'enregistrement du disque - qu'il a réalisé seul - s'est fait de manière très «old school», dans son studio situé dans une ancienne maison de chambres, en haut du Lion d'or. «Ce que vous entendez, c'est exactement ce qu'on a joué ce jour-là, en band, sans reprise ni retouche.» Résultat: le chanteur est parfois au bout de sa voix et de son souffle, laissant transparaître une fragilité qu'on n'entend pas souvent dans les produits léchés d'aujourd'hui. «À force de tout retravailler et d'enlever les défauts, on perd cette fragilité et ces petites failles. Comme dit Leonard Cohen, There is a crack in everything, That's how the light gets in. Une faille par laquelle la lumière entre.»

Le disque n'est plus entre ses mains, et s'il a l'intention de présenter encore des spectacles qui en sont inspirés, il lui souhaite «bon voyage». «Il ne m'appartient plus. J'ai l'impression que j'ai été un véhicule plus qu'autre chose.»

Musique et poésie

Quelques disques sur lesquels musique et poésie font bon ménage.

> Je marche à toi et Parle-moi, de Chloé Sainte-Marie, qui chante Miron, Desbiens, Bacon, Giguère

> Douze hommes rapaillés, volume 1 et 2, textes de Gaston Miron

> À genoux dans le désir, de Yann Perrault, textes de Claude Péloquin

> Musique sur Saint-Denys Garneau, de Villeray

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