Maria Schneider à l'U de M

«Le niveau étudiant est élevé de nos jours,... (Photo fournie par la production)

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«Le niveau étudiant est élevé de nos jours, pour ne pas dire très élevé. Je suis sans cesse éblouie par ce niveau atteint par les jeunes aujourd'hui», note Maria Schneider.

Photo fournie par la production

En transmettant son savoir dans les institutions d'enseignement, Maria Schneider fait aussi en sorte que sa superbe musique pour grand orchestre puisse être relayée par la génération montante. Ainsi, la compositrice, arrangeure et chef d'orchestre voyage plus léger lorsqu'elle dirige le Big Band... de la faculté de Musique de l'Université de Montréal.

Sous la direction du trompettiste Ron Di Lauro, le grand ensemble répète intensivement le répertoire suivant de la musicienne new-yorkaise à qui l'on doit l'évolution du langage orchestral pour les grandes formations de jazz : les pièces Evanescence, Gumba Blue, Choro Dançado (premier mouvement de Three Romances), Thompson Fields, ainsi que Buleria, Soleá y Rumba seront interprétées jeudi prochain à la salle Claude-Champagne.

Maria Schneider aura d'ores et déjà dirigé les dernières répétitions du big band de l'U de M.

Plus précisément, elle arrivera à Montréal mardi matin. Ce soir-là, elle donnera un cours de maître en écriture, arrangement et composition. Mercredi, elle donnera un autre cours de maître en écriture, après lequel elle dirigera une répétition publique avec le big band à la salle Claude-Champagne, là même où la représentation finale aura lieu le lendemain jeudi.

« Je suis déjà venue à McGill il y a plusieurs années, je me souviens du niveau élevé de cette institution d'enseignement, et je veux bien croire que le niveau soit aussi élevé dans les autres facultés de musiques des universités montréalaises », amorce Maria Schneider au bout du fil.

On sait également que son grand orchestre s'est produit en 2010 dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal. La voilà de retour en tant que professeure invitée.

« Faute de temps, regrette-t-elle néanmoins, nous ne pourrons mettre en valeur tous les étudiants du big band en tant que solistes. Je dois discuter avec Ron di Lauro pour déterminer lesquels d'entre eux seront choisis. Je souhaite néanmoins que cette clientèle estudiantine puisse apprécier cet échantillonnage de mon répertoire. Ainsi, nous avons choisi un programme varié.

« Le professeur titulaire aura fait répéter le big band du mieux qu'il a pu le faire avant mon arrivée à Montréal. Chaque étudiant impliqué devra alors connaître les notes, les rythmes, l'esprit et la manière de jouer ces partitions. Je pourrai ensuite leur communiquer mes concepts ayant trait à la musique pour grand ensemble. Par exemple, je tenterai de leur expliquer comment tirer le maximum d'une pièce, que l'interprétation soit au service de la musique si vous voyez ce que je veux dire. »

Dans cette optique, Maria Schneider croit au raffinement et à la sensibilité de l'interprétation dans le cadre d'un grand ensemble de jazz.

« Au siècle précédent, fait-elle observer, le big band a été créé pour la puissance, le rythme, l'intensité, mais peu de compositeurs l'ont utilisé pour une expression je dirais plus subtile.»

Assistante du grand Gil Evans au début de sa carrière, Maria Schneider a créé une oeuvre où le big band se rapproche parfois des orchestres de chambre de tradition classique, sans renier ses racines jazzistiques.

Depuis les années 90, on a considéré sa musique et ses arrangements comme faisant partie des forces du renouvellement. Aujourd'hui, cette visionnaire du big band moderne ne fait certes plus partie de la relève et son grand orchestre jouit d'une renommée internationale. Inutile s'ajouter que sa musique est prisée dans la plupart des facultés de musiques ouvertes à la chose jazzistique.

« Avec les étudiants, les résultats peuvent être très satisfaisants. Oui, le niveau étudiant est élevé de nos jours, pour ne pas dire très élevé. Je suis sans cesse éblouie par ce niveau atteint par les jeunes aujourd'hui. J'arrive à peine d'une université à Boulder, Colorado; avec ma musique, ce que les étudiants y ont accompli entre la première répétition et le concert m'a semblé fabuleux!  Le professeur responsable en pleurait de joie. »

Et la vie d'artiste? En pause prolongée, le grand orchestre de Maria Schneider devrait reprendre du service... lorsque les oeuvres de la musicienne pour musique de chambre seront enregistrées, c'est-à-dire dans quelques mois et rendues publiques sur le label Artist Share -  une pièce impliquant la soprano américaine Dawn Upshaw et le St-Paul Chamber Orchestra, ainsi qu'une autre pour l'Australian Chamber Orchestra.

« Je reviendrai ensuite à mon big band, promet Maria Schneider. J'aime tant cette expression! »

Le Big Band de l'Université de Montréal jouera la musique de Maria Schneider, jeudi soir prochain, 19h30.




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