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Mahomet en une de Charlie Hebdo proclame «Je suis Charlie»

Un mémorial a été érigé près des locaux... (Archives AFP)

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Un mémorial a été érigé près des locaux de Charlie Hebdo, à Paris.

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Attentats à Paris

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Attentats à Paris

Le siège parisien du journal satirique français «Charlie Hebdo» a été la cible d'un attentat terroriste sanglant ayant coûté la vie à au moins 12 personnes dont son directeur de rédaction et dessinateur emblématique Charb et ses trois autres caricaturistes vedettes: Cabu, Wolinski et Tignous. Le pire attentat en sol français depuis 50 ans. Cet attentat a été suivi par deux attaques qui seraient vraisemblablement liées au carnage chez «Charlie Hebdo». »

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Baptiste PACE, Fabrice RANDOUX
Agence France-Presse
Paris

Le journal satirique Charlie Hebdo, décimé par un attentat islamiste pour avoir publié des dessins de Mahomet, persiste et signe en Une de son prochain numéro de mercredi en lui faisant proclamer: «Je suis Charlie».

La nouvelle Une de Charlie Hebdo est dévoilée alors que le gouvernement s'est attelé à renforcer la sécurité et préserver le fragile trésor de l'unité au lendemain de la marche historique contre le terrorisme qui a réuni près de 4 millions de personnes dans tout le pays.

Charlie Hebdo représente en couverture un prophète qui pleure, habillé de blanc, et tenant entre ses mains le slogan mondial des manifestants contre l'attentat.

«Tout est pardonné» 

Au-dessus du dessin, le journal titre «Tout est pardonné», un dessin signé Luz obtenu par l'AFP lundi soir.

Ce numéro dit «des survivants» -- Luz est l'un des rescapés de la fusillade de mercredi -- sera tiré à trois millions d'exemplaires, contre 60 000 habituellement, et vendu dans 25 pays.

La marche en soutien à Charlie Hebdo a constitué une «réponse inouïe, extraordinaire» aux attentats qui ont fait 17 morts, a salué lundi Manuel Valls tandis que l'exécutif annonçait de premières mesures de protection, notamment à destination de la communauté juive.

Ardente obligation pour le gouvernement: éviter de nouvelles tragédies comme celles qui ont coûté la vie à 12 personnes mercredi à Charlie Hebdo, une policière le lendemain à Montrouge et 4 personnes de confession juive dans une épicerie casher vendredi porte de Vincennes.

Les 717 écoles et lieux de culte juifs de France ont été protégés, dès ce lundi, par 4.700 policiers et gendarmes supplémentaires.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a fait cette annonce devant des parents d'élèves de l'école juive Yaguel Yaacov de Montrouge (Hauts-de-Seine).

C'est près de cet établissement qu'a été tuée une jeune policière jeudi, attaque revendiquée par le djihadiste Amédy Coulibaly, auteur ensuite de la prise d'otages sanglante à l'Hyper Cacher.

En outre l'armée va déployer des moyens sans précédent pour assurer la sécurité du territoire. Le nombre de militaires, qui était de 2000 dimanche soir sur le terrain, passera ainsi à 5400 lundi soir, 8500 mardi et 10 500 mercredi.

Ces renforts iront aussi à la protection des lieux de culte musulmans, a-t-on indiqué Place Beauvau en début de soirée, après l'annonce que plus d'une cinquantaine d'actes antimusulmans ont été relevés depuis l'attentat djihadiste contre Charlie Hebdo mercredi. «Du jamais vu» selon l'Observatoire contre l'islamophobie au Conseil français du culte musulman (CFCM).

Sur le plan législatif, le gouvernement, qui a déjà adopté deux lois antiterroristes en deux ans, a formulé quelques pistes. Manuel Valls a ainsi déjà annoncé vouloir améliorer le «renseignement» en milieu carcéral et «généraliser» l'isolement en prison «des détenus islamistes radicaux».

Autres chantiers que pourrait évoquer Manuel Valls mardi à l'Assemblée: «améliorer» le système des écoutes administratives et judiciaires. Hasard du travail parlementaire, le gouvernement a déjà un «véhicule» législatif à l'approche à travers une loi sur le renseignement en préparation.

De son côté, Nicolas Sarkozy, président de l'UMP, a préconisé lundi des mesures d'interdiction de territoire de Français de retour de jihad en Syrie ou encore l'«encellulement individuel» des djihadistes.

Amédy Coulibaly et Chérif Kouachi, l'un des deux frères auteurs de l'attentat contre Charlie Hebdo, étaient passés par la prison avant leurs attaques mortelles.

Le premier, a dit M. Valls sur BFMTV et RMC, avait «sans doute un complice», la traque «se poursuit», a-t-il ajouté. Quelque 1400 djihadistes français ou résidents en France sont «concernés» par des départs pour combattre en Syrie et en Irak et 70 y sont morts, a-t-il précisé.

«L'esprit du 11 janvier» 

Le consensus émotionnel autour des 17 morts devrait se prolonger par plusieurs cérémonies.

François Hollande présidera un hommage solennel aux trois policiers tués mardi à 11H00 à la préfecture de police de Paris. Il y aura aussi cette semaine un hommage aux Invalides à l'ensemble des victimes des attentats de la semaine dernière.

Une séance spéciale aura lieu mardi à l'Assemblée pour un hommage qui remplacera les souvent batailleuses questions au gouvernement.

Dans les prises de parole lundi affleurait le désir de préserver l'unité qui a fait du 11 janvier un jour historique.

L'ancien Premier ministre Alain Juppé a ainsi salué le «sang-froid et la détermination» de l'exécutif dans la gestion de la crise alors que Nicolas Sarkozy a estimé que François Hollande «a fait ce qu'il devait faire».

Le Parlement va tirer les leçons des attentats de la semaine dernière pour renforcer la lutte contre le terrorisme, vraisemblablement à travers la constitution d'une commission d'enquête, selon des sources concordantes.

Nicolas Sarkozy, interrogé sur l'association ou non du FN à ces réflexions, a appelé à  n'exclure personne.

Ce qui n'a pas empêché Marine Le Pen de juger que sa proposition de commission commune n'était pas une réponse à la hauteur.

Manuel Valls a appelé «chacun» à ne pas «laisser retomber l'esprit du 11 janvier», notamment à l'école où des minutes de silence ont parfois été perturbées jeudi.

La ministre de l'Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem a ainsi consulté lundi les syndicats de l'éducation et les fédérations de parents sur les valeurs de la République.

Une enquête a été aussi ouverte lundi pour apologie du terrorisme à l'encontre du polémiste Dieudonné, qui a écrit dimanche sur sa page Facebook: «Je me sens Charlie Coulibaly.»

«Il ne faut pas confondre la liberté d'opinion avec l'antisémitisme, le racisme, le négationnisme», a insisté Manuel Valls. Et l'actionnaire de plusieurs Zenith a donné instruction à ses équipes de «ne pas programmer le spectacle de Dieudonné».

La mobilisation populaire suscitée par les attentats a été inédite par sa dimension planétaire et les images stupéfiantes qu'elle a donnée dimanche de dirigeants étrangers défilant sur la même ligne, dont le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et le président palestinien Mahmoud Abbas.

M. Nétanyahou s'est recueilli lundi matin sur les lieux de la prise d'otages du supermarché casher, allumant une bougie à la mémoire des victimes.

Et la Maison-Blanche a même regretté publiquement de ne pas avoir envoyé un responsable de premier plan à la «marche républicaine».

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