Décès de l'écrivaine britannique P.D. James

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P.D. James à sa demeure de Londres en janvier 2001.

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Agence France-Presse
Londres

La doyenne du roman policier britannique, P.D. James est morte jeudi à l'âge de 94 ans, léguant une oeuvre riche de vingt romans et un personnage, Adam Dalgliesh, l'inspecteur-poète de Scotland Yard.

Sa maison d'édition Faber & Faber a relayé un message de la famille annonçant que P.D. James était «morte paisiblement à son domicile à Oxford dans la matinée du 27 novembre 2014».

Les hommages ont aussitôt afflué, du monde littéraire et d'ailleurs, à l'image de ce tweet du Premier ministre David Cameron célébrant une auteure qui aura «enchanté et inspiré des générations de lecteurs».

«RIP (Repose en paix: NDLR) P.D. James et merci pour m'avoir encouragé quand j'ai commencé», a réagi des États-Unis la grande prêtresse du roman policier américain, Patricia Cornwell.

Née le 3 août 1920 à Oxford, Phyllis Dorothy James a dû quitter l'école dès l'âge de 16 ans pour s'occuper de son jeune frère et de sa soeur.

Mariée en 1941 à un étudiant en médecine, elle le voit partir à la guerre. Le conflit le traumatise au point qu'il ne parvint jamais à mener une vie normale, de sorte que P.D. James élève seule ses deux filles.

Pour subvenir aux besoins de sa famille, elle travaille pendant trois décennies dans la fonction publique, d'abord dans le système de santé NHS, puis dans les départements crime et police scientifique du ministère de l'Intérieur.

«Le vendredi j'étais millionnaire»

Elle a beaucoup puisé dans ces expériences pour nourrir son oeuvre, même si elle a toujours regretté d'avoir attendu la quarantaine avant d'écrire son premier roman.

Publié en 1962, À visage couvert rencontre rapidement un succès d'estime. Son personnage principal, le détective Dalgliesh réunit, selon elle, «toutes les qualités que j'admire chez un homme - la sensibilité, le courage et l'intelligence».

Mais ce n'est qu'à partir de son huitième roman, La meurtrière, en 1980, qu'elle accède à une popularité internationale. «Le lundi, la semaine commençait comme d'habitude. Le vendredi j'étais millionnaire», dira-t-elle.

Dès lors, son succès ne s'est plus jamais démenti jusqu'à son dernier livre, La mort s'invite à Pemberley, sorti en 2011.

«Grande admiratrice de Jane Austen, elle avait imaginé dans ce livre une suite à Orgueil et préjugés», a précisé son éditeur français, Fayard qui salue «son talent» et se «souviendra d'une personnalité chaleureuse et enthousiaste».

«La reine du crime», qui a vu son oeuvre adaptée à la télévision, traduite dans 29 langues, publiée dans 31 pays et vendue à des millions d'exemplaires, travaillait encore à l'automne dernier à un nouveau roman.

«Avec le grand âge, ça devient difficile. L'inspiration met plus de temps à venir, mais le truc quand vous êtes un écrivain c'est que vous avez besoin d'écrire», avait-elle alors expliqué à la BBC.

«Je pense que tant que je suis en vie, je dois écrire. Il y aura un moment pour arrêter mais ce sera probablement quand, pour moi aussi, ce sera fini», avait-elle conclu.

Lauréate de nombreux prix dans plusieurs pays, elle a été distinguée par la reine d'Angleterre en 1983 et a reçu le titre de baronne en 1991.

Elle a également affirmé l'année dernière avoir «la conviction absolue» d'avoir résolu un véritable crime, celui du meurtre en 1931 de Julia Wallace à Liverpool, dont elle avait tiré le roman L'île des morts en 1982.

Avec son écriture élégante et raffinée, son vocabulaire choisi et ses intrigues particulièrement bien documentées, elle s'est battue toute sa vie contre l'idée que le roman policier puisse être considéré comme un genre mineur.

Ce qui ne l'empêchait pas d'utiliser un style direct et une narration parfois moins consensuelle que celle de ses pairs, Arthur Conan Doyle ou Agatha Christie, avec des meurtres souvent brutaux et des méchants pas toujours punis.

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