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L'«effet Tintin» se fera-t-il sentir en librairies au Québec?

Les produits dérivés de séries télévisées et de longs métrages  connaissent... (Photo fournie par Paramount Pictures)

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Photo fournie par Paramount Pictures

Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Montréal

Les produits dérivés de séries télévisées et de longs métrages connaissent parfois des succès commerciaux éphémères. Aux éditions Casterman, où les ventes mensuelles des albums de Tintin ont doublé depuis que le film Les aventures de Tintin: Le secret de la Licorne a pris l'affiche en Europe le 26 octobre, on espère que le succès du long métrage signé Steven Spielberg se poursuivra au Québec, mais surtout que l'on parviendra à fidéliser une nouvelle clientèle de lecteurs âgés de 7 à 77 ans.

«Sur un mois normal de fin d'année, on vend environ 100 000 albums, et là, nous sommes montés à 200 000 en octobre. Et à priori, on devrait doubler également les ventes de novembre», estime le directeur commercial de la maison d'édition d'origine belge, Simon Casterman.

En prévision de la sortie québécoise du film, le 9 décembre, la maison d'édition Flammarion, qui publie les albums du reporter à la houppette blonde au Québec, fera paraître les mêmes ouvrages qu'en Europe: un album double réunissant Le secret de la Licorne et Le trésor de Rackham le Rouge, ainsi qu'un roman et un album inspirés du long métrage.

Simon Casterman, qui est de passage à Montréal cette semaine, affirme qu'aucun objectif précis n'a été fixé pour le Québec. «J'ai des attentes sur tous les marchés où nous sommes présents, mais peut-être une attente plus particulière pour le marché québécois, parce que je pense que les relations entre Tintin et le Québec ont toujours été fortes», expose-t-il.

Le responsable des éditions Flammarion, Alain-Napoléon Moffat, estime que si les ventes des albums de Tintin ont doublé en Europe, le scénario devrait être le même au Québec, où il se vend actuellement environ 4000 exemplaires par mois.

Le scénario est tout à fait plausible aux yeux de Johanne Brunet, professeure de marketing à HEC Montréal.

«Je pense que ça va faire la même chose qu'en Europe, prédit-elle. Tintin est déjà une marque très forte et jouit d'une bonne perception. En plus, le réalisateur Steven Spielberg a lui aussi une marque très forte, parce que les individus aussi sont des marques.»

Ainsi, selon Mme Brunet, «l'engouement va être très, très fort», surtout que le bouche-à-oreille concernant l'accueil positif qu'a reçu le film en Europe est déjà commencé.

Un phénomène «atypique» ?

Chez Casterman, si on ignore combien de temps l'embellie des ventes de livres durera, on espère évidemment que l'engouement sera de longue durée.

«En général, l'effet d'un film sur les ventes d'albums est très court. Mais ce cas-ci est complètement atypique, dans la mesure où il y a non seulement une notoriété précédente de l'univers d'Hergé qui existe, mais en plus, c'est un film créé par deux grands cinéastes», fait remarquer Simon Casterman.

 L'auteur de l'ouvrage documentaire Tintin et le Québec, Tristan Demers, est quant à lui persuadé que la sortie du film réalisé par Steven Spielberg et produit par Peter Jackson (Le seigneur des anneaux) ravivera la flamme. Déjà, l'auteur et bédéiste dit ressentir l'«effet Tintin» puisque les libraires ont déjà passé des commandes supplémentaires de son livre, dont les droits ont d'ailleurs été achetés en vue de la production d'un documentaire télévisé.

Environ 50 000 albums de Tintin se vendent chaque année au Québec, confirment les éditions Flammarion. Un score respectable considérant que le dernier album, Tintin et les Picaros, est paru il y a déjà 35 ans.

Entre 4000 et 5000 nouveaux titres de bandes dessinées francophones sont publiés chaque année, selon Tristan Demers. Tintin est donc une goutte d'eau dans cet océan à l'heure actuelle.

«Là, avec le film, ça va relancer la série auprès des plus jeunes. L'avenir nous dira si ça aura été un feu de paille ou non, mais pour l'instant, je pense qu'on vient redynamiser un classique qui était non pas oublié, mais disons endormi», lance Tristan Demers.

Et ce qui est intéressant par-dessus tout, poursuit-il, c'est que la sortie de ce film contribuera à remettre les albums de Tintin entre les mains de leurs destinataires légitimes - les enfants.

«Avec les années, on en avait fait un produit un peu élitiste. On en a fait un grand classique, on l'étudie de tous bords tous côtés dans les universités. Mais dans le fond, l'objectif d'Hergé, c'était de raconter des histoires aux enfants», plaide-t-il.

Les deux albums et le roman qui paraîtront chez Flammarion dans la foulée du lancement du film Les aventures de Tintin: Le secret de la Licorne seront disponibles en librairie le 24 novembre.

Quant au long métrage, il sera présenté en première québécoise le 3 décembre avant de prendre l'affiche dans l'ensemble des salles de cinéma du Québec le vendredi 9. L'acteur britannique qui prête ses traits à Tintin, Jamie Bell, sera de passage à Montréal pour l'occasion, a confirmé jeudi le studio Paramount.

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