Antibalas: aussi à l'épreuve de la pluie

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Antibalas

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On aurait pu présumer que la pluie aurait eu raison d'Antibalas, qui a tiré mauvais billet de loterie météo vendredi soir. Étonnamment, des milliers de fans étaient présents avec leurs imperméables et leurs parapluies. Joyeusement, il sont montés dans le vaisseau amiral de l'afrobeat nord-américain pour une croisière somme toute très agréable. Accosté au Village des Nuits d'Afrique, le navire nous a menés là où le groove le plus raffiné doit nous mener.

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Chico Trujillo

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Christy Campbell, dit Admiral T... (Photo Guy Labissonnière pour Les Nuits d'Afrique) - image 1.1

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Christy Campbell, dit Admiral T

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La qualité des arrangements, la diversité des propositions rythmiques, la profondeur orchestrale, l'intensité de l'exécution et l'ambiance de fête catalysée par le chanteur anglo-nigerian Duke Amayo, voilà autant d'arguments pour justifier la pérennité d'Antibalas.

D'entrée de jeu, on pourrait reprocher au saxophoniste Martin Pernas, fondateur et leader de la formation, et à ses onze acolytes de rester trop collés sur le vieux son de Fela Kuti et autres formations afrobeat du Nigeria, mais... une écoute plus attentive infirme cette perception. Assez rapidement,  on découvre les réformes progressives d'Antibalas, échelonnées sur 17 ans de pratique.

Ce groove tropical est bel et bien un genre à part entière comme le sont la soul ou le funk. Qui plus est, un spectacle d'Antibalas permet de comprendre pourquoi ce combo séduit tant les musiciens éduqués, le public amateur de jazz ou quiconque aime le groove. À l'épreuve des balles comme son nom l'indique,  aussi à l'épreuve du temps... et de la pluie.

Admiral T étend son empire

Jeudi soir, la température était plus clémente et le Parterre du Quartier des spectacles était beaucoup densément peuplé. La communauté martiniquaise/guadeloupéenne n'est peut-être pas considérable à Montréal, ce qui ne l'a pas empêché de faire un triomphe à sa plus grande star des dernières années : Christy Campbell, dit Admiral T.

Depuis l'an dernier, le chanteur et rapper a accepté de repartir à zéro, humblement, à la conquête d'un public montréalais qui ne le connaissait pas ou si peu - sauf nos immigrants antillais il va sans dire. En juillet 2014, il avait servi sa médecine à ses fans au National. Jeudi,  il en a remis une couche très épaisse afin d'étendre son empire.

Sorte de Diable de Tasmanie sur scène, le mec se démène pas à peu près. Son dancehall créole se déploie en symbiose avec une solide section rythmique et une orchestration forte en claviers - donc proche de la soul afro-américaine actuelle. Entre ces éruptions, cependant, les intermèdes ballades du chanteur peuvent paraître un tantinet étranges, trop contrastées... Question de culture, car elles semblent frapper dans le mille si l'on s'en tient aux réactions de son public. Plus conquis que ça...

Juste avant cette tempête orchestrée par Admiral T, on a eu droit à un spectacle dynamique de La Chiva Gantiva, formation belge dont le noyau est colombien et dont les affinités musicales sont multiples : cumbia, champeta, chirima, mapalé, mais aussi plusieurs genres non colombiens, c'est-à-dire rock, afrobeat, soul/R&B. Exécution dans la ferveur et le plaisir, instrumentation construite autour d'une percussionniste (Natalia Gantiva) ainsi que d'un frontman de talent (Rafael Espinel). Voilà un métissage typique des grandes villes occidentales, foyer créatif de musiques transculturelles à l'image des métissages urbains qui s'y vivent quotidiennement.

Le Chili et la France présents

Mercredi soir, des auditoires d'origines française et chilienne ont tour à tour célébré des formations bien ancrées leur paysage culturel respectif : La Rue Ketanou, un classique du folk cosmopolite hexagonal (tzigane, reggae, chanson française, etc.), théâtralisé, socialement engagé et... de très bonne humeur! Certains auraient pu tergiverser sur la pertinence d'une telle invitation aux Nuits d'Afrique, mais l'heure n'était pas à la tergiversation.

La table était plutôt dressée pour l'arrivée du groupe chilien Chico Trujillo, formation conçue pour la fête, pour l'autodérision, le lâcher-prise. Le style central est la cumbia, cuivres, anches et percussions à l'appui, mais les cordes électriques confèrent à ce groupe chilien une attitude rock. Rien de très complexe au programme, party bien orchestré et sans prétention. Inutile d'ajouter que d'autres prestations festives sont attendues aux 29es Nuits d'Afrique ce samedi et dimanche, pour la clôture du festival.

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