La place des Festivals a cinq ans

La place des Festivals a rempli sa mission... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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La place des Festivals a rempli sa mission première, qui était d'assurer l'avenir des grands festivals montréalais - Jazz, Francos, Juste pour rire, Montréal en lumière.

Photo Bernard Brault, La Presse

Mario Cloutier

La place des Festivals a cinq ans, mais le Quartier des spectacles reste un immense chantier à ciel ouvert démontrant plus que jamais la vitalité culturelle de Montréal. Les regards se portent désormais vers la revitalisation du Quartier latin et un projet estimé à 50 millions de dollars.

La place des Festivals représente une belle réussite pour le Quartier des spectacles et la Ville de Montréal, mais le Partenariat qui en est responsable ne se repose pas sur ses lauriers. Faisant partie de ce kilomètre carré culturel, la rue Sainte-Catherine et le Quartier latin doivent aussi être relancés.

« Il y a une série de projets sur la table, explique le directeur général du Partenariat, Pierre Fortin. Il y a du travail à faire dans le parc Émilie-Gamelin et la rue Saint-Denis comme place publique. Nous avons présenté un projet avec l'UQAM pour la piétonnisation de la rue Sainte-Catherine [entre le boulevard Saint-Laurent et la rue Saint-Denis]. »

Le maire Denis Coderre est au fait de ces projets estimés à 50 millions de dollars qui ont été déposés au comité des legs du 375e anniversaire de Montréal auprès de l'arrondissement Ville-Marie.

Le maire, qui a le 375e bien en tête, dit avoir demandé aux fonctionnaires municipaux de « s'activer davantage » dans les dossiers du Quartier des spectacles : le carré Saint-Laurent Demi-Cadratin qui accueillerait le Centre d'histoire de Montréal, notamment Demi-Cadratin, l'esplanade Clark et le Quartier latin.

« Dès cet automne, a affirmé M. Coderre jeudi, on va être en mesure de prendre des décisions. [...] Ce n'est pas une blague : Montréal se fait belle. On assiste à la renaissance de Montréal. »

En été, la rue Sainte-Catherine pourrait devenir la chasse gardée des piétons depuis la rue De Bleury jusqu'à la rue Papineau. Le Programme particulier d'urbanisme (PPU) du Quartier des spectacles Demi-Cadratin pôle Quartier latin prévoit faire de la place Pasteur, face au clocher de l'UQAM, une esplanade. Les deux parvis de l'université, rue Sainte-Catherine, formeraient un autre espace public important. Un peu plus à l'est, la rue serait réaménagée conjointement avec la place Émilie-Gamelin.

« Personnellement, je trouve qu'on est rendus plus loin qu'on croyait l'être il y a cinq ans à pareille date », confie Pierre Fortin.

« On a expérimenté énormément depuis cinq ans avec la place des Festivals, poursuit le président du Partenariat, Jacques Primeau. Il commence à se dégager des directions qu'on sait porteuses pour l'avenir. On a créé une vie autour des salles. On s'en va dans la bonne direction. »

Place des Festivals

La place des Festivals a rempli sa mission première, qui était d'assurer l'avenir des grands festivals montréalais Demi-Cadratin Jazz, Francos, Juste pour rire, Montréal en lumière Demi-Cadratin au centre-ville. La place et les espaces voisins ont aussi souri à d'autres événements comme Nuits d'Afrique, Présence autochtone et Montréal complètement cirque.

« J'ai été impressionné par la présence de Montréal complètement cirque place Émilie-Gamelin, souligne M. Primeau. Tout s'est très bien passé. On l'a vu aussi avec la cohabitation de Nuits d'Afrique et de Juste pour rire cet été. C'est ça, le Quartier des spectacles : des festivals qui cohabitent sans problème. »

Même si le Quartier latin est au coeur des nouvelles préoccupations du Partenariat, le pôle Place des Arts est inachevé, notamment avec le Carré Saint-Laurent, appartenant au Technopôle Angus, et l'esplanade Clark, où une patinoire serait installée.

« On est sur le point d'aboutir dans ce projet-là, confirme Jacques Primeau. Il reste des questions à régler comme la présence d'un stationnement souterrain sous la patinoire. »

Volonté politique

Les réponses aux questions sur les projets à venir viendront donc de l'Hôtel de Ville. Du côté du privé, tous les espoirs sont permis. On retrouve 30 % de résidants de plus qu'il y a cinq ans avec les projets de condos du Quartier des spectacles.

Le Partenariat a également pu s'installer récemment sur le toit d'un édifice privé parce que le propriétaire a compris que l'intervention « revalorisait » l'édifice et le secteur.

« C'est la première fois qu'on faisait affaire avec un privé. Il y a des projets pour l'ensemble des îlots toujours en friche. Ce qui n'était pas le cas il y a cinq ans. Le fait que l'École de la mode s'installe angle Sainte-Catherine et Sanguinet est un bon signal. L'ouverture de restaurants est un autre signal », soutient Pierre Fortin.

La valeur du Quartier des spectacles croît, mais est-ce qu'on pourra y faire revenir des artistes ?

« C'est un défi sérieux, admet M. Primeau. On garde le cap sur le développement urbain, mais les pouvoirs publics devront être davantage conscients du fait que la valeur se mesure à la vitalité culturelle, c'est-à-dire la création et la diffusion. »

Le Partenariat continuera de faire pression, mais, devant les progrès déjà réalisés, Jacques Primeau se dit optimiste.

« Durant la campagne électorale, le maire a promis de finir le Quartier des spectacles. Alors, jusqu'à nouvel ordre, tout va bien », conclut-il.

Le Quartier des spectacles réinventé

Les Escales improbables proposent une «visite imaginaire» du Quartier des spectacles. Avec un téléphone intelligent ou une tablette électronique, les participants peuvent voir apparaître un ascenseur, de la verdure et une ferme dans ce secteur voué au divertissement.

Le Quartier des spectacles inspire des milliers d'artistes depuis l'inauguration de la place des Festivals, il y a cinq ans. Mais personne n'avait jusqu'ici redessiné ce secteur, qui n'a d'ailleurs pas fini de se transformer.

Ce projet artistique est une production des Escales improbables de Montréal en partenariat avec le Quartier des spectacles. Le duo d'artistes André Éric Létourneau et Claire Dehove - réuni sous le nom de Ministère des affaires et patentes humaines, animales, végétales et élémentaires (MAPHAVE) - a demandé à neuf résidants, travailleurs ou utilisateurs du Quartier des spectacles d'imaginer de nouvelles fonctions à ce secteur central dans la revitalisation de Montréal.

Les neuf propositions ont fait l'objet d'une application téléchargeable gratuitement qu'on peut visionner sur les lieux avec un téléphone intelligent ou une tablette numérique.

En se positionnant sur les neuf points géolocalisés, les visiteurs ont droit à une réalité augmentée. Des éléments textuels et graphiques (simulés en 2D) circulent en mode aléatoire devant l'image panoramique en coexistence avec des sons.

«Il s'agissait de voir le Quartier avec un clin d'oeil au futur. C'est une nouvelle façon de regarder la ville», explique André Éric Létourneau.

Un sans-abri, Mario, a imaginé une tente dépliable en 30 secondes, intitulée Siège social, qui serait installée tout près des quartiers généraux de SNC-Lavalin. Une résidante, Renée, a, pour sa part eu l'idée d'une ferme sur l'îlot Clark, tandis qu'un étudiant, Guillaume, estime que la station de métro Saint-Laurent pourrait devenir un îlot de verdure.

Les six autres projets comprennent, entre autres, un gazebo, un espace intercommunautaire et un ascenseur pour les étoiles. Beaucoup d'imagination dans un Quartier qui n'en manque pourtant pas.

Le MAPHAVE est installé dans le Quartier des spectacles jusqu'au 10 octobre. Des visites guidées auront lieu les 18 et 25 septembre.

Info: systememinuit.com/maphave

Un laboratoire numérique unique à Montréal

L'une des plus grandes réalisations du Partenariat du Quartier des spectacles en cinq ans aura été de brancher ce territoire d'un kilomètre carré. Excellent exemple de ce que peut être Montréal comme «ville intelligente», le laboratoire numérique est un terrain de jeu où les créateurs peuvent s'éclater en format géant sur les murs et dans les places publiques, au grand plaisir des yeux et des oreilles des visiteurs. «On se retrouve avec un réseau de fibre optique unique, appartenant à la ville, avec lequel nous pouvons faire ce que personne n'arrive à faire ailleurs», indique Pierre Fortin, DG du Quartier des spectacles.

EN CHIFFRES 

  • 8 places reliées électroniquement
  • 980 points rouges
  • 34 lieux culturels bénéficiant d'une mise en lumière
  • 85 entreprises et créateurs s'intéressent au laboratoire dans le but d'animer 125 projets de Quartiers des spectacles en cours sur la planète
  • Des dizaines de créateurs montréalais ont déjà utilisé le labo, dont le collectif Champagne Club Sandwich avec Trouve Bob, présenté bientôt à Moscou




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