Vue sur la relève: entrez dans la pépinière!

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LaboKracboom

Photo fournie par festival Vue sur la relève

L'arrivée du printemps annonce depuis 17 ans l'éclosion de talents artistiques qui germent parfois pendant des années avant de fouler nos scènes. Festival de découvertes en théâtre, en danse et en musique, Vue sur la relève nous propose cette année 45 spectacles présentés un peu partout dans la métropole du 4 au 21 avril. La Presse s'est entretenue avec trois artistes originaux. Mais n'hésitez pas à vous intéresser à tous les autres! En consultant la programmation complète: www.vuesurlareleve.com

LaboKracboom: le cirque au service du théâtre

LaboKracboom est un collectif formé en 2006 par quatre artistes dans la jeune trentaine: Bruno Gagnon, Simon Durocher-Gosselin, Élise Legrand et Cyril Asiathiany. «Notre collectif est né avec la présentation de LaboKracboom, explique Bruno Gagnon, qui vient du milieu de la danse contemporaine. Il s'agissait d'un spectacle de rue qui mêlait théâtre, danse et cirque.»

Le spectacle en salle qui sera présenté à Vue sur la relève (Les chroniques du laboratoire UniK) est une adaptation de cette pièce qui a été présentée dans plusieurs festivals. On y voit des numéros de jonglerie et de manipulation, mais ce spectacle sans paroles est une belle démonstration d'art clownesque. On se trouve dans le laboratoire du Dr Rabotnik, un savant fou qui multiplie les expériences dans le but de donner vie à des créatures style Frankenstein.

«C'est un spectacle qui mêle humour noir, magie et théâtre, explique Bruno Gagnon. Le personnage du scientifique interagit avec le public pour recueillir des organes qui lui seront utiles pour ses créations.»

Univers évoquant la bédé absurde, des fioles en forme de quilles permettent notamment aux interprètes de faire du cirque pour raconter leur histoire, disons-le, abracadabrante. Inspirés de formations comme Les nomades cubains et Les sages fous, le collectif sera notamment au Festival d'été de Québec. En attendant, et pour vraiment comprendre ce qu'ils font, il faut les voir dans leur laboratoire.

Le 11 avril au Cabaret du Mile-End.

Thierry Bruyère... (Photo fournie par festival Vue sur la relève) - image 2.0

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Thierry Bruyère

Photo fournie par festival Vue sur la relève

Thierry Bruyère: invitation à l'éveil

Il y a à peine trois ans, Thierry Bruyère rédigeait son mémoire de maîtrise en communication politique. Aujourd'hui, à 26 ans, il vient de faire paraître son premier album Le sommeil en continu, réalisé par Navet confit (Jean-Philippe Fréchette). Un disque folk-pop-rock entraînant qu'il compte défendre sur scène, avant de se remettre à l'écriture de nouvelles chansons.

Inspiré par la musique des groupes Indochine et The Cure, mais aussi de Neil Young, l'auteur-compositeur-interprète montréalais qui a déjà joué avec Polar Eyes, fait maintenant dans la chanson francophone. Pour sa deuxième présence à Vue sur la relève, il sera accompagné sur scène des musiciens Francis Do Monte (clavier), Marie-Hélène Coutu (basse), Mat Vezio (batterie) et Navet confit (guitare).

«J'ai toujours aimé le côté bédé d'Indochine, le rock anglosaxon et l'univers organique de Neil Young», précise Thierry Bruyère, dont la jeune carrière a commencé avec Ma première Place des Arts il y a deux ans.

Les textes de Thierry Bruyère, bien ancrés dans la vie urbaine, forment de petites histoires très personnelles. «Ce sont des histoires d'oubliés, dit-il. Des histoires qui s'éteindraient si on ne les racontait pas. Ce sont souvent des scènes de vie qui se passent la nuit.» Exemples: Sainte-Catherine (après la mort) parle de l'errance nocturne de deux amants. La chanson-titre, Le sommeil en continu, invite les gens à «sortir de leur salon», sorte de critique d'une société apathique. Bref, des textes engagés et intelligents portés par des musiques accrocheuses.

Le 4 avril au Rialto.

Maï(g)wenn et les orteils... (Photo fournie par festival Vue sur la relève) - image 3.0

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Maï(g)wenn et les orteils

Photo fournie par festival Vue sur la relève

Maï(g)wenn et les orteils: ode à la différence

Danseuse autodidacte, Maïgwenn Desbois a travaillé pendant une dizaine d'années avec Marie-Soleil Pilette et Lük Fleury, deux adeptes de gigue contemporaine.

Sa première création, Quasispace, a d'ailleurs été présentée en 2009 dans le cadre de la Biennale de gigue contemporaine à l'Espace Tangente.

Elle y dansait avec Anthony Dolbec, un jeune homme issu du Centre des arts Les muses, qui offre une formation professionnelle en théâtre et en danse à des jeunes handicapés.

C'est avec ce même Anthony, qui souffre du syndrome d'Asperger, mais aussi avec Gabrielle Marion Rivard, qui a le syndrome de Williams, qu'elle a créé Dans la tête l'an dernier.

«C'est de la gigue que nous dansons tous les trois avec des bottes d'armée, explique la jeune femme de 34 ans, qui enseigne aussi aux Muses. La pièce traite de nos difficultés d'adaptation. De notre anxiété et de nos craintes. Tout le monde vit ça, que l'on soit handicapé ou non.»

Dans la tête est un numéro cathartique qui nous donne à croire que les interprètes se libèrent de ces tensions en dansant. L'extrait de la pièce est magnifique.

«J'ai beaucoup aimé travailler avec ces deux interprètes, explique Maïgwenn Desbois. Parce que le handicap d'Anthony le rend très inhibé, tandis que celui de Gabrielle la rend hypersociable. Le résultat est intéressant.»

Sa prochaine création, Six pieds sur terre, sera également créée avec des artistes du Centre des arts Les muses. Un projet artistique percutant.

Le 14 avril au M.A.I.




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