35e salon du livre: humour, blues et bisbille

De gauche à droite, Philippe Béha, Gilda Routy... (Photo Édouard-Plante Fréchette, La Presse)

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De gauche à droite, Philippe Béha, Gilda Routy et Louis Émond.

Photo Édouard-Plante Fréchette, La Presse

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Salon du livre de Montréal 2012

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Salon du livre de Montréal 2012

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Daniel Lemay
La Presse

Le 35e Salon du livre de Montréal s'est ouvert hier dans l'humour, la musique et, rareté dans ce rendez-vous historique de la fraternité livresque, un brin de controverse.

Représentant les invités d'honneur européens, le romancier (et publicitaire) français Grégoire Delacourt a d'abord raconté, avec force expressions québécoises, comment ses tentatives de voyage chez nous avaient toujours avorté. De sa lune de miel avec une épouse qui avait peur de l'avion - l'affaire s'est consommée dans un «hôtel humide» de Lyon - à la fois que, presque embarqué, une autre affaire urgente l'avait retenu à Paris. Le futur auteur de La liste de mes envies devait venir tourner une pub de sudorifique en haut d'un gratte-ciel montréalais mais un autre est venu à sa place. «Là, je suis monté dans les rideaux!», a lancé L'écrivain de la famille.

D'autres - et on en a vus - auraient eu l'air de vouloir «jouer au smatte»; Grégoire Delacourt a juste exprimé avec beaucoup d'humour son plaisir d'être ici. Prédiction: les Montréalais vont vite ajouter à leur propre liste d'envies une rencontre avec M. Delacourt et, comme le souhaite son éditeur, ça va se garrocher au stand de JC Lattès toute la fin de semaine.

Comme chaque année, par ailleurs, la cérémonie d'ouverture a servi de cadre à la remise du Prix Marcel-Couture, du nom d'un ancien vp d'Hydro-Québec, ami des arts et des lettres qui a été président du Salon du livre pendant dix ans. Le jury a choisi Le monde de Théo, «une fable écologique pleine de lumière où la vie l'emporte sur la mort», un album jeunesse écrit par Louis Émond, illustré par Philippe Béha et publié chez Hurtubise.

Les autres finalistes à ce prix qui récompense un livre illustré remarquable par son originalité et son audace étaient Antoine Desilets photographe d'Antoine Desilets et Luc Desilets (Guy Saint-Jean éditeur); Lino d'Alain Lebrun et Marc H. Choko (Alto); Objets de référence - 122 témoins de l'Histoire du Musée de la Civilisation du Québec (Éditions de l'Homme); et Le Livre des lecteurs par un collectif dirigé par Georges S. Zimbel (Éditions du Passage).

Après les remerciements d'usage, Philippe Béha a repris le micro pour «donner une petite tape sur les doigts ou un coup de pied quelque part» à ce qu'il a d'abord appelé «les Éditions Renaud-Bray». «Je suis entré dans cette librairie pour voir les livres jeunesse, a dit l'illustrateur,  et j'ai vu un rack où il était écrit «Québec-Canada« avec quatre ou cinq livres d'ici, des livres de Toronto et pleins de Walt Disney...»

Or il se trouve que Blaise Renaud, le jeune et fougueux patron de la chaîne de librairies, était à l'arrière de la Grande Place, et peu content quand La Presse lui a demandé ses réactions. «C'est une attaque un peu pathétique, de la part d'un jaloux ou d'un frustré qui n'a pas trouvé son livre chez nous un dimanche matin. Je connais les chiffres de nos ventes jeunesse...»

Après la cérémonie, M. Renaud a voulu se faire présenter M. Béha, ce qui fut fait, et dignitaires, visiteurs et simples voyeurs ont pu assister, hors du cadre protocolaire, à un échange vigoureux entre ces deux membres de la belle grande chaîne du livre. «J'ai dit tout haut ce que plusieurs éditeurs jeunesse pensent tout bas», nous a pour sa part expliqué Philippe Béha, que plusieurs sont venus féliciter pour son «franc parler». D'autres exprimaient certaines craintes quant au placement stratégique des prochains albums de Philippe Béha dans les rayons de Renaud-Bray...

Plus tôt dans la journée, la Montréalaise Isabelle Gaul avait remporté pour son roman jeunesse Le yoga c'est pas zen le prix Cécile-Gagnon; on n'a rapporté aucun incident.

Autre beau moment de cette soirée d'ouverture historique: le coquetel des éditions de  La courte échelle où la pdg Hélène Derome avait embauché la moitié du quatuor Les mauvaises mines pour égayer l'événement.  Ainsi, pendant qu'auteurs et collaborateurs buvaient le verre de l'amitié, les guitaristes Alain Massicotte et Alain Reno jouaient un blues de la plus belle tenue, tant dans le jeu que dans la voix.

Le merveilleux de la chose, c'est que ces messieurs sont illustrateurs dans la vie de tous les jours : Massicotte en publicité, Reno dans le livre, à La courte échelle notamment où, avec Pascale Beaudet, ce double finaliste aux prix du Gouverneur Général travaille à la série Alice.

Quand nous sommes repassés, après la bisbille de la Grande Place, Alain Reno avait cédé sa place - et sa guitare - à l'illustrateur et graveur Daniel Sylvestre, l'un des noms de la nouvelle division La mèche où il vient de lancer Fous, folles, «exorcisme du sérieux et du rationnel». D'autres titres chauds de cette nouvelle maison qui veut concentrer son action dans «l'imaginaire nord-américain» et sur lesquels Mme Derome mise beaucoup : Et au pire, on se mariera de Sophie Bienvenu, un amie des pitbulls, et Terre de cons, un brûlot de Patrick Nicol écrit, nous dit son éditrice, «dans l'urgence du printemps étable». Apparence que M. Nicol a la mèche courte...

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