Décès de Chris Burden, apôtre du «body art»

Chris Burden en 2012 devant sa sculpture, Metropolis... (Photo: archives AP)

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Chris Burden en 2012 devant sa sculpture, Metropolis II, maquette délirante d'une mégalopole futuriste où les gratte-ciels sont sillonnés de voies rapides et d'échangeurs autoroutiers et par 1000 voitures miniatures.

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Agence France-Presse
Los Angeles

Le monde de l'art pleurait mardi Chris Burden, apôtre du «body art» et l'un des artistes américains les plus influents de la seconde moitié du XXe siècle, décédé dimanche à 69 ans à Los Angeles.

Burden, né à Boston mais ayant passé la majeure partie de sa vie à Los Angeles, est notamment connu pour s'être fait tirer dessus pour une vidéo, à 25 ans (Shoot, 1971), s'être fait enfoncer des clous dans les mains comme s'il était crucifié sur une voiture (Trans-Fixed, 1974), électrocuter (Doorway to Heaven, 1973), enfermer (Five Days Locker Piece, 1971), pour repousser les limites de ce que signifie une oeuvre d'art.

En se mettant en danger, il voulait sensibiliser le public concernant la société de consommation, la violence de la société moderne, la domination des institutions et de l'autorité.

Inspiration pour des générations de jeunes artistes, il faisait partie des fondateurs de la scène de l'art contemporain de Los Angeles, aux côtés de John Baldessari, James Turrell, Mike Kelley ou Barbara Kruger.

«C'est avec une grande tristesse que nous annonçons la mort de Chris Burden survenue dimanche à son domicile de Topanga Canyon, après une bataille contre le cancer», a indiqué le site de la galerie Gagosian, l'une des plus puissantes du monde de l'art. Elle lui consacre une rétrospective qui vient d'ouvrir dans son site parisien.

La galerie le décrit comme un artiste «radical, sans compromis, avec une conscience politique féroce».

«Nous sommes tristes d'apprendre le décès de Chris Burden, un artiste qui a laissé des empreintes indélébiles dans l'art dans le monde entier et ici à Los Angeles, à travers sa poursuite inlassable de l'innovation dans la performance, la sculpture, entre autres médias», a renchéri le musée du LACMA à Los Angeles, dans un communiqué affiché sur son site internet.

L'une des oeuvres les plus emblématiques de Burden se trouve à l'entrée de ce musée: Urban Light (2008), une installation de 202 lampadaires gris datant des années 1920 et 1930, l'âge d'or du vieil Hollywood.

Posés en rangées de plusieurs tailles différentes, il est devenu un endroit de rendez-vous, de «selfies», et une place publique d'interactions et de jeux, un peu comme les Colonnes de Daniel Buren au Palais-Royal à Paris.

L'oeuvre va rester allumée nuit et jour jusqu'à dimanche, en l'honneur de l'artiste, a précisé le LACMA.

Ce musée possède dans ses expositions permanentes une autre oeuvre monumentale de l'artiste, qui fascine autant les grands que les petits: Metropolis II, datant de 2010, maquette délirante d'une mégalopole futuriste où les gratte-ciels sont sillonnés de voies rapides et d'échangeurs autoroutiers et par 1000 voitures miniatures.

Au-delà de son bastion de la Cité des Anges, les oeuvres de Burden font partie des collections permanentes des musées du MoMA et du Whitney à New York, de la Tate Gallery de Londres, mais aussi de musées au Brésil, en Belgique, au Japon, etc.

Cet artiste très politique avait également conçu une installation d'uniformes de la police de Los Angeles en taille magnifiée, armes comprises, pour dénoncer les abus de pouvoir de l'autorité, une création qui résonne fortement à l'heure des violences policières contre les afro-américains notamment, dénoncées dans tous les États-Unis. Cette sculpture géante, LAPD Uniform, avait d'ailleurs été créée en 1993 après les émeutes de Los Angeles à la suite de l'affaire Rodney King.

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