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Le Canadien et les arts: inspirante sainte flanelle

Les Loco Locass interprètent la chanson Le but,... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Les Loco Locass interprètent la chanson Le but, un hymne au Canadien.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

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La fièvre des séries ne cesse de grimper sur le thermomètre de la partisanerie, alors que le Canadien affrontera ce soir le Lightning de Tampa Bay au Centre Bell pour le deuxième tour. Personne n'y échappe, pas même les artistes, qui célèbrent le CH depuis longtemps. Retour sur sept manifestations artistiques d'un phénomène sportif.

1. BLEU BLANC ROUGE

Le peintre Serge Lemoyne sera pour toujours associé à la sainte Flanelle en raison de sa période «bleu-blanc-rouge», série emblématique d'oeuvres consacrées aux couleurs du CH, dont le tableau le plus connu demeure le célèbre portrait de Ken Dryden. Convaincu que l'art pouvait rejoindre les gens, Lemoyne a choisi comme source d'inspiration l'un des éléments les plus rassembleurs de sa société quand, en 1969, il a entamé cette série de toiles, transformant une galerie en patinoire de hockey pour une performance en direct. Inspiré par Lemoyne, l'écrivain Marc-Antoine K. Phaneuf vient de créer une expo intitulée P.K.P. Hockey P.Q., qui fait des liens entre la rivalité Québec-Montréal, le hockey et la politique (jusqu'au 3 mai, à Québec).

2. CHANTONS LE HOCKEY

Le hockey en chanson, ça va bien plus loin que le «na-na-na-na-hey-hey-hey-goodbye». D'Oscar Thiffault jusqu'aux Colocs, en passant par Pierre Létourneau et Éric Lapointe, nombreux sont les artistes qui ont chanté le hockey. Mais ces temps-ci, la chanson que tous les partisans veulent entendre au Centre Bell, le plus souvent possible, c'est Le but de Loco Locass, entonnée chaque fois que les Habs comptent. «Allez, allez, allez, allez, Montréal!»

3. LE ROCKET, SYMBOLE INÉPUISABLE

Maurice Richard, dit le Rocket, est le symbole suprême du Canadien de Montréal, en plus d'être un point de ralliement identitaire des Québécois, convaincus que l'émeute du Forum est à l'origine de la Révolution tranquille. À son sujet, le poète Félix Leclerc a écrit: «C'est le vent qui patine, c'est tout le Québec debout, qui fait peur et qui vit.» Objet de nombreuses chansons, ce joueur de légende a reçu une oeuvre-hommage du peintre Riopelle et trouvé en l'acteur Roy Dupuis sa plus belle incarnation au cinéma dans le film de Charles Binamé. Pour comprendre toute la portée culturelle du numéro 9, il faut lire l'essai Les yeux de Maurice Richard de Benoît Melançon.

4. TEMPS DE GLACE, TEMPS DE TÉLÉ

Sans la passion profonde des Québécois pour le hockey, il n'y aurait jamais eu autant de séries télévisées sur le sujet. Rappelons qu'en 1986, Lance et compte a été la première série lourde de la télévision québécoise. C'était au temps chaud de la rivalité Québec-Montréal, qu'on espère encore faire renaître, ce qui explique probablement pourquoi on a créé La série Montréal-Québec en 2010. Lance et compte a été si populaire que Réjean Tremblay a pu écrire une suite aux aventures de Pierre Lambert jusqu'à nos jours, ainsi qu'un film. Il est arrivé la même chose à la ligue de garage des Boys de Louis Saia, mais à l'envers: quatre films qui ont mené à une série télé, avec le même succès.

5. LE HOCKEY FAIT SON CINÉMA

Si le film américain Slap Shot est culte au Québec, c'est pour deux raisons: ça parle de hockey et c'est l'un des premiers films à avoir été traduits en joual. Les Québécois n'ont pas résisté non plus au curieux film de série B Youngblood, mettant en vedette Rob Lowe qui y offre un ahurissant tir de punition gagnant. Chez nous, outre Les Boys, Lance et compte et le Maurice Richard de Binamé, nous avons eu aussi le très charmant Histoires d'hiver de François Bouvier, d'après un livre de Marc Robitaille, où tous les fans peuvent se reconnaître dans la passion d'un garçon pour le Canadien. Malheureusement, le docudrame Pour toujours les Canadiens, créé en 2009 pour souligner le centenaire de l'équipe, a été un bide.

6. LNH, LNI

On imagine mal un mariage plus improbable que celui du théâtre et du hockey. C'est pourtant ce que les géniaux Robert Gravel et Yvon Leduc ont fait en 1977 en créant la Ligue nationale d'improvisation (LNI), inspirée des règles de notre sport national. Des générations de comédiennes et comédiens se sont affrontées sur la patinoire dans des matchs d'impro. Un immense succès des années 80 qui perdure et une idée qui a été exportée dans de nombreux pays. Enfin, il est amusant de penser qu'Yvan Ponton s'est fait connaître à la fois comme l'impitoyable arbitre de la LNI et l'impitoyable entraîneur du National dans Lance et compte!

7. LE BÂTON ÉLEVÉ DU RIRE

Le langage laborieux des joueurs et de certains commentateurs sportifs est une source inépuisable de blagues pour les humoristes. La télésérie Patrice Lemieux 24/7 entre d'ailleurs en ondes lundi à Super Écran. Patrice Lemieux, souffrant de «commissions céréales», incarné par Daniel Savoie, est inspiré du célèbre joueur Mario Lemieux, qui a été généreux en citations loufoques. Le groupe RBO a fait du hockey l'une de ses cibles favorites, en parodiant Lance et compte, La soirée du hockey ou la défunte émission 110%. Mais, depuis le début des séries, c'est un jeune humoriste, Kevin Raphael, qui est devenu viral sur le web en proposant, plutôt que d'écouter TVA Sports, sa version en créole des matchs du Canadien. Et pour lui, «Pacioretty, c't'une ballerine» !

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