Réforme fiscale aux É.-U.: Stingray veut voir Ottawa emboîter le pas

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Stingray se présente comme un chef de file des services musicaux multiplateformes et des expériences numériques s'adressant aux câblodistributeurs, aux établissements commerciaux, aux fournisseurs de services par contournement, aux opérateurs de télécommunications mobiles et plus encore.

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La Presse Canadienne
Montréal

En pleine croissance aux États-Unis ainsi qu'à l'international, Groupe Stingray Digital se réjouit de l'entrée en vigueur de la réforme fiscale au sud de la frontière et espère qu'elle incitera le gouvernement Trudeau à emboîter le pas.

Dans le cadre des changements entérinés par l'administration Trump, le taux d'imposition fédéral des entreprises a reculé à 21 %, comparativement à 35 % précédemment.

«C'est très positif pour nos activités aux États-Unis et cela met une pression sur le Canada afin de demeurer concurrentiel», a estimé le président et chef de la direction de Stingray, Éric Boyko, jeudi, au cours d'un entretien téléphonique en marge du dévoilement des résultats du troisième trimestre.

Le fournisseur québécois de services musicaux n'a pas inscrit de charge non récurrente liée à la réforme fiscale américaine ou chiffré les économies d'impôt qui pourraient être réalisées.

Au troisième trimestre, les revenus générés aux États-Unis ont bondi de 61,4 % pour atteindre 6,6 millions $, ce qui représente 20 % du chiffre d'affaires de l'entreprise qui a pignon sur rue dans le Vieux-Montréal.

Selon M. Boyko, il sera difficile pour le gouvernement Trudeau de rester les bras croisés en matière de fiscalité pour les entreprises. Autrement, plusieurs dirigeants de sociétés canadiennes pourraient commencer à se «poser des questions».

Au Canada, en moyenne, le taux d'imposition combiné pour les sociétés est d'environ 26,8 %.

Sans évoquer la possibilité d'un déménagement, le grand patron de Stingray a rappelé qu'à l'instar des États-Unis, d'autres juridictions avaient également décidé de réduire le taux d'imposition des sociétés.

«Plus les compagnies québécoises et canadiennes vont vendre à l'extérieur et à l'international, moins elles vont être dépendantes du Canada et se poser des questions sur leurs stratégies fiscales si rien ne change», a estimé M. Boyko.

Pour le troisième trimestre terminé le 31 décembre, Stingray a vu son bénéfice net plonger de 72,3 %, à 737 000 $, ou un cent par action. La compagnie a notamment attribué ce résultat à une charge de 1,6 million en frais juridiques découlant d'un litige avec Music Choice.

En excluant les éléments non récurrents, le bénéfice ajusté s'est établi à 6 millions, ou 11 cents par action, en recul de 2,4 % par rapport à l'an dernier.

De leur côté, les revenus ont bondi de près de 32 %, à 34,2 millions, stimulés entre autres par les acquisitions, la croissance interne des services de vidéo sur demande aux États-Unis ainsi que les ventes additionnelles de produits et services musicaux et de matériel liées à l'affichage numérique.

Cette performance trimestrielle a en partie répondu aux attentes des analystes sondés par Thomson Reuters, qui tablaient sur un profit ajusté par action de 12 cents et sur des revenus de 33,09 millions.

Stingray, qui se garde un minimum de 25 millions pour des acquisitions, a allongé 42 millions au cours de l'année civile 2017 pour acheter d'autres compagnies. L'entreprise aimerait que ce montant atteigne 50 millions cette année.

«L'objectif de la récente ronde de financement de 45 millions visait à doubler notre vitesse de croisière en matière d'acquisitions, a dit M. Boyko. On aimerait atteindre 50 millions, mais nous continuons de donner une prévision prudente d'au moins 25 millions.»

Stingray a par ailleurs relevé de 10 % son dividende trimestriel, qui atteint 5,5 cents par action. Il s'agit d'une sixième augmentation depuis l'inscription de l'entreprise à la Bourse de Toronto.

Sur le parquet de Bay Street, le titre de Stingray a terminé à 10,15, en hausse de 29 cents, ou 2,94 %.




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