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Crédits d'impôt: l'industrie aérospatiale craint une fuite des investissements

Les filiales québécoises de sociétés étrangères, comme Pratt&Whitney... (Photo Olivier Jean, archives La Presse)

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Les filiales québécoises de sociétés étrangères, comme Pratt&Whitney Canada et Bell Helicopter Textron, qui doivent se battre à l'interne pour obtenir de nouveaux mandats, pourraient perdre leur attrait.

Photo Olivier Jean, archives La Presse

La réduction du crédit d'impôt pour la recherche et le développement risque d'affaiblir l'industrie québécoise de l'aérospatiale.

C'est ce que fera valoir Aéro Montréal (la grappe aérospatiale du Québec) lorsqu'elle se présentera devant la Commission d'examen sur la fiscalité québécoise ce matin à Montréal.

Dans une entrevue téléphonique avec La Presse Affaires, la présidente-directrice générale d'Aéro Montréal, Suzanne Benoît, a rappelé que les gouvernements de plusieurs pays déployaient diverses mesures d'aide pour développer leur industrie aérospatiale.

«C'est un des secteurs qui créent le plus de richesse, a-t-elle expliqué. Ce sont les emplois les mieux rémunérés.»

En réduisant de 20% le crédit d'impôt pour la recherche et le développement, le gouvernement québécois rend la province moins attrayante.

«Nous risquons de nous faire ravir des mandats», a lancé Mme Benoît.

Les grands donneurs d'ordres de l'industrie aéronautique, comme Bombardier, peuvent en effet choisir un autre pays pour concevoir ou construire des appareils ou des composants.

En outre, les filiales québécoises de sociétés étrangères, comme Pratt&Whitney Canada et Bell Helicopter Textron, qui doivent se battre à l'interne pour obtenir de nouveaux mandats, peuvent perdre leur attrait.

«Si le gouvernement n'est pas là pour nous appuyer, les autres juridictions vont aiguiser leurs couteaux, regarder ce qu'il faut faire et elles vont faire mieux, craint Mme Benoît. Elles vont essayer de nous tirer le tapis sous les pieds.»

L'industrie québécoise de l'aérospatiale compte 215 entreprises qui emploient 43 500 personnes. Ses revenus ont atteint 12,1 milliards en 2013.

«Les autres juridictions veulent attirer l'industrie aérospatiale et créer une grappe, a déclaré Mme Benoît. Nous, nous avons déjà une grappe qui est forte, bien établie, bien structurée.»

Pour ne pas affaiblir son propos en se dispersant, Aéro Montréal a choisi de ne présenter que deux recommandations dans son mémoire à la commission sur la fiscalité.

L'organisation demande ainsi au gouvernement d'annuler la réduction de 20% du crédit d'impôt pour la recherche et le développement. «Ce crédit, c'est crucial pour notre industrie», soutient Mme Benoît.

Les PME

Dans un deuxième temps, Aéro Montréal demande à Québec de bonifier, pour les PME, le crédit d'impôt pour les investissements relatifs au matériel de fabrication et de transformation.

Mme Benoît a expliqué que les PME devaient absolument prendre le virage de l'automatisation et des technologies numériques. Il faut qu'elles augmentent leur productivité pour pouvoir se distinguer des concurrents à bas coûts.

Aéro Montréal propose par ailleurs au gouvernement de maintenir le taux existant de ce crédit d'impôt pour les plus grandes entreprises.




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