La Nationale veut encore investir dans les pays émergents

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Le président Louis Vachon souhaite reproduire le modèle d'affaires de la Banque Nationale dans certains pays à fort potentiel de croissance.

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La Banque Nationale examine un quatrième projet d'investissement au capital d'une entreprise de services financiers basée dans une économie émergente et à forte croissance.

S'il aboutit, ce projet s'ajouterait aux trois prises de participation réalisées depuis un an dans des groupes financiers locaux en Afrique et en Asie, qui ont déjà mobilisé près de 160 millions en capital investi par la Nationale.

«Avec ces investissements, notre objectif n'est pas de devenir une banque internationale présente dans des dizaines de pays. Plutôt, notre objectif est de voir si nous pourrions reproduire, dans une ou deux régions de la planète à fort potentiel de croissance, notre modèle d'affaires de banque super-régionale qui nous sert si bien au Canada», a expliqué Louis Vachon, président et chef de la direction de la Banque Nationale, lors de l'assemblée des actionnaires qui avait lieu hier à Drummondville, dans le tout neuf CentrExpo du milieu d'affaires régional.

Parmi les trois récents investissements de la Nationale en pays émergents, deux ont eu lieu dans des entreprises financières situées en Afrique et un en Asie du Sud-Est.

En Afrique, la banque a annoncé le mois dernier un investissement prévu à hauteur de 116 millions pour 21% d'un groupe de services financiers et d'assurance basé à Abidjan, en Côte d'Ivoire.

Nommé NSIA, ce groupe gère un actif de 1,7 milliard CAN et emploie 1500 personnes dans 12 pays d'Afrique de l'Ouest.

En décembre 2014, la Banque Nationale avait annoncé un investissement de 16 millions pour une participation de 9,5% à la banque régionale AfrAsia, qui est basée à l'île Maurice, au large de Madagascar et de l'Afrique de l'Est.

Deux mois plus tôt, en septembre, la Nationale avait investi l'équivalent de 26 millions CAN pour obtenir 30% de la banque ABA au Cambodge, qui comptabilisait alors un actif d'un demi-milliard US.

Les dirigeants de la Banque Nationale avaient fait part, l'an dernier, d'un budget de 200 millions pour des prises de participation chez des entreprises financières dans des pays d'économie émergente et à fort potentiel de croissance.

Mais hier, après avoir confié à La Presse avoir un quatrième projet en examen, Louis Vachon a voulu dissiper les doutes exprimés récemment par des analystes boursiers envers le rendement et la pertinence de tels investissements pour les prochains résultats de la Nationale.

«On ne met pas la banque à risque avec ça. Ce sont des projets-pilotes pour la banque, que l'on gère de façon prudente. Aussi, nous voulons voir si nous pouvons avoir une contribution économique ou sociale dans ces pays-là», a indiqué M. Vachon.

«Pour le moment, je trouve un peu particulier qu'aucune des grandes banques ou institutions financières majeures au Canada n'ait encore de présence significative en Afrique, un continent de 2 milliards d'habitants, dont 350 millions sont francophones.»

Papiers commerciaux

Parmi les sujets abordés durant l'assemblée annuelle, un actionnaire s'est enquis de l'actif résiduel encore détenu par la Nationale en papiers commerciaux adossés à des actifs (PCAA non bancaires), des suites de la crise financière de 2008.

Après l'effondement de ce marché de 32 milliards de dollars, qui avait coûté très cher à la Caisse de dépôt et placement, faut-il rappeler, la Nationale s'était retrouvée avec un inventaire de 2 milliards en PCAA non bancaires soudainement menacés d'éradication. Avait suivi une longue et très complexe restructuration des PCAA déchus en nouveaux billets financiers à plus long terme, afin d'en maximiser la récupération de valeur.

Devant les actionnaires, hier, Louis Vachon a expliqué que ces billets restructurés arriveront à échéance «au cours des 12 à 18 prochains mois». Cela permettra à la banque d'en établir plus précisément le taux de récupération du capital à échéance, que l'on estime pour le moment à 95%.

Aussi, la Nationale pourra dresser un bilan plus définitif de ses pertes totales dans cette affaire, que l'on estime «autour de 350 à 400 millions», selon son président.

«Au fil des ans, nous avons récupéré près de 500 millions des pertes qui avaient été estimées initialement autour de 900 millions, en incluant les mesures compensatoires pour nos clients», a expliqué M. Vachon à La Presse, après l'assemblée des actionnaires.

Par ailleurs, la Nationale anticipe l'arrivée à échéance des PCAA restructurés afin de pouvoir enfin les soustraire de son bilan.

«Pour le moment, ça pèse encore sur notre capital réglementaire, à l'équivalent de 28 points de base [0,28% ]. Mais avec leur échéance d'ici la fin de 2016, nous pourrons dégager ce capital à des fins plus productives», a indiqué Louis Vachon.




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