WSP a payé le plein prix pour Parsons Brinckerhoff

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«Ce n'est pas une aubaine pour WSP», résume Christian Godin, vice-président principal et chef des actions chez Placements Montrusco Bolton, firme montréalaise dont les différents portefeuilles détiennent environ 680 000 actions de l'entreprise de génie-conseil.

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Sylvain Larocque
La Presse

WSP Global (ex-Genivar) a réussi un coup d'éclat, mercredi, en mettant la main sur la firme d'ingénierie américaine Parsons Brinckerhoff pour 1,5 milliard de dollars, mais l'entreprise montréalaise doit maintenant prouver qu'elle n'a pas payé trop cher.

«Pas une aubaine»

L'entreprise soutient que le prix d'acquisition représente 8,8 fois le bénéfice avant impôts, intérêts et amortissement (BAIIA) de Parsons. Toutes proportions gardées, c'est un prix plus élevé que pour l'achat de la firme albertaine Focus, conclue plus tôt cette année pour environ 8,3 fois le BAIIA, et que pour l'acquisition de WSP par Genivar en 2012 (7,8 fois le BAIIA).

À Londres, les analystes qui suivent l'entreprise vendeuse, la britannique Balfour Beatty, prédisaient que la vente allait générer de 600 à 700 millions de livres. En excluant les 67 millions de livres de liquidités que détient Parsons, Balfour recevra 753 millions de livres, soit davantage que les meilleures attentes du marché. Il faut dire que la firme WS Atkins et deux fonds d'investissement convoitaient eux aussi Parsons.

«Ce n'est pas une aubaine pour WSP», résume Christian Godin, vice-président principal et chef des actions chez Placements Montrusco Bolton, firme montréalaise dont les différents portefeuilles détiennent environ 680 000 actions de l'entreprise de génie-conseil.

M. Godin ne remet pas en question le bien-fondé de la transaction, qui permettra à WSP de doubler de taille. Mais il a décidé de ne pas participer à l'émission d'actions d'une valeur de 902 millions que l'entreprise a lancée pour financer l'acquisition de Parsons Brinckerhoff.

«La raison pour laquelle je n'achète pas de nouvelles actions, c'est que je pense que le rendement sur le capital va diminuer avec cette transaction-là», explique le gestionnaire.

«S'il y avait eu plus de dette et moins de capital-actions, j'en aurais sans doute acheté», ajoute-t-il.

WSP puisera environ 575 millions dans des marges de crédit pour réaliser la transaction, de sorte que l'endettement représentera environ 40% du montage financier.

La direction de WSP a limité le financement par emprunt pour respecter la balise qu'elle s'est imposée, soit que la dette de l'entreprise ne représente pas plus de deux fois son BAIIA. Christian Godin croit néanmoins que l'entreprise aurait pu s'endetter davantage, d'autant plus qu'il s'agit d'une source de financement relativement abordable.

Silence des analystes

Rares sont les analystes financiers qui ont commenté l'acquisition hier, la plupart d'entre eux étant tenus au silence du fait que les courtiers qui les emploient participent à la transaction.

Rappelons tout de même que dans une note publiée le 20 août, Yuri Lynk, de Canaccord Genuity, estimait que Parsons allait avoir besoin d'un important redressement, ses marges bénéficiaires étant très faibles.

L'action de WSP a clôturé à 35,50$ jeudi, en baisse de 3,9%, à la Bourse de Toronto.




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