L'Europe prolonge son aide à la Grèce

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La liste de réformes de la Grèce est jugée suffisamment complète pour la poursuite du programme d'assistance par les pays de la zone euro.

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Mathilde RICHTER, Catherine BOITARD
Agence France-Presse
Bruxelles

La zone euro et les créanciers de la Grèce ont avalisé mardi le projet de réformes présenté par Athènes, condition sine qua non pour prolonger jusqu'à l'été le programme de financement du pays et le sauver de l'asphyxie financière.

Commission européenne, BCE, FMI et zone euro ont tous donné mardi leur feu vert pour une extension de quatre mois du programme de financement grec, qui arrive à son terme samedi. Mais parlant d'une même voix, ils ont averti Athènes qu'il s'agissait uniquement d'un «point de départ».

Un message lancé aussi mardi soir par la chancelière allemande Angela Merkel. Elle a souligné que «la tâche n'est aucunement terminée», et que les négociations allaient se poursuivre avec la Grèce, selon des propos rapportés par des députés de son groupe conservateur.

Le nouveau gouvernement grec de gauche radicale, qui conteste la «tutelle» des créanciers, s'est résigné à demander une extension du programme de financement vendredi, après plusieurs réunions extrêmement houleuses avec ses partenaires de la zone euro. Cette tension avait ravivé les craintes d'une sortie du pays de la zone euro, le «Grexit».

La condition exigée en contrepartie était que les autorités grecques dressent une liste de réformes avant lundi minuit, ce qui a été fait.

Après un premier aval des institutions de feu la troïka (UE, BCE et FMI), cette feuille de route a été validée en un temps de record par l'Eurogroupe, lors d'une conférence téléphonique dans l'après-midi.

Ce développement positif était salué sur les marchés: le taux d'emprunt de la Grèce est repassé sous le seuil des 9%, après avoir culminé à 11% début février. La Bourse d'Athènes a bondi de 9,81%.

Reste désormais au Bundestag allemand à donner son feu vert vendredi pour que la prolongation du programme d'assistance soit effective.

«C'est un bon compromis», a jugé le président français, François Hollande.

Pas de chèque en blanc

«L'accord de l'Eurogroupe ne veut pas dire approbation des réformes» telles que présentées par Athènes, a relativisé le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici.

«Aujourd'hui, il s'agissait de vérifier si on pouvait aller plus loin et la réponse est +oui+», a-t-il poursuivi, reconnaissant que les autorités grecques ne pouvaient de toute façon «pas bâtir un programme chiffré en trois jours».

«Les réformes sont formulées de manière la plus floue possible», ce qui laisse craindre que la Grèce «édulcore ses engagements», estime pour sa part Lüder Gerken, le président du Centre de politique européenne de Fribourg en Allemagne.

Conscients de ces risques, les créanciers de la Grèce refusent de lui accorder un chèque en blanc. Le pays a jusqu'à fin avril pour finaliser son plan, en accord avec eux.

Ce n'est qu'à cette condition que pourront être débloquées les sommes restant dans le programme et gelées depuis cet été, soit plus de 3,5 milliards d'euros (5 milliards de dollars), auxquels devrait s'ajouter un versement du FMI.

La Grèce a «gagné quelques semaines», mais elle devra «se surpasser» dans la mise en oeuvre rapide de ces réformes, reconnaissait-on au ministère des Finances grec.

Athènes a déjà mis de l'eau dans son vin, en s'engageant notamment à renoncer à annuler les privatisations déjà réalisées. Sur le relèvement du salaire minimum, autre promesse électorale emblématique de Syriza, la Grèce ne confirme ni le calendrier (2016), ni le montant (751 euros) envisagé jusqu'alors, et renvoie à une consultation avec les partenaires sociaux et les «institutions».

Pour faire face à la «crise humanitaire» traversée par le pays, le gouvernement grec évoque des mesures «très ciblées» visant à améliorer la couverture sociale, l'approvisionnement en énergie et l'accès à la nourriture au logement des plus pauvres.

Le gros des réformes doit porter sur la lutte contre la fraude et évasion fiscale, un chantier toujours repoussé par les précédents gouvernements, et la modernisation de l'appareil d'État, sans toutefois d'évaluation chiffrée.

Les créanciers d'Athènes - qui lui ont consenti depuis 2010 quelque 240 milliards d'euros (343 milliards de dollars) de prêts -- exigent que ce programme ne remette pas en cause la stabilité des finances publiques et ne détricote pas les réformes engagées par les précédents gouvernements.

Pour le premier ministre grec Alexis Tsipras, l'exercice d'équilibriste tend du coup à la haute voltige. «Nous ne devons pas nous ruer dans le piège de l'adversaire, il faut opérer des manoeuvres de contournement», s'est-il justifié mardi, avant un conseil des ministres pour étudier avec son gouvernement la mise en oeuvre des mesures prônées.




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