La Banque d'Angleterre vers un statu quo malgré la reprise

La Banque d'Angleterre devrait encore laisser son taux directeur inchangé... (Photo archives Bloomberg)

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Jessica BERTHEREAU
Agence France-Presse
Londres

La Banque d'Angleterre devrait encore laisser son taux directeur inchangé jeudi, malgré la vigueur de la reprise économique, la baisse du chômage sous la barre des 7% et les craintes d'une surchauffe du marché immobilier.

«Nous prévoyons que le Comité de politique monétaire (CPM) maintienne sa politique, avec le taux directeur et le programme de rachat d'actifs inchangés, à respectivement 0,50% et 375 milliards de livres sterling (456 milliards d'euros)», ont indiqué les analystes de Barclays.

«Le Comité semble parti pour garder le taux et le montant du programme de rachat d'actifs inchangés pour le 23e mois consécutif», ont renchéri les économistes de Lloyds Bank.

La dernière tranche de ce programme, lancé en mars 2009 pour soutenir une économie britannique alors en pleine récession et dont le montant total a été relevé progressivement, a été épuisée en novembre 2012. Le taux directeur est quant à lui fixé au niveau historiquement bas de 0,50% depuis un peu plus de cinq ans.

«La faible pression de l'inflation devrait donner plus de crédibilité au fait qu'une hausse du taux directeur n'est pas imminente», a-t-on appuyé chez Barclays.

En effet, l'inflation a encore ralenti en mars au Royaume-Uni, tombant à son plus bas niveau depuis quatre ans (1,6% sur un an) et s'installant fermement sous le niveau cible de 2%.

Pourtant, la vigueur de la reprise économique britannique (PIB en hausse de 3,1% au premier trimestre, sa meilleure performance en glissement annuel depuis fin 2007) et le passage du taux de chômage sous la barre des 7% fin février pourraient inciter la Banque à passer à l'action, selon des analystes.

«Les orientations monétaires de la Banque d'Angleterre ont perdu leur crédibilité puisque la barre des 7% de chômage a été franchie (...). La deuxième phase des orientations monétaires est vague, mais la résorption rapide de l'écart de production devrait provoquer la première hausse de taux au premier trimestre 2015», a ainsi jugé Brian Hilliard, économiste de la Société Générale.

En août, la Banque d'Angleterre avait indiqué qu'elle pourrait penser à resserrer sa politique monétaire lorsque le taux de chômage passerait sous les 7%. Mais face au repli bien plus rapide que prévu du chômage, la banque centrale a élargi en février les conditions d'un resserrement monétaire, le basant désormais sur un éventail plus large d'indicateurs.

Craintes de surchauffe du marché immobilier

«La Banque d'Angleterre veut donner à l'économie toutes les chances de développer une croissance soutenable et équilibrée (...). De très bas taux d'intérêt soutiennent ce processus», a jugé de son côté Howard Archer, économiste chez IHS, qui n'envisage toujours pas de hausse des taux avant le deuxième trimestre 2015.

Il y a toutefois des craintes autour d'une surchauffe du marché immobilier. La semaine dernière, le gouverneur adjoint de la Banque d'Angleterre pour la stabilité financière, Jon Cunliffe, a jugé que l'importante hausse des prix immobiliers (+9,1% sur un an en février) était le «plus fort» témoin lumineux clignotant sur le tableau de bord de la Banque d'Angleterre.

Et l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) s'est inquiétée, mardi dans son rapport de printemps, de la forte hausse des prix de l'immobilier au Royaume-Uni.

«Nous devons être vigilants quant au marché immobilier et ce gouvernement a donné à la Banque d'Angleterre les pouvoirs, les outils pour faire cela de manière indépendante», a réagi, mardi auprès de la BBC, le Chancelier de l'Échiquier George Osborne.

«Les marchés sont très inquiets d'un risque de surchauffe du marché immobilier. Normalement, cela aurait été contrôlé par une remontée des taux d'intérêt mais maintenant la Banque centrale a une autre arme - les contrôles macro-prudentiels du FPC (Comité de politique financière)», a expliqué M. Hilliard.

«Jusqu'ici le FPC (dont la prochaine réunion est prévue le 17 juin) a pris quelques mesures mineures pour ralentir le rythme de hausse des prix immobiliers, mais nous pensons qu'il fera plus. C'est seulement après ces tentatives que les taux seront relevés», a-t-il estimé.




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