La hausse de certaines primes d'assurance nuiront aux premiers acheteurs

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Alexandra Posadzki
La Presse Canadienne

Des courtiers immobiliers et des économistes croient que les hausses de primes d'assurance prêt hypothécaire annoncées récemment par Genworth Canada et la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SHCL) pourraient forcer les premiers acheteurs à remettre à plus tard leur entrée sur le marché.

La SCHL a annoncé la semaine dernière que ses primes seraient majorées de 15 pour cent pour les acheteurs dont la mise de fonds sera inférieure à 10 pour cent du prix d'achat du logement à compter du 1er juin.

Genworth a réagi lundi en annonçant une augmentation identique. Les deux groupes ont dit ne pas s'attendre à ce que ce changement n'ait d'impact significatif sur l'accessibilité du marché immobilier.

Mais Ron Hollet, un courtier pour Re/Max Nova établi à Halifax, croit que ces changements écarteront un certain nombre de premiers acheteurs du marché.

Cela pourrait avoir un «effet domino» sur le marché, a expliqué M. Hollet, puisque si les nouveaux joueurs n'entrent pas sur le marché pour acheter une maison, le propriétaire actuel ne pourra pas la vendre et lui-même déménager dans un nouveau logement.

Helmut Pastrick, économiste en chef de Central 1 Credit Union, estime pour sa part que certains acheteurs pourraient choisir de reporter leur acquisition d'un premier logement pour épargner et ainsi pouvoir allonger une mise de fonds plus importante.

«Je ne m'attends pas à un impact important sur l'activité de revente de maisons en raison de ce changement, mais (...) ça va ralentir les ventes aux premiers acheteurs dans une certaine mesure», a noté M. Pastrick.

D'autres acheteurs pourraient être tentés de recourir au marché hypothécaire secondaire, non réglementé, pour emprunter assez d'argent et ainsi être en mesure de faire une mise de fonds d'au moins 10 pour cent, a noté l'économiste en chef de Morcan Direct, Marcus Tzaferis.

Selon M. Tzaferis, sur les marchés immobiliers les plus chauds comme Toronto et Vancouver - où la maison détachée moyenne vaut plus d'un million de dollars et, conséquemment, ne peut pas être assurée par la SCHL - les acheteurs de copropriétés seront ceux qui goûteront le plus à l'augmentation des primes.

Mais M. Tzaferis n'est pas en désaccord avec la hausse des primes.

«Si on y pense bien, la portion la plus risquée du marché est l'énorme boom que connaissent les copropriétés ces 10 à 15 dernières années», a-t-il observé. «Et les emprunteurs les plus à risque sont ceux qui font les plus petites mises de fonds possibles sur ces propriétés. Alors la SCHL dit: «Nous sommes inquiets au sujet de la valeur de ces copropriétés'.»

Le président et chef de la direction de Royal LePage, Phil Soper, a pour sa part noté que pour la plupart des acheteurs immobiliers, la hausse des primes se traduira par une augmentation de moins de 10 $ par mois.

Cependant, les premiers acheteurs ont été visés par une série de nouvelles mesures restrictives ces dernières années.

«Comme les règles sur les assurances prêt hypothécaire ont été resserrées ces cinq ou six dernières années, chaque nouveau changement complique un peu davantage la tâche aux jeunes qui veulent acheter une maison», a indiqué M. Soper.




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