La Fed divisée sur une hausse des taux en avril

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Jeremy TORDJMAN
Agence France-Presse
WASHINGTON

La banque centrale américaine (Fed) s'est divisée sur l'opportunité de relever les taux directeurs lors de sa prochaine réunion fin avril à l'heure où le ralentissement économique mondiale continue d'inspirer des craintes.

Lors de leur réunion à la mi-mars, les membres du Comité de politique monétaire (FOMC) se sont entendus pour laisser les taux inchangés entre 0,25% à 0,50% mais ont étalé, en coulisses, leurs divergences de vues sur le chemin à suivre, selon des minutes de la réunion publiées mercredi.

D'un côté, «plusieurs» participants ont exprimé leur inquiétude qu'un relèvement des taux dès la réunion des 26 et 27 avril puisse «donner un sentiment d'urgence qu'ils ne jugent pas approprié», selon ce compte-rendu.

Ces dirigeants, dont le nombre et les noms ne sont pas identifiés, ont estimé que les «vents contraires» qui freinent la croissance et nécessitent le maintien de taux directeur bas ne devraient se «dissiper que lentement», indiquent les minutes.

Au cours de ces discussions, ils ont dès lors appelé à normaliser la situation monétaire avec «précaution» et à faire preuve de patience avant de procéder à un nouveau relèvement après celui de décembre qui a mis fin à sept ans de politique de taux zéro.

Cette ligne attentiste semble, depuis, avoir été publiquement adoptée par la présidente de la Banque centrale américaine, Janet Yellen.

Fin mars, soit deux semaines après la réunion du FOMC, elle avait assuré dans un discours que le resserrement monétaire aux États-Unis devrait être mené «avec précaution».

D'autres responsables de la Fed sont toutefois moins enclins à la prudence et l'ont fait savoir.

«Quelques» participants ont ainsi indiqué qu'une hausse des taux en avril «pourrait bien se justifier» si les données économiques continuaient de refléter un renforcement supplémentaire du marché du travail américain et une croissance économique modérée.

Perplexes face à ce débat, les marchés américains ont peu réagi à la publication de ces minutes.

Risques mondiaux

Le diagnostic sur l'économie mondiale a, lui, fait l'objet d'un plus grand consensus lors de cette réunion.

La plupart des participants de mars voyaient ainsi «la croissance économique mondiale progresser à un rythme légèrement plus lent que prévu» et en ont conclu que la progression des exportations américaines et de la demande mondiale s'en trouveront «davantage freinées», indiquent les minutes.

La Chine connaît sa plus faible croissance depuis 25 ans tandis que de nombreux pays émergents sont frappés de plein fouet par la chute des cours des matières premières, alimentant une grande nervosité sur les  marchés financiers.

La Fed redoute que cette morosité ne rejaillisse sur l'économie américaine, notamment en freinant des exportations déjà pénalisées par le renchérissement du dollar.

«Plusieurs participants ont exprimé l'avis que la situation financière et économique mondiale continuait de faire peser des risques appréciables de dégradation des perspectives économiques» aux États-Unis, révèlent les minutes.

Ces risques mondiaux avaient d'ailleurs été invoqués en mars pour justifier la pause dans la normalisation monétaire et avaient conduit la plupart des membres de la Fed à revoir à la baisse l'ampleur de la hausse des taux envisagée pour cette année.

Ces minutes se sont également penchées brièvement sur un débat lancinant: les banques centrales seront-elles encore en mesure de juguler les prochaines crises?

Certains membres de la Fed semblent en douter du fait des faibles taux d'intérêts déjà en vigueur dans les principales économiques du globe, en Europe, au Japon ou en Europe. «Certains ont souligné que les récentes turbulences sur les marchés constituaient un important rappel que la capacité des banques centrales à contrer des chocs économiques négatifs pourrait être limitée», selon les minutes.




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