Trump s'en prend à l'OPEP à quelques jours d'une réunion stratégique

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«Les prix du pétrole sont trop élevés, c'est encore l'OPEP qui est à la manoeuvre. Pas bon!», a tweeté le président Trump, alors que deux importants producteurs - l'Arabie Saoudite et la Russie - ont dit vouloir mettre sur la table une hausse des seuils de production lors de leur prochaine réunion sur le sujet le 22 juin à Vienne.

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Ali BEKHTAOUI
Agence France-Presse
Washington

À l'approche d'un sommet de l'OPEP, Donald Trump a accusé le cartel de faire monter les cours du brut et flamber l'essence américaine, même si nombre d'analystes estiment que le président porte sa part de responsabilité.

«Les prix du pétrole sont trop élevés, c'est encore l'OPEP qui est à la manoeuvre. Pas bon!», a tweeté le président américain.

C'est la deuxième fois en deux mois que M. Trump attaque les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole. En avril il avait déjà accusé le cartel de maintenir des prix «artificiellement très élevés».

«Il est surprenant de voir le président chercher des responsables alors que l'un des catalyseurs de la récente forte progression des cours a été sa décision de sortir de l'accord nucléaire iranien» début mai, a noté Matt Smith de Clipper Data.

«Les accusations de Donald Trump sont parfaitement légitimes dans le sens où, négatif ou non, le but même de l'OPEP et ses partenaires (liés depuis début 2017 par un accord de réduction de leur production en vue de faire baisser les stocks mondiaux et soutenir les cours, NDLR) était de faire monter les prix.

Mais une partie significative de la hausse des cours est liée à la politique extérieure menée par les États-Unis», a affirmé Bart Melek de TD Securities.

Ce dernier affirme que les critiques de M. Trump sont sans doute destinées à «faire pression» sur les membres du cartel pour qu'ils décident d'augmenter leur production à l'occasion d'une réunion à Vienne le 22 juin, et fassent ainsi reculer les prix du brut et par la même occasion de l'essence américaine.

Données très sensibles aux États-Unis dans la mesure où elles influent beaucoup sur le moral de la population, les prix du carburant à la pompe ont fortement progressé ces derniers mois.

Le gallon d'essence ordinaire (environ 3,8 litres) évoluait en moyenne à 2,909 dollars cette semaine alors qu'il était de 2,329 dollars il y a un an, selon les chiffres compilés par AAA, l'association nationale des clubs automobiles.

Aux États-Unis, où les taxes représentent une part moins importante du prix de l'essence qu'en Europe, la hausse des cours du pétrole se répercute plus directement sur le carburant et rogne d'autant sur le pouvoir d'achat des ménages.

«Ce tweet tente de mettre la responsabilité de la hausse des prix de l'essence sur l'OPEP plutôt que sur les sanctions iraniennes», a affirmé M. Smith.

La sortie du président américain intervient alors que deux importants producteurs, l'Arabie Saoudite et la Russie, ont déjà dit récemment vouloir mettre sur la table une hausse de leurs seuils de production lors de la réunion de Vienne, et ainsi relâcher un peu les conditions de l'accord pétrolier les liant.

Plus d'or noir

Cet accord a semblé porter ses fruits depuis un an et demi: le baril de Brent, référence sur le marché mondial, est passé d'environ 50 dollars fin 2016 à plus de 80 dollars en mai.

Mais certains participants à l'accord préfèreraient voir l'organisation continuer ses efforts pour maintenir le pétrole à des prix élevés, à l'image de l'Irak.

Publié mercredi, un rapport mensuel de l'Agence internationale de l'Énergie (AIE), tout comme celui de l'OPEP publié la veille, a déjà fait état d'une hausse de la production du premier exportateur mondial, l'Arabie saoudite.

À 10,02 millions de barils par jour, le pays reste néanmoins en deçà de son objectif de production, fixé fin 2016 par l'OPEP et avec dix pays partenaires.

Mais l'AIE a en revanche pointé un autre risque de recul de la production de brut, celui-ci lié au déclin prévisible des productions pétrolières de l'Iran, après la sortie américaine de l'accord sur le nucléaire, et du Venezuela, à cause d'une profonde crise politique, de l'ordre de 1,5 million de barils par jour pour les deux pays.

À l'inverse du cartel, la production américaine a fortement progressé ces derniers mois, poussée par la hausse des prix du brut.

Selon les dernières statistiques hebdomadaires de l'agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) publiées mercredi, le pays a extrait 10,90 millions de barils lors de la semaine achevée le 8 juin, un nouveau record historique pour le pays.

Avant l'intervention présidentielle, les prix du pétrole étaient en recul aussi bien pour le baril de référence à Londres que pour celui coté à New York sous l'effet de la confirmation par l'Agence internationale de l'Énergie (AIE) de la hausse de la production par l'Arabie saoudite.

Les prix de l'essence à la pompe - une dépense qui influe beaucoup sur le moral de la population aux États-Unis - est en moyenne de 2,909 $ US pour un gallon (environ 3,8 litres) pour de l'essence ordinaire alors qu'il était de 2,329 $ US il y a un an, selon les chiffres compilés par AAA, l'association nationale des clubs automobiles.




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