Rejet du Northern Pass: espoirs et déceptions aux États-Unis

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Jeudi, la Commission d'examen du site au New Hampshire (SEC) a infligé un électrochoc à Hydro-Québec et Eversource en refusant d'octroyer une autorisation essentielle à la réalisation du Northern Pass.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Bien qu'il sème la déception chez Hydro-Québec et Eversource, le rejet du projet Northern Pass par le New Hampshire suscite l'espoir au sein du regroupement des producteurs d'électricité de la Nouvelle-Angleterre (NEPGA).

Selon leur président, Dan Dolan, il sera très difficile pour le Massachusetts de continuer à opter pour le projet de ligne de transport de la société d'État et de son partenaire américain pour s'approvisionner en électricité.

«Même dans le plus optimiste des scénarios, je ne vois pas comment l'échéancier du Northern Pass, dont la mise en service est prévue en 2020, peut être respecté», a-t-il expliqué, vendredi, au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne.

Si le Massachusetts change son fusil d'épaule, cela pourrait donner une nouvelle chance aux membres de la NEPGA, qui produisent environ 80 pour cent de l'électricité de la Nouvelle-Angleterre. Ceux-ci avaient soumis plusieurs propositions à l'État américain l'an dernier.

Une semaine après avoir décroché un contrat «historique» au Massachusetts qui pourrait générer des revenus de 10 milliards $ sur 20 ans, Hydro-Québec et Eversource ont reçu un électrochoc jeudi quand la Commission d'examen du site au New Hampshire (SEC) a refusé d'octroyer une autorisation essentielle à la réalisation du Northern Pass.

Le promoteur américain compte porter la cause en appel, mais pourrait devoir attendre jusqu'à la fin mars pour prendre connaissance de la décision écrite.

«À chaque fois que nous nous retrouvons du côté des perdants dans un appel de propositions et que le processus est relancé, il y a lieu d'être optimiste», a expliqué le président de la NEPGA.

Le Massachusetts a continué vendredi de s'abstenir de commenter la décision de la SEC. Une porte-parole du département de l'Énergie et des Affaires environnementales a indiqué continuer à «suivre la situation de près», renvoyant les questions vers Eversource et les autorités du New Hampshire.

À Lévis, dans le cadre du Sommet sur le transport aérien régional, le premier ministre Philippe Couillard n'a pas caché sa déception en point de presse, mais a rappelé que d'autres options étaient sur la table.

«Il faut se rappeler qu'Hydro-Québec a proposé d'autres tracés, a-t-il dit. Mais l'agent contracteur, c'est le Massachusetts. C'est eux qui doivent décider comment réagir à cette situation.»

Optimisme prudent

Si le Massachusetts décide d'emprunter une autre voie, on ignore toujours quelle est la deuxième proposition figurant sur sa liste finale, a rappelé M. Dolan, qui n'a pas voulu se réjouir trop rapidement.

Dans les six options présentées, Hydro-Québec proposait deux autres tracés - par le Vermont et le Maine - en plus du Northern Pass. Ces scénarios demeurent sur la table et pourraient constituer une solution de rechange pour le Massachusetts.

«On ignore toujours à quel rang se sont classées les autres interconnexions suggérées (par Hydro-Québec), a rappelé M. Dolan. Ces options semblent toujours valables.»

Le tracé de 309 kilomètres au total (dont environ 80 kilomètres au Québec) du Northern Pass devait relier le poste des Cantons, situé à Val-Joli, et le poste de Franklin, dans le sud du New Hampshire.

La partie québécoise du Northern Pass est évaluée à plus de 680 millions $. Une partie de la ligne de transport devait être enfouie dans le secteur de la forêt Hereford. Du côté américain, la ligne de transport devait générer des investissements d'environ 2 milliards $.

Réactions mitigées

Saluée par les opposants au Northern Pass, la décision de la SEC a été accueillie comme une gifle par les syndicats ainsi que les milieux d'affaires et politiques au sud de la frontière.

Les partisans du Northern Pass, parmi lesquels figure le gouverneur du New Hampshire Chris Sununu, faisaient valoir que le projet allait créer de nombreux emplois en plus de réduire la facture d'électricité des consommateurs.

«Je suis étonné et déçu, a souligné le gouverneur républicain dans une déclaration. C'est une erreur de tourner le dos à de l'énergie propre, renouvelable et à plus de 1000 emplois.»

Le président de la Chambre de commerce du New Hampshire, Jim Roche, a également estimé que la SEC avait raté une occasion de donner le feu vert à un projet qui aurait pu stimuler l'économie de la Nouvelle-Angleterre.

Au cours d'un entretien téléphonique, il s'est inquiété de voir des compagnies manufacturières plier bagage étant donné que leurs coûts énergétiques étaient de «50 à 60 pour cent» plus élevés que la moyenne nationale.

«Nous voyons déjà des entreprises quitter la Nouvelle-Angleterre pour prendre de l'expansion, a dit M. Roche. Nous craignons que cela puisse s'accélérer en raison de la décision de la commission.»

Même si le Northern Pass avait obtenu plusieurs autorisations, dont son permis présidentiel, il n'avait pas encore passé le test auprès des communautés touchées par le tracé, a estimé l'avocate du Conservation Law Foundation (CLF), Melissa Birchard.

Selon l'organisme qui s'oppose au projet, le vote unanime des sept commissaires de la SEC fait en sorte qu'il sera très difficile, voire impossible, pour Eversource d'avoir gain de cause.

- Avec les informations de l'Associated Press




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