Souris Mini change de propriétaire à minuit moins une

La fondatrice de Souris Mini, Annie Bellavance....

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La fondatrice de Souris Mini, Annie Bellavance.

Abandonnés par BDC Capital et le Fonds de solidarité FTQ, les cofondateurs de Souris Mini ont réussi de justesse à éviter la fermeture de leur chaîne de magasins en convainquant deux hommes d'affaires de Québec d'acheter les actifs.

Le couple formé d'Annie Bellavance et de Steeve Beaudet a dû se résoudre à vendre les deux tiers de l'entreprise qu'il a fondée en 1989 et qui s'est placée à l'abri de ses créanciers en décembre. Ses dettes totalisaient alors 17,8 millions de dollars.

Michel Cadrin (Financière Micadco) et Denis Dussault (Gestion Natand) ont accepté d'acheter chacun le tiers de Souris Mini. Les fondateurs demeurent propriétaires du reste.

Quels arguments les ont convaincus ? « On est une entreprise de Québec et on est des entrepreneurs de Québec. Ils ont eu des enfants et ils nous connaissent bien », a répondu Annie Bellavance, jointe par téléphone.

En voyage à l'étranger pour quelques semaines, Michel Cadrin n'a pu être joint. Mais son adjointe administrative nous a dit que son patron avait investi dans Souris Mini « parce qu'il a confiance en Madame Bellavance ».

De son côté, Denis Dussault, n'a pas voulu nous parler de ses motivations à acquérir une entreprise dans le secteur de la vente au détail.

« Je n'ai pas de commentaires dans ce dossier-là. Madame Bellavance a toutes les compétences. [...] Je ne suis pas une personnalité publique, je suis une personne honnête qui s'associe à des personnes honnêtes. » L'homme d'affaires possède quelques entreprises, dont Revêtements de la Capitale qui se spécialise dans le recouvrement extérieur d'édifices commerciaux.

CONFIANCE ET CROISSANCE

Annie Bellavance voit du positif dans la tournure des événements. « Ce sont des gens d'affaires qui ont beaucoup de contacts et qui vont nous aider. On forme une nouvelle équipe. Je trouve ça l'fun. On n'a pas fini notre chemin, il nous reste de belles étapes. »

Elle croit que Souris Mini peut encore croître, être rentable et avoir du succès auprès des consommateurs. « Le ménage a été fait pour le Québec. Et tous [les magasins] qui restent ont une rentabilité parfaite », assure-t-elle.

Pour séduire les clients, un nouveau concept de magasin plus petit dans lequel la marchandise change plus souvent est sur la planche à dessin. Une ouverture est prévue à Montréal au début de 2019. Le reste du Canada est également dans la ligne de mire. Le web prendra plus d'importance. « On ne peut pas forcer les gens à venir dans les magasins », réalise Mme Bellavance.

L'ADN de la marque, lui, ne changera pas. « On offre un produit de qualité, différent, un produit de niche. Je ne vois pas pourquoi on baisserait nos prix. On va rester comme on est. Souris Mini, c'est du créatif, fantastique et coloré. »

À UN CHEVEU DE LA FAILLITE

La lecture des documents préparés par le syndic, Richter, permet de réaliser à quel point Souris Mini est passée à un cheveu de la faillite ces dernières semaines.

Une entente de recapitalisation avait été négociée avec BDC Capital et le Fonds de solidarité FTQ, mais celle-ci était assortie de certaines conditions, dont la rédaction d'un rapport par un conseiller « retenu à l'instance de BDC Capital [...] confirmant le potentiel de redressement [de Souris Mini] », lit-on dans un document rédigé par Richter.

Ce rapport concluait qu'il n'était pas possible « d'infirmer ou de confirmer le potentiel de redressement de Souris Mini "uniquement" sur la base des injections de fonds prévues ». Il proposait aussi l'embauche d'un nouveau président, des diminutions de salaire pour les fondateurs et un déménagement du siège social.

Mme Bellavance n'a pas voulu commenter le rapport commandé par BDC Capital, se limitant à dire qu'elle était d'accord avec certains points, mais pas tous.

Ce rapport a fait capoter l'entente de financement. Les finances étaient alors si précaires que « Souris Mini n'avait plus les liquidités nécessaires afin de maintenir les opérations », précise le rapport de Richter. La seule autre option était alors la faillite. C'était à la fin mai.

« Dans un dernier effort », les fondateurs ont cherché de nouveaux investisseurs et de toute évidence, leurs arguments ont séduit Michel Cadrin et Denis Dussault.




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